Christian Papillon, directeur sportif du Championnat du monde de Red Bull Ice Cross
Christian Papillon, directeur sportif du Championnat du monde de Red Bull Ice Cross

Christian Papillon, celui qui a fait du «Crashed Ice» un sport

PETITE-RIVIÈRE-SAINT-FRANÇOIS — Plusieurs se souviendront de lui comme du type qui s’était fabriqué une piste de glace pour s’entraîner pour le Red Bull Crashed Ice de Québec sur le terrain d’un ami. Christian Papillon demeure toujours à Lac-Beauport, mais sa passion pour le patinage extrême est maintenant devenue un emploi à temps plein.

Directeur sportif du Championnat du monde de Red Bull Ice Cross (le sport autrefois connu sous le nom de Red Bull Crashed Ice) depuis 2010, Christian est aussi depuis cinq ans directeur sportif de la All Terrain Skate Cross Federation, qui chapeaute ce sport qu’on appelle maintenant patinage de descente extrême en français.

«Je me tiens occupé tout l’hiver, je voyage un peu partout pour superviser les courses et le développement du sport par la création de fédérations nationales entre autres», expliquait samedi celui qui est aussi étroitement lié à la mise en place de la course de niveau 500 qui avait lieu au centre de ski Le Massif de Petite-Rivière-Saint-François en fin de semaine.

Une carrière dans la glace

«La piste du Massif, elle a été fabriquée par le même gars chez qui on fabriquait une piste pour m’entraîner au milieu des années 2000, mon ami Gaétan Lemelin. Je peux te dire qu’à l’époque, ni lui ni moi ne pensions que je serais rendu là», poursuit celui qui a délaissé la compétition après quatre saisons de «Crashed Ice».

«Aujourd’hui, je descends encore les pistes pour les essayer, mais mon travail se fait davantage dans le développement du sport. J’espère vraiment garder un événement au Massif», poursuit celui qui avait fait ses classes en travaillant dans le domaine des arts graphiques et en organisant des événements sportifs, notamment l’épreuve de motocross qui avait lieu au Colisée de Québec, comme passe-temps.

«Quand Red Bull m’avait rencontré au début, on était assis autour d’une table en Autriche et les gens me posaient des questions sur ma vision du «Crashed Ice». Pour moi, il a toujours été clair que c’était un sport, qu’on pouvait en faire quelque chose qui ne soit pas juste un événement promotionnel», rappelle Christian Papillon.

Sport en évolution

«Et bien je peux te dire qu’il y a un an et demi, presque dix ans après cette rencontre, je me suis rendu compte que ce que je voyais à l’époque était maintenant réalisé», poursuit-il.

Une structure, une fédération, 14 pays représentés et 150 athlètes à la compétition du Massif, elle représente en elle-même une façon de rendre le sport plus accessible. 

«Les pistes des épreuves de niveau 500, comme le Massif, et 250 sont moins difficiles, plus accessibles pour les débutants. C’est une façon de démocratiser le sport», explique le directeur sportif.

Si elles rapportent un peu moins de points que les épreuves de niveau 1 000, comme celles autrefois tenues à Québec, les épreuves de niveau 500 attirent quand même plusieurs des meneurs du circuit. Avec 30 000 $ en bourses, contre 80 000 $ pour le niveau 1 000, elles offrent quand même des prix intéressants.

«Cette année, nous présentons 12 courses au total : deux de niveau 1 000, six de niveau 500 et quatre de niveau 250. Il faut maintenant stabiliser le circuit, pour ne pas qu’il grossisse trop vite et qu’on perde le standard du sport», enchaîne Papillon.

Projets

La prochaine étape, pour lui, serait de trouver une façon pour que certains compétiteurs puissent vivre de leur sport comme le font certains athlètes de sports extrêmes, notamment les planchistes. Le rêve olympique n’a pas non plus été mis de côté. «C’est un dossier qu’on travaille aussi», assure-t-il.

Et serait-il possible que le Ice Cross revienne un jour à Québec, d’où il est absent depuis novembre 2015? «Oui, Québec est toujours dans les discussions et la ville n’a plus de preuve à faire. Il s’agit de s’entendre avec un promoteur et de trouver des dates! Il y a toujours des discussions et on espère que ça revienne avant les Nordiques!», termine Papillon, sourire en coin.