Le programme de football des Incroyables de J.-H.-Leclerc résiste aux problèmes rencontrés par le football scolaire. Et c’est tant mieux!

À la rescousse du football scolaire !

CHRONIQUE / Le football scolaire est-il en crise au Québec ? À la lueur de tout ce qu’on lit présentement, on dirait bien que oui.

Au cours des dernières semaines, La Voix de l’Est nous a appris qu’il n’y a pas assez de joueurs pour former une équipe juvénile et une équipe cadette au collège Mont-Sacré-Cœur et qu’il n’y a pas assez de joueurs non plus pour faire du football juvénile à l’école secondaire Jean-Jacques-Bertrand de Farnham. Ouf !

Quand on aime le football comme moi, ça fesse quand on lit ça. Ça fesse et ça fait mal.

Oui, le football scolaire traverse une période difficile. Mais je tiens à préciser une chose : il n’y a pas que dans la région que le phénomène se manifeste. Je sais qu’en Mauricie, par exemple, il s’est perdu une tonne d’équipes. Le problème se situe à la grandeur du Québec.

Trois choses semblent expliquer ce qui se passe présentement. Il y a le fameux phénomène des commotions cérébrales, le fait que les jeunes travaillent au lieu de faire du sport et l’attrait pour les jeux vidéo. J’ajouterais un quatrième élément, mais j’y reviendrai plus tard dans cette chronique.

Un sport qui a changé pour le mieux

D’abord les commotions : il y a eu des histoires d’horreur et ça a fait mal à notre sport, c’est clair. Mais le football a changé pour le mieux au cours des dernières années. Les entraîneurs sont beaucoup mieux formés, on enseigne maintenant partout à plaquer de façon sécuritaire et l’équipement (les casques, surtout) est plus adapté à la réalité d’aujourd’hui. Je pense aussi que le football, aujourd’hui, n’est pas plus dangereux que le hockey, par exemple.

Le football demeure un sport de contact, c’est certain, mais tout est maintenant en place afin qu’il soit pratiqué de manière à ce que les blessures à la tête soient limitées au minimum. Chez les Alouettes, dans le cadre de nos cliniques « En famille », on enseigne aux parents et à leurs jeunes la façon de plaquer, version 2019. Aujourd’hui, on vise le bas du corps et non le haut. Ça change tout et ça évite tellement de blessures.

Nous croyons vraiment, chez les Alouettes, que le football peut être joué de manière saine et sécuritaire. Je ne veux pas nous vanter, mais c’est pourquoi l’organisation fait tant d’efforts pour promouvoir ce que j’appelle le « nouveau football ».

À travers des programmes comme la Tournée Ultimate Football dans les écoles primaires et le programme de Certification MontréAls (les équipes de J.-H.-Leclerc ont cette certification), on démontre que c’est possible de pratiquer notre sport en s’amusant et sans se faire mal. Moi, j’y crois très fort.

Maintenant, est-ce que les jeunes travaillent trop ? Moi, je travaillais pendant que je fréquentais l’école secondaire Mgr-Euclide-Théberge de Marieville et j’avais quand même le temps de jouer au football. Mais je pose la question : est-ce que les employeurs aident nos jeunes en leur proposant des horaires flexibles, adaptés à leur réalité ? Je ne suis pas certain que c’est toujours le cas. De plus en plus, je vois toutefois des offres d’emploi où c’est écrit : « Horaire adapté à vos besoins ». Ça, j’aime ça !

Enfin, est-ce que nos jeunes sont plus intéressés par les jeux électroniques que par le sport ? Honnêtement, il n’y a pas que les jeunes qui ont de la misère à décrocher de leur téléphone ou de leur console. Même les adultes sont comme ça. Mais devant cette réalité, j’ai envie de vous dire que nous, les parents (j’ai deux jeunes enfants), on a un rôle à jouer.

Si on n’encadre pas nos enfants, si on ne les incite pas à jouer dehors, à faire du sport et à bouger, c’est sûr qu’ils vont demeurer sur leur téléphone ou leurs trucs électroniques. Ça fait partie de notre travail d’éducateur, selon moi, de les guider vers les choses qui sont bonnes pour eux et pour leur développement.

En me relisant, je me rends compte que j’ai l’air du gars qui fait la morale ! Vous m’excuserez, mais je dis simplement ce que je pense.

L’influence des Alouettes

Et j’arrive à l’autre élément qui, selon moi, peut expliquer la perte de popularité du football dans les écoles.

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais depuis toujours, le football amateur est tributaire des succès des… Alouettes. Quand l’équipe va bien, quand elle gagne des coupes Grey et que le stade est plein, les jeunes ont le goût de jouer au football. Quand l’équipe a de la misère, comme ça a été le cas au cours des dernières années, les jeunes ont moins le goût du football. Vous avez remarqué ?

J’ai joué au football scolaire au moment où le nombre de programmes a explosé partout au Québec, notamment dans la région. Et qu’est-ce que les Alouettes faisaient à cette époque ? Ils gagnaient tout le temps et on s’arrachait les billets au stade Percival-Molson. La bonne nouvelle, c’est que l’équipe recommence à gagner et que l’intérêt augmente de semaine en semaine. C’est positif pour l’avenir.

L’implication des Alouettes dans la communauté est aussi quelque chose d’important. Nous sommes l’équipe de football professionnel du Québec et il faut aller chez les gens et partager avec eux notre passion. Personnellement, j’adore rencontrer les jeunes et les partisans. J’en fais le plus possible parce que j’aime ça et parce que je considère que c’est essentiel.

Je crois sincèrement aux valeurs associées au football : la discipline, l’esprit d’équipe, la coopération, etc. Je pense que c’est un atout pour un jeune de jouer au football à l’école, je pense que ça va l’aider à devenir un bon citoyen et une bonne personne. Je le crois vraiment.

Notre football scolaire est en crise et il faut l’aider. Mais je suis optimiste de nature et je pense qu’on va réussir à passer à travers cette période creuse.

Propos recueillis par Michel Tassé