Cette famille franco-argentine qui assistera à Kazan au match entre les Bleus et la bande à Messi pourrait être moins unie le temps de quelques heures, samedi.

Choc au sommet et duel à distance

MOSCOU — La France ouvre samedi le bal des matchs à élimination directe du Mondial russe avec l’affrontement au sommet en huitièmes de finale face à l’Argentine, tandis que la planète foot scrutera le duel à distance entre les géants Lionel Messi et le Portugais Cristiano Ronaldo. S’ils gagnent tous deux, ils se retrouveront le 6 juillet en quart de finale. Pour un duel direct, cette fois.

France c. Argentine (10h)

Vice-champions d’Europe contre vice-champions du monde : l’affiche a fière allure, malgré les débuts en demi-teinte des deux équipes dans cette Coupe du monde. D’une part la France, qui a assuré l’essentiel en finissant première de son groupe avec deux victoires (Australie 2-1 et Pérou 1-0), mais bien poussive dans le jeu. De l’autre, une Argentine passée à un fil de l’élimination après un début de compétition catastrophique.

En Argentine, on juge le collectif français supérieur à l’équipe de Jorge Sampaoli, mais c’est l’attaque française qui préoccupe le plus. «La France est favorite, pas très supérieure, mais supérieure. L’Argentine est un adversaire compliqué, imprévisible, et dispose d’une arme fatale, Messi», considère Eduardo Barraza, directeur du média digital Bitbol.

Un joueur comme Messi «peut élever son niveau et décider du sort du match», a d’ailleurs reconnu le gardien et capitaine français Hugo Lloris. Vendredi, le «No pasara» à la une du quotidien français L’Équipe avec un montage photo de Messi cerné de cinq Bleus a largement circulé sur les réseaux sociaux. 

La France devra en tout cas produire du jeu, cette fois, d’autant que les immenses lacunes défensives de l’Argentine, symbolisées par la correction de 0-3 infligée par la Croatie en phase de groupes, pourraient profiter à un Antoine Griezmann, lui aussi décevant et très attendu.

Uruguay c. Portugal (14h)

Quatre heures plus tard et 2000 km plus loin, le meilleur ennemi de Leo Messi, Cristiano Ronaldo, tentera de confirmer son début de Mondial tonitruant avec le Portugal. À condition de ne pas oublier, dans son duel à distance, jalon de plus dans une décennie de rivalité, ses adversaires du jour : l’Uruguay, première de son groupe avec neuf points et, surtout, aucun but encaissé.

Il s’agira là d’un duel qui s’annonce bien moins flamboyant. Les deux équipes mettent surtout en avant la rigueur défensive.

«Je comprends que cela puisse vous préoccuper de savoir si ce match va être ennuyeux, mais cela ne nous passe même pas par la tête. Si c’est ennuyeux et qu’on gagne, on ne se plaindra pas!» a déclaré vendredi le sélectionneur de l’Uruguay Oscar Tabarez. 

«La meilleure qualité de l’Uruguay, c’est d’être l’Uruguay. Leur sélectionneur est là depuis 12 ans, il a l’expérience et le talent», a observé son vis à vis portugais Fernando Santos. 

Ce sera donc un vrai match couperet, verrouillé et indécis, avec Ronaldo — il n’a jamais marqué au-delà des phases de groupe lors de ses rois précédents Mondiaux — et le duo uruguayen Cavani-Suarez pour dévérouiller le match. Pour le beau jeu, sans doute faudra-t-il repasser. Mais pour le combat, c’est la bonne affiche!

+

EN BREF

Combien seriez-vous prêt à payer pour un Mondial?

Revenus, congés payés... que seriez-vous prêt à sacrifier pour voir votre équipe gagner la Coupe du monde? C’est la question que la Banque ING a posé aux supporteurs de neuf pays différents. Le résultat est sans surprise : les Sud-Américains mènent le jeu, loin devant les Français. Ainsi, les Argentins seraient prêts aux plus grands sacrifices : 41 % donneraient 1 % de leur salaire annuel pour que l’Albiceleste remporte le Mondial, contre un quart des Brésiliens. Les Français semblent moins fervents : ils sont «seulement» 14 % à se dire prêt à sacrifier une partie de leur revenu annuel. 

***

Le fil rouge de la maman de Messi

Un penalty raté, une défaite cuisante face à la Croatie... La Coupe du monde de Lionel Messi a mal commencé. Mais «La Puce» a retrouvé son niveau lors du dernier match de groupe, face au Nigeria, pour aider l’Argentine à se qualifier pour les huitièmes de finale. Le secret de cette renaissance? Un journaliste de la chaîne de télévision Telefé lui a offert un ruban rouge, envoyé par sa mère, pour éloigner le mauvais œil. Après la rencontre, interrogé sur sa performance, Messi a simplement montré son mollet gauche, autour duquel était entouré... le fameux ruban rouge. Les Bleus sont prévenus.

***

Le chiffre du jour : 335 

Nombre «d’incidents qui  ont fait l’objet d’une vérification» par l’équipe d’assistance vidéo à l’arbitrage lors du premier tour», a annoncé vendredi la FIFA. Au final, 95 % des décisions arbitrales étaient correctes, mais les 14 changements de décisions décidés après recours à la VAR font grimper le pourcentage de bonnes décisions à 99,3 %. Au cours de ces 48 premiers matchs du Mondial, les 122 buts de la phase ont notamment été vérifiés. Au total il y a eu 6,9 visionnages par match en moyenne.  Le temps moyen pour un recours à la VAR a été de 80 secondes lors de ce Mondial, le premier avec le recours à l’assistance vidéo à l’arbitrage.

***

No hablo español

Didier Deschamps (photo) prépare-t-il ses joueurs les plus inexpérimentés aux provocations, à l’extra-sportif, face à une équipe comme l’Argentine, considérée comme expérimentée en la matière? «Les paroles... j’ai peu de joueurs qui comprennent l’espagnol, donc c’est parfait», a répondu le sélectionneur de France dans un sourire. À vrai dire, plusieurs dans son onze-type maîtrisent la langue de Cervantès, ceux qui évoluent en Espagne (Hernandez, Varane, Umtiti, Griezmann) ou encore Paul Pogba. Les Argentins, «c’est des combattants, mais je n’envisage pas qu’il puisse se passer des choses qui ne soient pas acceptables sur le terrain. Il y a des duels, il peut y avoir des accrochages, mais ça reste le terrain. Mais c’est un type de foot qu’on a déjà joué et qui est spécifique», a relativisé «DD».