Même s'il n'a jamais signé de contrat pour évoluer dans le baseball affilié, Charles Tasiaux a eu une carrière longue et fructueuse. Le choix de 31e ronde des Blue Jays de Toronto en 1999 a disputé deux saisons avec des collèges américains évoluant en première division en plus de jouer avec les Alouettes de Charlesbourg, le Rouge et Or de l'Université Laval et au baseball senior. Partout, il a goûté aux joies de la conquête d'un championnat.
Même s'il n'a jamais signé de contrat pour évoluer dans le baseball affilié, Charles Tasiaux a eu une carrière longue et fructueuse. Le choix de 31e ronde des Blue Jays de Toronto en 1999 a disputé deux saisons avec des collèges américains évoluant en première division en plus de jouer avec les Alouettes de Charlesbourg, le Rouge et Or de l'Université Laval et au baseball senior. Partout, il a goûté aux joies de la conquête d'un championnat.

Charles Tasiaux: une carrière longue et fructueuse

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Charles Tasiaux n’a peut-être pas réalisé son rêve ultime de jouer dans le baseball affilié. Mais il peut se vanter d’avoir eu une carrière longue et fructueuse. Le grand lanceur de 6’5'' a non seulement joué quelques années dans le baseball senior après avoir évolué dans la LBJEQ et la ligue universitaire, mais partout où il est passé, il a savouré des championnats.»

«Je suis très fier de mon parcours», explique Tasiaux qui a porté les couleurs des Alouettes de Charlesbourg pendant cinq saisons. «C’est certain que j’aurais vraiment aimé vivre l’expérience du professionnel du baseball affilié. J’ai plusieurs anciens coéquipiers qui ont eu cette opportunité. J’aurais vraiment aimé avoir la chance de jouer à ce niveau-là. Mais ne pas avoir réussi n’est pas vraiment un regret. Ça ne m’empêche pas de vivre.»

Tasiaux avait vu les portes du baseball affilié s’ouvrir à lui en 1999 quand les Blue Jays de Toronto en avaient fait leur choix de 31e ronde (943e au total). L’organisation torontoise lui avait ensuite trouvé une place dans un programme première division, soit le Seminole State College, en Oklahoma, où il avait poursuivi ses études parallèlement à sa carrière de baseballeur

«Dès mon arrivée là-bas, je me suis rendu compte qu’à âge équivalente, les joueurs américains avaient beaucoup plus de bagages parce que contrairement à moi, ça faisait un bon bout de temps qu’ils étaient sur le terrain 12 mois par année. J’ai dû m’adapter rapidement. Il a fallu que je prenne les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu.

«J’ai aussi dû travailler fort à l’extérieur du terrain, car j’ai dû m’adapter à mon nouvel environnement. Mon anglais n’était pas très bon quand je suis arrivée à Seminole College. Et j’étais dans un milieu complètement anglophone. Je dirais que ça m’a pris une année avant d’être bien à l’aise.»

À son retour au Québec à l’été 2000, Tasiaux a pu rapidement constater à quel point il avait progressé grâce au volume d’entraînement et de matchs qu’il avait eu au collège. Après avoir aidé les Alouettes à décrocher un sixième championnat, il poursuivit ses études du côté américain au North Central Texas College avec qui il savoura la conquête des Séries mondiales JUCO du baseball collégial en 2001 dans ce qui fut son dernier exploit du côté américain, les Jays ne lui offrant pas de contrat pour qu’il se joigne à un des clubs école de leur organisation.

«Je ne suis pas amer. Au contraire. Mes plus belles années de baseball, je les ai vécues dans les collèges américains. De plus, les Blue Jays ont vraiment fait ce qui était nécessaire afin que je me développe à mon plein potentiel. À preuve, ce sont eux qui m’ont trouvé une place à Seminole State College. Et tout le temps que j’ai été là, ils m’ont suivi, ils sont venus me voir lancer et ils m’ont rencontré. Je n’ai tout simplement pas réussi à les convaincre de m’envoyer à l’étape supérieure.

«J’ai pourtant eu beaucoup d’occasions de me faire valoir au collège lors de gros tournois nationaux dont les Séries JUCO auxquelles j’au pris part deux fois. J’ai aussi été aux Jeux du Canada en 2001. J’ai beaucoup progressé entre le moment où j’ai été repêché et la fin de mes années au collège, mais pas au point d’avoir ce qu’il fallait pour signer un contrat professionnel.»

Interrogé sur ce qui lui avait manqué pour passer à l’étape suivante, Tasiaux a été clair. Parce qu’il mesurait 6’5'' et pesait 220 livres, les Blue Jays avaient vu en lui un grand potentiel. Mais à l’époque, pour espérer accéder aux majeures, un artilleur droitier devait régulièrement lancer des balles dont la vitesse était supérieure à 90 mph. Et la vitesse moyenne des tirs du Québécois s’est toujours située entre 85 et 90 mph.

«J’avais une bonne rapide, mais je n’étais pas dans les standards. Il aurait fallu que dans mon développement je réussisse à atteindre des niveaux supérieurs en termes d’habiletés. Et même si j’ai travaillé très fort, j’ai été incapable d’y arriver. J’ai fait mon possible. Je suis allé au maximum. Malheureusement, ce n’était pas suffisant pour jouer dans le baseball affilié et peut-être atteindre les majeures.»

D’autres beaux moments

Sa carrière dans les collèges américains terminée, c’est dans le défunt programme de baseball du Rouge et Or que Tasiaux, qui étudiait à l’Université Laval en administration, a joué au baseball automnal. Encore une fois, son passage a été pimenté par des expériences mémorables comme la conquête du championnat canadien universitaire de 2001 et 2002 et une participation au championnat du monde de baseball universitaire disputé à Taiwan (2004), une compétition à laquelle ont aussi pris part Marc-André Charbonneau et Patrick Baron. 

