Blanchi d'un contrôle antidopage «anormal», Chris Froome pourra se lancer samedi à la quête d'un quatrième titre de suite au Tour de France.

Chris Froome, blanchi par l'UCI, sera du Tour de France

PARIS — Innocent et favori : voilà la situation dans laquelle se retrouvera le cyclisme britannique Chris Froome sur la ligne de départ du 105e tour de France, samedi.

Sous la menace d’une suspension pour son contrôle antidopage anormal au Tour d’Espagne pour excès de salbutamol (un anti-asthmatique), Froome a été blanchi lundi par l’Union cycliste internationale et il pourra poursuivre sa quête d’un cinquième titre record au Tour de France.

«Les résultats de l’échantillon de Froome ne constituent pas un résultat d’analyse anormal», a précisé le communiqué de l’UCI, ajoutant qu’il avait décidé «de clôturer la procédure contre M. Froome». «Je n’ai jamais douté que cette affaire serait classée pour la simple raison que je savais que je n’avais rien fait de mal», a déclaré le cycliste de 33 ans.

Le camp Froome a pu démontrer que la présence de salbutamol à 2000 ng/ml, soit deux fois la dose autorisée, relevée le 7 septembre lors de la 18e étape du Tour d’Espagne n’était pas le résultat d’une prise supérieure à 800 mg toutes les 12 heures ou 1600 toutes les 24 heures.

L’utilisation par Froome de médicaments contre l’asthme a été bien documentée, et le coureur né au Kenya a souvent été vu utilisant des inhalateurs pendant les courses. Selon les règlements de l’Agence mondiale antidopage, un athlète peut être autorisé à montrer un taux anormal de salbutamol s’il prouve qu’il s’agit d’un dosage thérapeutique approprié.

«Je souffre d’asthme depuis l’enfance. Je connais exactement les règlements concernant mes médicaments contre l’asthme et je n’utilise que mon inhalateur pour gérer mes symptômes dans les limites permises.» Reste désormais à savoir si le Britannique saura dompter la pression, ses adversaires, et les réactions imprévisibles du public à son égard. 

Gagner la course et... le cœur du public

Pour le leader de l’équipe Sky, l’enjeu est multiple. Il entend égaler le record des cinq victoires détenu par quatre coureurs (Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain), gagner un quatrième grand tour consécutif et réussir le doublé Giro-Tour qu’aucun coureur n’a réalisé depuis 20 ans.

Mais il devra aussi avoir pour objectif de mettre le public dans sa poche, après neuf mois de tergiversations du côté de la justice sportive, qui n’ont pas favorisé sa popularité. Ces derniers jours, avant que la sentence de l’UCI ne soit rendue, la tension avait grandi.

«J’ai l’impression qu’il y a plus de haine envers Sky. Mais c’est seulement une minorité du public, pas la majorité. Le Tour rassemble beaucoup de personnes, dont certaines sont mal intentionnées», estimait la semaine dernière le Gallois Geraint Thomas, lieutenant prêt à suppléer Froome sur la lancée de sa victoire dans le Dauphiné.

Quelles sont les chances du Britannique? Pour Froome, qui passera un premier test de popularité, jeudi, lors de la présentation des équipes, tout dépendra de sa récupération après le Giro, remporté in extremis fin mai après un renversement de situation improbable. Sans qu’il puisse s’avancer en toute assurance s’il est au niveau des deux éditions précédentes du Tour.