Remis plus rapidement que prévu de son opération à l'épaule droite, Paul Byron a foulé la glace du Complexe Bell de Brossard en compagnie de ses coéquipiers, vendredi.

Claude Julien veut imposer un tempo rapide à son équipe

BROSSARD — Claude Julien veut une formation qui impose une cadence plus rapide en 2018-2019. L'entraîneur-chef du Canadien de Montréal a cherché à donner le ton dès la première journée du camp d'entraînement vendredi après-midi, et il a trouvé que ses joueurs avaient bien répondu.

«Les entraîneurs ont semblé très confortables et les joueurs avaient l'air excité, les nouveaux comme les vétérans, a analysé Julien. On a eu une bonne journée. J'ai trouvé que le tempo de la pratique a été très bon.»

Julien veut se servir des deux premières journées du camp pour établir les bases de sa philosophie, qui passe par une bonne éthique de travail.

«Je ne viendrai pas ici pour me pavaner au sujet de notre équipe, a-t-il dit. La clé est de faire ce que nous avons accompli aujourd'hui, soit de travailler très fort, d'essayer de créer de bonnes habitudes. Nous voulons nous assurer d'être prêts pour le début de la saison et de tous être sur la même longueur d'onde. Je préfère que nos actions montrent ce que nous sommes capables de faire.»

Et comme c'est le cas à chaque fois qu'un camp d'entraînement se met en branle, l'optimisme est au rendez-vous.

«Nous allons avoir besoin d'un engagement de la part des joueurs, mais comme à chaque année, vous entamez la saison avec optimisme. Il faut regarder ce qui est arrivé l'an dernier alors que sept nouvelles équipes ont participé aux séries éliminatoires, a noté Julien. Alors, pourquoi n'aurions-nous pas une chance de nous qualifier? Il s'agit d'afficher de l'optimisme, de la confiance et de réaliser qu'il faudra travailler avec ardeur. C'est ce sur quoi nous travaillons en ce moment au camp d'entraînement.»

L'heure des découvertes

Si l'optimisme est toujours de mise lors d'un camp d'entraînement, il faut aussi faire place aux expériences. Julien s'est lancé dans ce petit jeu en utilisant Max Domi au centre d'un trio que complétaient Joel Armia et Jonathan Drouin. Mais cela ne veut pas dire que Montréal s'apprête à vivre une autre controverse entourant la position de joueur de centre, après l'interminable saga Galchenyuk.

«On connaît bien Jonathan au centre et j'ai trouvé qu'il s'était vraiment amélioré l'an dernier, sur les mises en jeu, le positionnement, entre autres. Il avait l'air beaucoup plus à l'aise. On sait qu'on peut toujours utiliser Jonathan au centre. Il y a beaucoup de joueurs de centre que l'on veut voir au camp d'entraînement, incluant Max Domi. On a [Nick] Suzuki, [Jesperi] Kotkaniemi. C'est important de voir ce qu'ils peuvent faire. On donne une opportunité à ces joueurs-là pour mieux les évaluer», a expliqué l'entraîneur-chef du Tricolore.

Byron sur la patinoire

La première journée du camp d’entraînement réservait une première surprise. Moins de cinq mois après être passé sous le bistouri, Paul Byron a foulé la glace du Complexe sportif Bell avec une épaule droite «neuve» et son bon vieux coup de patin, toujours aussi rapide et énergique.

La présence de Byron au sein du deuxième groupe de joueurs à s’être entraînés tend à indiquer qu’il sera en uniforme lors du match d’ouverture du Canadien, le 3 octobre. Selon Julien, d’ailleurs, rien n’indique que Byron ratera le rendez-vous inaugural, contre les Maple Leafs de Toronto.

«On n’était pas certain s’il allait être là dès le début du camp d’entraînement. Je pense qu’on avait quand même une idée qu’il avait une chance de revenir pour le début du calendrier régulier, a déclaré Julien. Connaissant Paul, il a travaillé très fort cet été. Il a bien guéri. Je ne sais pas si c’est une surprise, mais on est content de l’avoir dès le départ et ça va lui donner une meilleure chance de se préparer pour le début de la saison.»

L’homme le moins surpris de sa présence à cette première journée d’entraînement était Byron lui-même. Alors que la nouvelle de son opération à l’épaule droite, annoncée le 18 avril, faisait état d’une période de guérison de six mois, l’attaquant de 29 ans a rapidement eu espoir de vaincre ce pronostic.

«J’ai cru que je serais prêt à temps quelques jours seulement après l’opération, a affirmé Byron, qui dit ne ressentir aucune gêne dans ses mouvements.

«Dans ma tête, mon plan a toujours été d’être prêt pour le camp d’entraînement. Je n’ai eu aucun retard pendant cet été. C’est l’un des aspects positifs d’avoir fini tôt l’année passée. J’avais beaucoup de temps pour m’entraîner, pour reposer mon corps. C’était le bon moment pour moi d’effectuer l’opération.»

Byron, qui a formé un trio avec Suzuki et Nikita Scherbak vendredi après-midi, paraissait d’autant plus soulagé de sauter sur la glace que cette blessure traîne depuis deux saisons. Pourtant, il n’a manqué qu’un seul match lors des deux dernières campagnes et connu des récoltes de 22 et de 20 buts.

Si l’opération a été effectuée si tard, c’est une question de calendrier.

«Il y a deux ans, nous avions participé aux séries éliminatoires et nous n’avions pas assez de temps pour procéder à l’opération, a-t-il noté. Les soigneurs ont fait de l’excellent travail pour s’assurer que je ne manque qu’un seul match lors des deux dernières années.»

Ward arrive, Shaw avance

Par ailleurs, la direction du Canadien a octroyé un essai professionnel à l’ailier droit de 37 ans Joel Ward.

Ce dernier a disputé un total de 726 matchs en saison régulière en 11 saisons dans la LNH, récoltant  304 points, dont 133 buts.

L'an dernier, il a participé à 52 matchs avec les Sharks de San Jose. Il a inscrit cinq buts et sept mentions d'aide. 

Ward a connu sa meilleure saison à Washington en 2013-2014, alors qu’il avait obtenu 24 buts et 25 aides en 82 parties.

«On l'attend demain [samedi], c'est ce qu'on m'a dit, a fait savoir Julien. Il est dans la ligue depuis longtemps. Il est ici sur un essai. L'expérience, ça ne nous fait jamais de tort. Il n'y a aucun engagement de notre part, on va lui donner une chance.»

Julien a également donné des nouvelles d'Andrew Shaw, qui a patiné avant tous ses coéquipiers vendredi matin, en compagnie des défenseurs Scott Walford et Matt Taormina, deux des sept autres blessés dans l'équipe.

Opéré à un genou et victime d'une commotion cérébrale en mars dernier, Shaw progresse, mais pas au point où le Canadien peut annoncer qu'il pourra amorcer la saison en même temps que tout le monde.

«Andrew n'a pas de symptômes de commotion cérébrale, mais il n'a pas reçu le feu vert des médecins ni pour sa commotion, ni pour sa blessure au genou», a déclaré Julien.