Charline Labonté a remporté quatre médailles d'or olympiques en portant les couleurs de l'équipe canadienne de hockey féminin.

Charline Labonté prête pour un nouveau défi

Elle a beau s'y préparer depuis près d'un an, Charline Labonté avoue qu'elle est quelque peu effrayée à l'idée de ranger son équipement de gardienne pour de bon et d'entreprendre une nouvelle carrière qui, espère-t-elle, saura lui procurer autant de plaisir que le hockey.
La quadruple médaillée d'or olympique, qui aura 35 ans le mois prochain, avait déjà annoncé l'année dernière qu'elle ne tenterait pas de gagner sa place au sein de l'équipe nationale en vue des Jeux olympiques de Pyeongchang en février 2018. Lundi matin, elle a confirmé sa retraite du hockey féminin pour se consacrer à sa nouvelle carrière en restauration.
«Ça fait longtemps que j'y pense. C'est important en tant qu'athlète amateur de préparer ce moment-là et d'être prête à faire face à la vraie vie. Surtout qu'au hockey féminin, on ne peut pas encore vivre de ça. J'ai donc essayé de bien me préparer. Mais je réalise que, peu importe ce que tu fais, tu ne peux jamais être vraiment prête à ça», a reconnu Labonté, quelques minutes avant de faire l'annonce de sa retraite dans un café-restaurant, où elle envisage de travailler à la fin de son stage.
«Le hockey, sans être mon identité, c'est quand même une bonne partie de mon identité. Une fois que tu mets ça de côté, tu te dis: 'Maintenant, qu'est-ce que je fais? Quelles sont mes autres passions, mes prochains rêves à réaliser?'. C'est beaucoup de questionnement.»
Après avoir obtenu un diplôme en éducation physique et une maîtrise en psychologie sportive à l'Université McGill, Labonté a compris qu'elle devait encore trouver une carrière qui pourrait la passionner pour la suite de sa vie active.
«La psychologie sportive, ça me plaît et c'est quelque chose que je pratique occasionnellement comme consultante. Mais j'avais l'impression que j'avais besoin d'un défi qui m'allumerait vraiment. Et la seule chose qui me venait à l'esprit, c'est la cuisine.»
Elle a donc entrepris en novembre l'an dernier un cours à l'École des métiers de la restauration et du tourisme de Montréal (ÉMRTM), l'une des plus réputées en la matière. Maintenant qu'elle a complété son cours, elle envisage de travailler avec la chef Vanessa Trahan, elle-même diplômée de l'ÉMRTM, au café-restaurant Les Demoiselles.
«Je suis consciente qu'il me sera difficile de trouver un travail qui va me passionner autant que le hockey. Beaucoup de gens font un travail qui les intéresse plus ou moins. Je ne veux pas en faire partie. Je veux faire quelque chose qui va m'allumer à tous les matins.»
Aucun regret
Obligée de jouer au sein d'équipes masculines à Boisbriand car «à l'époque, il n'y avait pas de hockey féminin», Labonté est devenue seulement la deuxième gardienne de but à évoluer au sein de la Ligue de hockey junior majeur du Québec après avoir été repêchée par les Titans d'Acadie-Bathurst. Elle croyait que l'aventure serait de très courte durée, mais elle a finalement participé à 26 rencontres pendant la saison 1999-2000, surtout à titre de substitut.
«Dans les circuits mineurs, j'étais la seule fille au sein de mes équipes, s'est-elle rappelée. Partout où j'allais, on me regardait un peu de travers. Mais personnellement, j'ai toujours eu un plaisir immense. C'était ça l'important. Et ça s'est poursuivi tout au long de ma carrière. J'ai été très privilégiée de me rendre jusqu'à l'équipe nationale et de gagner des médailles olympiques. Mais à la base, c'est le plaisir de faire ce qui me passionnait.»
En 30 ans dans le hockey, les bons souvenirs se bousculent dans sa tête et elle a bien du mal à isoler l'événement le plus marquant de sa carrière. 
«Je chéris ma présence aux Jeux du Canada en 1999 au sein de la délégation du Québec. C'est un point tournant pour moi, car c'est là que je me suis fait remarquer. Il y a aussi le fait d'avoir été repêchée dans la LHJMQ et de disputer une saison complète avec le Titan. Ça demeure une expérience exceptionnelle.
«Et il y a bien entendu les quatre médailles d'or olympiques. La plupart des gens ne voient que le résultat, soit les médailles d'or. Mais pour nous, on se rappelle de tout ce qu'on a vécu pour en arriver là. Les obstacles, les défaites, les blessures.»
Sa médaille d'or préférée demeure celle de Turin, en 2006, où elle a eu la chance de disputer la demi-finale et la finale.