Le spectaculaire accident de Robert Wickens en IndyCar, dimanche, a provoqué un nouvel appel au renforcement des mesures de sécurité dans cette série automobile.

Choc chez les pilotes après l'accident de Robert Wickens

Les pilotes automobiles ont une certaine compréhension de la mort, plus que d’autres athlètes. La mort peut avoir frappé un ami, un rival, un confrère ou une idole.

Passer de vie à trépas est un risque dont ils sont conscients. Un risque accepté par leurs proches, qui connaissent la passion pour une profession qui peut tuer.

Robert Wickens savait les enjeux bien avant de délaisser une solide carrière en Europe pour se joindre à l’IRL. Dimanche, avant le signal du départ à Pocono, pensait-il qu’il pourrait se blesser sérieusement? Il est bien plus probable que non. Les pilotes ne deviennent pas champions en vivant dans la peur.

Wickens n’était pas apeuré en voulant dépasser Ryan Hunter-Reay très tôt dans la course. Ni l’un ni l’autre ne cédait un pouce, un moment captant l’essence de la course automobile.

Mais l’excitation peut faire place à la terreur en monoplace. On a souvent vu de ces accidents où une voiture percute une clôture, quitte le sol et se fracasse en plusieurs morceaux, avec le pilote chanceux d’en sortir vivant.

Après le contact entre Wickens et Hunter-Reay dimanche, la voiture du premier a quitté la piste et a subi un très violent impact contre la clôture. Le Canadien de 29 ans a été amené dans un hôpital d’Allentown pour des blessures aux extrémités inférieures, au bras droit et à la colonne vertébrale, et pour une contusion pulmonaire. Il y a été opéré, lundi soir, pour la blessure à la colonne vertébrale.

L’accident remet à l’ordre du jour un débat concernant la sécurité en piste.

Changer les méthodes

Paul Tracy, champion de la série en 2003 — elle s’appelait alors ChampCar —, est aujourd’hui consultant pour la chaîne américaine NBC et il a appelé sur les réseaux sociaux l’IndyCar à trouver des alternatives aux protections grillagées entourant les circuits.

«Tellement soulagé de savoir que @RobertWickens va être OK, mais une nouvelle fois le coup est passé trop près pour qu’on soit à l’aise avec cette situation», a-t-il écrit.

«Il y a longtemps que l’industrie de la course aurait dû commencer à étudier de nouvelles méthodes permettant de garder les voitures sur la piste sans utiliser de poteaux, de câbles et de grillages», a-t-il poursuivi.

Cela a pris deux heures pour réparer la clôture en question à Pocono, les pilotes ne pouvant faire autre chose qu’attendre une mise à jour sur Wickens et un signal qui relancerait la course.

Les autres pilotes estimaient dimanche à l’issue de la course que Wickens pouvait s’estimer heureux d’être encore en vie après cet accident, survenu sur le circuit ovale même où le Britannique Justin Wilson a perdu la vie en 2015 après avoir été heurté en plein casque par le débris de la monoplace d’un autre concurrent.

On a demandé à Alexander Rossi, qui a remporté la course, comment il a géré l’attente. «Votre esprit crée des compartiments», a t-il dit.

Réparations bâclées

Sébastien Bourdais, blessé sérieusement en piste à Indianapolis, la saison dernière, était visiblement secoué pendant le délai, dimanche. «J’étais très inquiet pour lui... il est blessé, mais j’espère que ce n’est pas trop grave», a confié le Français.

Bourdais, qui a terminé quatrième, s’est dit mécontent des réparations effectuées sur la barrière à l’endroit où le Canadien a subi son impact. «Quand on a vu l’étendue des dommages, je me doutais que ça ne serait pas réparé correctement, et effectivement, ça ne l’a pas été», a estimé le pilote de 39 ans.

«Les câbles étaient détendus, ce n’était pas du boulot très propre et je n’étais pas du tout content avec ces réparations», a-t-il dit.

Et pour ce qui est de retourner dans la voiture?

«C’est notre occupation, souligne Bourdais, sur un ton neutre. C’est un peu plus facile quand vous savez que le gars a survécu.»