Participants à la Classique hivernale Bauer de Clermont: de gauche à droite, Stéphane Quintal, Simon Gagné, Mark Messier et Michel Goulet.

Classique hivernale Bauer à Charlevoix: Michel Goulet, 25 ans après...

Quand l’ex-Nordiques Michel Goulet chaussera les patins samedi à Clermont pour la Classique hivernale Bauer, ce sera 25 ans jour pour jour après le fameux match du 16 mars 1994 au Forum de Montréal. C’est ce soir-là que le numéro 16, qui s’alignait alors avec les Blackhawks de Chicago, a subi la commotion cérébrale qui allait mettre fin à sa carrière de hockeyeur.

Goulet avait chuté et sa tête avait heurté violemment la bande. L’ailier était resté étendu sur la glace durant de longues minutes avant de quitter l’amphithéâtre sur une civière. Encore aujourd’hui, la date est toujours bien inscrite dans la mémoire du hockeyeur de Péribonka. «Tu te rends compte que samedi, ça va faire 25 ans que j’ai eu ma blessure à Montréal?», lance d’ailleurs d’entrée de jeu Goulet en entrevue avec Le Soleil, rappelant qu’il lui a fallu du temps et des efforts avant d’être complètement remis de cette blessure.

Thérapie

«Ça m’a pris deux ans de thérapie pour dealer avec cette blessure-là à Chicago. C’est ça qui m’a sonné, je faisais juste me demander ce qui allait arriver alors que pour ces blessures, les seuls qui le savent sont ceux qui ont déjà eu une commotion ou ceux qui ont les connaissances scientifiques sur le sujet», explique-t-il, rappelant que les commotions cérébrales, si elles sont aujourd’hui au cœur de l’actualité sportive, étaient à l’époque méconnues. «Mon médecin, la première chose qu’elle m’a dite, c’est qu’elle avait peur qu’un de ses patients s’enlève la vie. On ne parlait pas beaucoup de ça à l’époque, c’était avant que les cas de certains sportifs victimes de commotions qui se sont enlevé la vie ne fassent les manchettes», poursuit-il.

À l’époque, certains médecins avaient laissé entendre à Goulet que tout reviendrait à la normale en quelques semaines. Ça n’a pas été le cas. «Au départ, j’ai tout perdu. Je n’étais plus capable de frapper une balle de baseball, je n’étais plus capable de lever trente livres!», se souvient-il à propos des premières semaines de sa réadaptation.

«Aujourd’hui, c’est le jour et la nuit avec mon époque. On se préoccupe davantage de ces blessures-là même si ça ne paraît pas, physiquement, quand tu es blessé à la tête. Dans le temps, surtout dans les séries, on jouait quand même et le lendemain, on n’était plus capable de marcher...» 

Dépisteur

D’après Goulet, maintenant dépisteur avec les Ducks d’Anaheim, le fait que les organisations investissent des sommes importantes dans leurs joueurs les incite à mieux les protéger, à en prendre mieux soin.

«Moi, après ma blessure, je ne voulais pas rester là, être triste et me faire du mauvais sang, alors je suis revenu dans le hockey comme membre de l’organisation de l’Avalanche du Colorado», poursuit celui qui a aussi été dépisteur pour les Flames de Calgary avant d’aboutir à Anaheim. «Je surveille les équipes de la LNH et de la Ligue américaine. J’habite toujours Denver même si je travaille pour les Ducks, car c’est une ville assez centrale aux États-Unis et que je suis appelé à voyager un peu partout.»

«Gou» l’avoue, il aurait aimé devenir entraîneur ou directeur général comme l’ont fait plusieurs ex-hockeyeurs de la LNH. À l’aube de la soixantaine, il a cependant tourné la page. «Je pensais que ça allait peut-être arriver avec l’Avalanche, mais ce n’est pas ce qui s’est passé. À mon âge, je ne suis pas certain que ça me tente encore de m’embarquer dans un poste comme celui d’entraîneur ou de dg.» Dans ses fonctions de dépisteur, il continue de s’amuser et de mettre son sens du hockey au service de son organisation. «Je suis bien d’accord avec l’analyse statistique et toutes les nouvelles approches et les nouveaux outils que possèdent les équipes pour analyser les joueurs, mais moi je suis capable de dire si un joueur a le sens du hockey, s’il a le talent.»