Ludovik Tardif a été accepté au Upper Canada College de Toronto.
Ludovik Tardif a été accepté au Upper Canada College de Toronto.

Cinq hockeyeurs de l’Académie Saint-Louis prennent la route des écoles préparatoires

Les derniers jours ont apporté beaucoup de fierté à Christian Alain, responsable de la concentration hockey de l’Académie Saint-Louis, alors que cinq jeunes du programme ont été acceptés dans de prestigieuses écoles préparatoires («prep schools») américaines et ontarienne où ils poursuivront leur cheminement scolaire et sportif l’an prochain.

Tout d’abord, le joueur de centre Ludovik Tardif a été accepté au Upper Canada College de Toronto, par lequel sont passés quelques joueurs de la LNH dont l’ex-Nordiques Mike McKee et l’ancien des Maple Leafs de Toronto Brian Conacher. L’attaquant Thomas Auclair prendra pour sa part la route du Middlesex School de Concord, au Massachusetts, une école où a déjà étudié le nouveau centre arrière et ailier rapproché de l’équipe de football du Rouge et Or, Cédrick Paradis.

Blake Gauthier, originaire de Châteauguay et qui évoluait au niveau Midget espoir en 2018-2019, prend pour sa part la route du Taft School de Watertown, au Connecticut, un établissement qui compte parmi ses diplômés l’attaquant des Golden Knights de Vegas Max Pacioretty. L’ailier gauche Philippe Longchamps s’en ira de son côté au Vermont Academy de Saxtons River, une école où avait étudié l’ancien directeur général des Islanders de New York Bill Torrey (et le guitariste d’Aerosmith Joe Perry) alors que le défenseur Paul Dumas, de l’Île d’Orléans, prend la route du Hun School de Princeton, au New Jersey, où avait étudié avant lui le premier but des Yankees de New York Mike Ford.

Thomas Auclair prendra pour sa part la route du Middlesex School de Concord, au Massachusetts.

Fierté

«C’est une fierté pour nous de voir nos jeunes être acceptés là-bas, car c’est un processus très exigeant. C’est une option méconnue pour les hockeyeurs du Québec que nous tentons de démystifier. Les gens connaissent la NCAA (qui gère la majorité du sport universitaire américain), mais moins les chemins pour s’y rendre», explique Christian Alain en entrevue avec Le Soleil. «Tout d’abord, l’Arsenal de l’Académie Saint-Louis affronte ces écoles 47 fois durant sa saison, ce qui permet aussi de les faire découvrir à nos joueurs», indique M. Alain, rappelant que 150 joueurs de l’Académie Saint-Louis ont poursuivi leur chemin dans une école préparatoire depuis 2004.

«Certaines de ces écoles ont un programme de hockey très fort, comme Kimball Union, et c’est très difficile d’y entrer si on n’est pas un joueur d’exception, d’autres ont des exigences très élevées au niveau académique comme une moyenne de 85 à 90%. Nous avons développé une expertise de ce côté et un réseau de contacts aux États-Unis, alors nous guidons les jeunes selon leurs intérêts et nous avons aussi comme ressource le père de Cédrick Paradis, qui connaît le milieu et aide les jeunes qui doivent passer des tests d’admission», poursuit-il.

Blake Gauthier, originaire de Châteauguay et qui évoluait au niveau Midget espoir en 2018-2019, prend pour sa part la route du Taft School de Watertown, au Connecticut.

Plusieurs étapes

C’est qu’avant d’être admis, les jeunes hockeyeurs doivent d’abord réussir le «secondary school admission test» (SSAT) et le «test of english as a foreign language» (TOEFL). S’en suivent des entrevues avec le personnel d’entraîneurs et la direction de l’école. Les jeunes doivent aussi fournir des lettres de recommandation de professeurs et d’entraîneurs et leurs parents doivent remplir certains documents.

Car ces établissements sont privés et l’éducation peut y coûter une petite fortune. «Les jeunes sont logés et nourris en plus d’étudier dans des classes de six élèves. On parle de frais d’environ 60 000 $ par année», indique Christian Alain, soulignant que même si aucune bourse n’est versée aux élèves, les établissements fournissent parfois des montants importants en aide financière.

«Le jeu de la négociation débute quand les parents ont fourni les détails de leur situation financière. Les établissements ne veulent pas se passer d’un excellent candidat juste parce que ses parents n’ont pas les moyens de payer ses études», indique M. Alain, ajoutant que les écoles préparatoires aiment recruter aux quatre coins du monde, de sorte qu’il n’est pas rare de voir des Russes, des Finlandais et des Canadiens aux côtés des joueurs américains.

De plus, des études dans ces établissements ouvrent souvent toutes grandes les portes des universités américaines, comme pour l’attaquant Frédéric Létourneau, qui est passé par l’Académie Saint-Louis, puis le Hotchkiss School avant d’aboutir à l’Université Bowling Green en première division de la NCAA, ou les frères Kevin et Derick Roy, de Lac-Beauport, qui sont passés respectivement par le Deerfield Academy et le St. Paul’s School avant de compléter leurs études à l’Université Northeastern. Kevin est actuellement dans l’organisation des Penguins de Pittsburgh après avoir porté l’uniforme des Ducks d’Anaheim.

Philippe Longchamps s’en ira de son côté au Vermont Academy de Saxtons River.

Pas que la NCAA

Et il y a aussi ceux qui, après être passés par l’Académie Saint-Louis dans le but de faire le saut dans le système américain, ont choisi finalement de se laisser tenter par la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). C’est le cas de Félix Robert, de Lambton, meilleur marqueur du Phoenix de Sherbrooke cette saison.

«Félix est l’un des meilleurs joueurs que j’aie dirigés durant mes neuf années comme entraîneur à l’Académie Saint-Louis. Avec le talent qu’il a, je suis certain qu’il va jouer chez les professionnels. Comme plusieurs, il voulait aller dans la NCAA, mais il a changé son fusil d’épaule en cours de route. Même s’il avait reçu une offre incroyable d’un «prep school», il s’est plutôt inscrit au Collège Champlain de Lennoxville dans le but de rester près de Sherbrooke et a fini par faire le saut dans la LHJMQ», termine Alain.