Claudiane Renaud a joué un rôle important dans les succès de l’équipe de rugby du Rouge et Or entre 2008 et 2012. Elle a été choisie recrue de l’année (2008) et joueuse par excellence du RSEQ (2009) en plus d’être finaliste au titre d’athlète de l’année de l’UL en 2013.

Claudiane Renaud: le bon moment

Même si Claudiane Renaud ne garde que de bons souvenirs de sa carrière en rugby, elle ne ressent aucune nostalgie lorsqu’il est question de celle-ci. Très heureuse et fière de ce qu’elle a accompli, l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or avoue avoir tourné la page sur le rugby sans aucune difficulté parce qu’elle l’a fait au bon moment.»

«Quand j’ai accroché mes crampons, j’avais besoin de la coupure et je suis vraiment passée à autre chose rapidement», explique celle qui a été recrue de l’année au Québec en 2008 et joueuse par excellence du RSEQ l’année suivante en plus d’avoir été finaliste pour le titre d’athlète par excellence à l’UL en 2013. «Je faisais du sport depuis que j’étais jeune et ça faisait vraiment partie de ma vie. Mais j’étais rendue là. Un moment donné, concilier sport, études et travail ça devient très exigeant. J’étais donc prête à arrêter et à changer de vie.»

Si elle s’était écoutée, c’est au terme de sa quatrième année (2011) que Claudiane aurait tourné la page sur le rugby. Le noyau de joueuses ayant mené la formation à la conquête d’une médaille de bronze au championnat canadien avait terminé son stage universitaire, elle se disait que le moment ne pouvait être mieux choisi pour accrocher ses crampons. Mais comme il lui restait une année à faire pour obtenir son bac, elle a joué une dernière campagne, une année qui a assurément facilité sa transition vers l’après-rugby, dit elle.

«Même si je devais évoluer avec de nouvelles joueuses, j’ai vraiment eu une belle saison, tant sur le plan collectif qu’individuel. Il était resté une belle chimie dans l’équipe. Et j’ai eu beaucoup de plaisir. Ce fut une belle fin pour ma carrière. Peut-être que si je n’avais pas joué cette cinquième année, j’aurais aujourd’hui des regrets. Mais ce n’est pas le cas. Je suis super satisfaite de la carrière que j’ai eue.»

Un deuil facile

La Trifuvienne explique que son deuil a été facile à vivre parce qu’il s’est fait progressivement, mais aussi parce qu’après sa dernière année, elle été opérée à la cheville et que sa convalescence a duré environ un an et demi. 

«Par la suite, je suis allée une fois à Laval pour faire de l’opposition pendant un entraînement. Ça m’a pris deux ou trois jours à m’en remettre. Comme je voulais préserver mon corps et que je n’avais aucun intérêt pour rejouer, le rugby ne m’a jamais manqué. La seule difficulté que j’ai eue fut de reprendre une vie très active et de passer à des sports individuels. J’ai commencé à courir et j’ai appris à aimer ça. Mais je n’ai pas la piqûre au point de vouloir courir des 5 km ou des épreuves du genre. Je suis intéressée à tout ce qui est vie active et plein air, mais pour moi, c’est toujours plus le fun à deux ou en en petit groupe.»

C’est d’abord en soccer que Claudiane a brillé. Évoluant avec l’élite régionale, elle n’avait qu’un objectif : développer ses capacités au maximum et évoluer dans le meilleur calibre possible. Son frère a cependant changé ses plans en lui faisant découvrir le rugby. Elle s’y est initiée à l’école, en secondaire trois, sans pour autant abandonner le soccer. Rapidement, elle a fait sa marque, ce qui l’a amenée à être sélectionnée sur Équipe Québec. «Un  moment donné, j’ai eu trop de conflits d’horaire. Il a fallu que je choisisse un sport. J’ai opté pour le rugby. C’était un beau sport. Il y avait aussi un effet de nouveauté et j’avais l’impression que je pourrais accomplir davantage dans ce sport-là. Mais c’est certain que mon passé en soccer m’a aidée en rugby où j’étais botteuse. Et il m’a peut-être aussi appris à développer ma vision du jeu.»

Claudiane n’envisageait pas vraiment jouer au rugby universitaire. Courtisée par Bill McNeil, elle a finalement accepté de se joindre au Rouge et Or où elle a retrouvé des coéquipières de l’équipe du Québec comme Charlotte Vallières-Villeneuve et Marie Pier Pinault-Read. «J’ai été super bien accueillie par les filles. Je me suis sentie comme chez moi.»

Les débuts de la Trifluvienne avec le Rouge et Or ont signifié la fin de son séjour avec l’équipe nationale. «Je me suis demandé si je voulais m’investir comme j’aurais dû le faire au sein d’Équipe Canada. J’en suis venue à la conclusion que j’avais vécu tout ce que je voulais vivre en rugby au niveau junior. Je n’ai jamais regretté ma décision.»

Inscrite en intervention sportive à sa première année à Laval, Claudiane a réorienté ses études en géomatique afin de devenir arpenteuse-géomètre. Si elle a été performante sur le terrain, Claudiane l’a aussi été autant dans ses études où elle a reçu les bourses Chapeau les filles et du Fonds Joncas visant à souligner l’excellence de ses résultats académiques. Une grande fierté pour elle.

Aujourd’hui à l’emploi du ministère des Transports, elle prépare les plans des futurs chantiers routiers qui seront lancés. «Je fais un parallèle entre ce que je fais au ministère et le sport. Dans les deux cas, c’est un travail d’équipe. Et c’est probablement pourquoi j’aime ce que je fais. Collaborer avec les technicien, les ingénieurs pour lesquels on prépare les plans et tout ça, je trouve ça vraiment le fun. J’aime beaucoup mon travail.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Fait marquant?

R  Avoir fait l’équipe canadienne senior en 2007. Ce fut vraiment un accomplissement pour moi.

Personnalités marquantes?

R  Mon frère Jonathan. C’est lui qui m’a poussée vers le rugby, un sport que je ne connaissais pas. C’est certain que s’il ne m’avait pas parlé du rugby, je ne m’y serais probablement pas intéressée.

Q  Ce qui te manque le plus?

R  Partir en gang pour une compétition ou un tournoi. Et les jours de match. D’abord, parce que l’on aime toujours plus jouer que s’entraîner, mais aussi pour l’adrénaline qui nous anime ces jours-là.

Q  Plus grande fierté?

R  C’est l’ensemble de ma carrière. Je suis fière de ce que j’ai accompli, tant en équipe qu’au niveau individuel et personnel.

Q  Dans 20 ans?

R  Je suis quelqu’un qui vit au jour le jour. J’ai du mal à me projeter dans l’avenir. Je n’en ai donc aucune idée. Mais je suis ouverte d’esprit.

Q  Rêve?

R  Le sport m’a permis de voyager un peu en Europe. Et je suis allée en France dans le cadre d’un échange étudiant. Mais ce n’est pas comme si j’avais vraiment voyagé. J’aimerais donc intégrer les voyages à ma vie.