Clovis Drolet (à droite) s’est dit heureux d’avoir la chance de boxer devant son père, qui n’a pas souvent eu la chance d’assister à ses combats. De son côté, Vincent Thibault, qui livrera samedi un troisième combat à Québec, espère être moins nerveux que lors du gala du 26 mai dernier.

Clovis Drolet pourra enfin boxer devant papa

À l’époque où il s’alignait avec l’équipe canadienne, Clovis Drolet n’avait pas l’occasion de boxer souvent devant les siens. Encore moins devant son père, Denis, qui prenait plus la direction du nord du Québec pendant que son fils partait aux quatre coins de la planète. Samedi, les deux ont rendez-vous au Centre Vidéotron.

Le boxeur de Beauport grimpera dans le ring pour se mesurer à Evgeny Borisov, un Bulgare montrant une fiche de 3-1-1 à comparer à celle de 6-0 de Drolet. Au-delà de l’affrontement, l’idée de se battre devant le paternel le réjouissait.

«Je pense que ça va être la deuxième fois seulement qu’il me voit chez les pros. Et quand j’étais chez les amateurs, il n’assistait pas souvent à mes combats, car il n’y en avait pas beaucoup, ici. Il passe de neuf à dix mois par année à Schefferville, je suis content qu’il soit là», racontait Drolet, jeudi.

Il en sera à son second passage au Centre Vidéotron. Son plus récent combat a justement eu lieu en avril dans le nouvel amphithéâtre, où il l’avait emporté par décision unanime contre le Mexicain Sergio De Leon. Depuis, il s’est remis d’une blessure.

«À la boxe, tu dois être à 100 %. Ce n’est pas comme au football ou au hockey, où tu peux jouer malgré une blessure, selon l’importance du match. Dans le ring, tu ne peux pas aller t’asseoir sur le banc si ça ne fonctionne pas. On touche du bois, mais je suis en pleine forme, sinon, je ne boxerais pas en fin de semaine», assurait le boxeur de 26 ans.

Il a regardé quelques séquences de son adversaire, un droitier.

«C’est bien beau de le voir sur vidéo, mais dans le ring, c’est différent. On va s’ajuster à ce qu’il nous montrera.»

Une étape à la fois

Sur la même carte de 10 combats, dont la majorité à saveur locale, Vincent Thibault livrera son dernier combat de six rounds avant de franchir une nouvelle étape dans sa carrière. Tiré à quatre épingles, le boxeur de Charlesbourg n’a pas joué au politicien à propos de son combat contre De Leon.

«Avant de parler des combats de huit rounds, j’ai un job à faire. Oui, j’ai un plan, mais j’y vais au jour le jour, je ne brûle pas les étapes, je vis le moment présent et je fais ce que j’ai à faire», expliquait celui qui montre aussi une fiche de 6-0 (avec 2 K.-O.)

À 25 ans, Thibault a déjà fait le plein de maturité et se sent plus à l’aise à l’idée de sortir de sa zone de confort. «Par le passé, je me suis déjà fait des plans et je n’étais pas préparé s’il y avait un imprévu. Maintenant, je fais les bonnes choses pour atteindre mon objectif.»

Pour son troisième rendez-vous à Québec avec la «Team Tibo», il espère être moins nerveux que la dernière fois, en mai. «Je pensais que ça allait bien aller, mais au premier round, j’étais sur les nerfs. Je suis content de pouvoir le faire encore, car c’est en le vivant qu’on devient bon.»

Yannick Parent, de Québec, fera ses débuts professionnels dans le premier combat de la soirée, à 18h. Sébastien Roy, de Thetford Mines, sera aussi de la partie. La demi-finale opposera les Québécois Steven Butler et Jordan Balmir. 

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Dillon Carman (à droite) déplore le fait que Simon Kean ne le prenne pas au sérieux.

CARMAN N'ENTEND PAS À RIRE

Agacé par ce que son adversaire pense de lui, Dillon Carman ne débarque pas à Québec pour rigoler. «Je crois qu’il me sous-estime», affirme le poids lourd ontarien au sujet du Trifluvien Simon Kean.

Les deux hommes feront les frais du combat principal de la carte de boxe présentée par Eye of the Tiger, samedi, au Centre Vidéotron. Jeudi, Kean a rappelé que son opposant avait déjà refusé de l’affronter pour le titre canadien de la catégorie, ce qu’a réfuté Carman.

«On ne m’offrait toujours que 5000 $ pour un tel combat, il était hors de question que je me batte pour une bourse aussi ridicule. Ça n’avait rien à voir avec le fait que j’aurais peur de lui ou pas, je suis prêt à me battre contre n’importe qui sur la terre, je n’ai peur de personne. Mais je n’allais pas mettre ma vie en jeu pour 5000 $», soulignait celui qui ne dit pas combien il recevra pour ce combat.

Après avoir pris brièvement la parole au micro, Carman n’est pas retourné à la table d’honneur. En se rendant à l’arrière de la salle, il a lancé «c’est sérieux ce combat, ce n’est pas une … de blague.»

«Non, ce n’en est pas une. Je suis son plus gros défi. Vous verrez samedi ce que je suis et ce que Simon n’est pas», soulignait l’auteur d’une fiche de 13-3 en carrière.

«Ne clignez pas des yeux!»

Jusqu’à présent, 26 des 31 combats disputés par les deux pugilistes n’ont jamais atteint la limite. Il faut donc s’attendre à ce que ça cogne, samedi.

«Ne clignez pas des yeux!» lance Carman. «Il y aura deux gros frappeurs dans le ring, je m’attends à des feux d’artifice. Je m’attends à un bon combat, Simon est un homme redoutable, mais je vois des lacunes dans son style et je vais les exploiter.»

Carman a déjà participé à des émissions canadiennes de télé-réalité, comme Big Brother et Dragon’s Den. Selon lui, Kean ne le prend pas au sérieux pour ces épisodes de vie à l’extérieur du ring.

«Je ne viens pas ici pour m’amuser et j’ai de la puissance dans les deux mains. Je suis un meilleur boxeur que j’étais, j’ai pris de la maturité depuis deux ans. Depuis la perte de mon titre canadien, j’ai travaillé beaucoup et changé des choses dans mon entraînement et mon alimentation.»

Kean est ravi de se frotter avec Carman. Il cherche à améliorer sa fiche professionnelle de 15-0, dont 14 K.-O. «Quand j’ai su que ma 16e victoire serait contre Dillon Carman, j’ai pris cela comme un cadeau, comme une gracieuseté», soulignait-il à quelques heures du combat de 12 rounds où les championnats WBC francophone et NABA sont en jeu. Kean se bat pour la deuxième fois à Québec et il a promis de venir défendre au Centre Vidéotron le titre mondial qu’il a dans sa mire.