Tous les indices laissent croire qu’après avoir amorcé les trois premiers matchs de son équipe, le vétéran Samuel Chénard ne sera pas le quart partant du Rouge et Or face à McGill.

Chénard n’avait pas le goût de jaser

Même si le personnel d’entraîneurs de l’équipe de football du Rouge et Or de l’Université Laval n’a encore rien confirmé quant au nom du quart-arrière partant dimanche contre McGill, tout semble toujours pointer vers un premier départ de la recrue Thomas Bolduc alors que le vétéran Samuel Chénard débuterait la partie sur le banc.

Vendredi, après l’entraînement du Rouge et Or où Bolduc faisait encore partie du groupe 1, Samuel Chénard n’a pas voulu répondre aux questions du Soleil. «Je ne donnerai pas d’entrevue aujourd’hui», a répondu poliment celui qui a débuté les trois premiers matchs de l’équipe cette année. Il n’avait visiblement pas la tête à jaser...

C’était tout le contraire pour Bolduc, qui était d’excellente humeur. En véritable gentleman et joueur d’équipe, il a d’abord refusé de confirmer si ses entraîneurs l’avaient bel et bien désigné comme partant dimanche. «Je vais laisser ça à Justin [Ethier, le coordonnateur de l’offensive lavalloise].»

Par contre, le quart de 20 ans a confirmé au Soleil que son père André, entraîneur des demis à l’attaque des Alouettes de Montréal et ex-entraîneur du Vert & Or de Sherbrooke, allait être présent au match.

«Il a vu une seule partie du Rouge et Or cette année, quand nous avons affronté les Stingers à Concordia. Pour les autres matchs, les Alouettes jouaient en même temps que nous», a-t-il expliqué.

Le paternel fier

Le paternel serait semble-t-il très fier de la progression de fiston, qui était l’an dernier le quart-arrière des Cougars du Cégep Champlain-Lennoxville. «Il était très content pour moi quand je lui ai dit que je m’entraînais avec le groupe 1. Il m’a dit que c’était le fruit de mon travail et de mes efforts depuis plusieurs mois.»

Bolduc a aussi fait beaucoup d’analyse de bandes vidéo afin de se préparer à la partie contre l’équipe de l’Université McGill. «Justin a pris beaucoup de temps avec moi cette semaine pour analyser les tendances de McGill», a commenté le nouveau venu qui a visiblement très hâte d’enfin voir de l’action en situation de match.

La dernière fois où le Rouge et Or a envoyé dans la mêlée un quart-arrière de première année était le début de la saison 2014, quand un certain Hugo Richard avait pris la relève d’Alex Skinner, suspendu par l’équipe. Richard n’a jamais quitté son poste et a mené Laval à deux conquêtes de la Coupe Vanier, en 2016 et 2018, en cinq saisons avec le Rouge et Or.

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TROUVER UN MOYEN DE COURIR

Pour le porteur de ballon Vincent Breton-Robert, le dernier match contre les Carabins de l’Université de Montréal a été fort différent de celui qui l’avait précédé. Passé de 134 verges au sol contre les Stingers de Concordia à seulement 33 contre l’ennemi bleu et blanc, le natif de Saint-Anselme verra à corriger le tir.

«Ce n’est pas évident de courir sur un front de sept ou huit joueurs mais il faudra trouver un moyen de le faire. Nous avons une bonne ligne à l’attaque, alors il faudra être capables de passer et aussi de courir contre n’importe quelle équipe», analyse le numéro 27, qui admet que la stratégie des Carabins a un peu déstabilisé les siens mais qu’il y avait tout de même moyen d’en profiter. «Ça change les angles de blocs pour les joueurs de ligne offensive mais, en même temps, ça ouvre à d’autres endroits.»

Vincent Breton-Robert estime aussi que samedi, non seulement les Carabins étaient prêts, mais le Rouge et Or a affiché certains manques au niveau de l’exécution en plus de perdre la bataille des revirements.

«Cette semaine, je crois qu’on sera mieux outillés même si McGill décide d’utiliser la même tactique que les Carabins car on a travaillé beaucoup là-dessus à l’entraînement», poursuit-il.

Quant à la situation du quart-arrière partant, Samuel Chénard, qui pourrait être remplacé pour le match de dimanche, Breton-Robert indique qu’il est prêt à tout. «Ce n’est pas notre décision et nous avons entièrement confiance en ceux qui prennent les décisions. Pour cette raison, nous devons être préparés à toutes les éventualités», a-t-il résumé.

Même si le prochain adversaire du Rouge et Or est McGill, on sent cependant que Breton-Robert et ses coéquipiers ont hâte de sauter de nouveau dans la mêlée contre les Carabins le 20 octobre. «Cette défaite nous a recentrés sur nous-mêmes. On va travailler très fort pour être prêts car on a très hâte de les retrouver.»

Sans Jonathan

Par ailleurs, Vincent Breton-Robert disputera dimanche un second match sans son frère jumeau, le receveur de passes Jonathan Breton-Robert qui soigne une blessure à l’aine. 

«Il a joué les deux premiers matchs, mais il a arrêté ensuite en raison de sa blessure. Il profitera aussi de la fin de semaine suivante lors de laquelle nous n’avons pas de match à l’horaire», poursuit-il en indiquant que Jonathan devrait normalement être de retour au jeu le 6 octobre lors de la visite des Stingers de Concordia au Stade Telus. Ian Bussières

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MBEMBE CONTRE SON AMI SINODINOS

L’une des recrues les plus efficaces de l’équipe de football du Rouge et Or de l’Université Laval, le joueur de ligne défensive Arnold Mbembe, vivra une situation assez particulière contre McGill dimanche. L’ancien des Cheetahs du Collège Vanier se retrouvera face à face avec son ami Dimitrios Sinodinos, avec qui il a joué deux ans dans les rangs collégiaux.

«Ce n’est pas seulement un ex-coéquipier, c’est aussi un bon ami», confiait Mbembe jeudi lors de la conférence de presse hebdomadaire du Rouge et Or. Les deux camarades se sont d’ailleurs revus il y a deux semaines comme spectateurs lors du match opposant leur ancienne équipe aux Spartiates du Vieux-Montréal. «Oui, on a jasé de football, mais je ne lui ai pas demandé leurs schemes offensifs. On a plutôt parlé de nos bons moments à Vanier», a-t-il déclaré avec un sourire en coin.

Pour la recrue, qui doit travailler fort chaque semaine pour se tailler un poste au sein de la formation partante, l’expérience du football universitaire demeure très stimulante. «Le fait de devoir gagner ma place à chaque match, ça m’incite à être meilleur, ça me motive toujours de ne pas prendre rien pour acquis. Pour moi et pour tous les jeunes de la brigade défensive, c’est une pression positive. On aime bien apprendre de «coach» Glen», poursuit-il en mentionnant l’entraîneur-chef Glen Constantin. 

Attaque aérienne

Habitué de tenter de couper les passes de l’adversaire, Mbembe s’attend aussi à ce que le prochain adversaire du Rouge et Or, l’Université McGill, mise sur l’attaque aérienne. «C’est leur stratégie depuis le début de la saison et avec notre match contre Montréal, il faut s’attendre à ça. C’est toujours un défi intéressant pour les «pass rushers» comme moi. On aime être tenus occupés», résume-t-il en ajoutant qu’il est convaincu d’être capable de faire plus et mieux lors de chaque match.

«Chaque semaine, ma technique devient meilleure. Quand je suis arrivé, je misais davantage sur mes qualités, mais quand tu es plus fatigué, c’est vraiment la technique qui te fait gagner», résume-t-il. Ian Bussières