«Après mon stage junior, je suis aussi allé à un camp des Capitales. J’avais eu un bon camp, mais on ne m’avait pas offert de contrat. Par la suite, j’ai été invité à faire un ou deux remplacements au sein de l’équipe. Mais je n’ai jamais lancé.»

C’est dans la Ligue de baseball majeur que Tasiaux a ensuite poursuivi sa carrière. Il y a joué quatre saisons au cours desquelles il a compilé un dossier de 19 gains contre 11 revers et présenté une moyenne de points mérités de 2,63. En 196.2 manches, il a réussi 210 retraits au bâton. «Quatre belles saisons pendant lesquelles j’ai notamment eu la chance de prendre part à des championnats canadiens». 

C’est au terme de la saison 2006 que Tasiaux accrochera ses crampons. «J’ai tout simplement décidé de passer à autre chose. À la base, la raison pour laquelle j’avais poursuivi ma carrière dans le baseball senior après mes années juniors, c’est parce que j’aimais jouer, que j’aimais la compétition. À l’âge de six ans, je jouais au hockey et au baseball. Et j’avais continué à pratiquer ces deux sports jusqu’à ce que le baseball prenne toute la place dans ma carrière sportive. Et au baseball, j’étais lanceur. Un peu comme un quart-arrière au football ou un gardien de but au hockey, j’avais une influence directe sur le résultat du match. J’adorais ça. Je vivais de ça. 

«Mais on dirait qu’après quelques années de baseball senior, j’ai comme réalisé que le temps était venu de passer à autre chose. Je pense que j’étais rendu là. J’avais un travail à temps plein, j’étais prêt à passer à autre chose».

Conseiller en gestion aux Aliments Breton à sa sortie de l’université, Tasiaux travaille depuis maintenant une quinzaine d’années comme conseiller en gestion au gouvernement. Toujours aussi passionné de sport, il joue maintenant à la balle-molle avec des amis.

«Je ne suis pas lanceur. J’évolue un peu partout. Pendant un certain temps, j’ai aussi joué au hockey dans une ligue de garage. Maintenant, je ne joue que quelques fois pendant l’hiver. Je préfère m’impliquer auprès de mes trois garçons.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Charles Tasiaux en 2002. Charles Tasiaux a joué pendant cinq saisons avec les Alouettes de Charlesbourg.

Q Fait marquant

R Quand j’ai été repêché par les Blue Jays. Ce fut un beau moment pour moi et pour ma famille. Je vais toujours me rappeler le jour où le téléphone a sonné chez nous. Ce fut spécial. À l’époque, j’avais eu de bons moments à l’ABC. Richard Émond avait parlé à mon père et il lui avait dit que j’avais des chances d’être repêché. Rien de plus. Mais même si plusieurs recruteurs m’avaient vu jouer, aucune équipe ne m’avait contacté. Je n’avais donc pas nécessairement d’attentes quand est arrivé le repêchage. Alors ç’a été une petite surprise d’être choisi par Toronto.

Q Performance marquante

J’ai été chanceux de vivre des championnats avec les Alouettes de Charlesbourg. C’est sûr que l’année 2000, quand je suis revenu après ma première année au collège, est assez marquante. C’est l’année du sixième championnat des Alouettes. J’avais remporté quatre victoires pendant les séries. On avait toute une équipe avec les Guy Roy, Michel Simard, Marc-André Charbonneau, Yannick Bergeron, etc. La confiance de cette équipe-là était à un niveau qui avait grandement contribué à la conquête de ce championnat. Ça avait été un très beau moment.

Q Idoles de jeunesse

R Quand j’étais jeune, je jouais autant au hockey qu’au baseball. Mes idoles étaient plus au niveau du hockey. J’ai toujours admiré les joueurs de grand talent comme Mario Lemieux. Et j’aimais beaucoup les Nordiques et Joe Sakic.

Q Équipe favorite

R Dans le temps, c’était les Expos. J’ai beaucoup suivi les Expos quand j’étais jeune. Quand ils sont partis, ça été plate.

Q Ce dont tu t’ennuies le plus

Je suis un sportif dans l’âme. Et je suis très compétitif. En évoluant à la position de lanceur, j’avais un rôle déterminant dans les matchs. J’adorais ça. Je m’ennuie de ça, de tout le volet compétition mais aussi de tous les liens que l’on développe avec les joueurs, l’esprit d’équipe que l’on bâtit, etc.

Q Choses dont tu ne t’ennuies pas

La qualité des terrains. C’est ce que j’ai toujours déploré au Québec. J’ai eu la chance de jouer aux États-Unis et dans de gros tournois internationaux et en comparaison, les terrains de baseball au Québec, ça fait pitié. Dans mon temps, il n’y avait que le Stade municipal qui était beau. C’était une épreuve de lancer à Henri-Casault. Le monticule était affreux. Aujourd’hui, mes enfants évoluent dans le baseball mineur. L’état des terrains et leur entretien là, c’est hallucinant. Il y a un gros travail à faire sur nos infrastructures.

Q Entraîneurs marquants

Lloyd Simmons, mon gérant à Seminole State College. C’est l’entraîneur qui a gagné le plus de matchs au niveau collégial aux États-Unis. Curieusement, je ne l’aimais pas (rires). C’était un entraîneur qui était très dur. Au collège, c’était un peu un boot camp, un peu comme un régime militaire. Mais il avait tellement d’expérience. Il avait un bagage de baseball incroyable et il connaissait très bien ses joueurs. J’ai tellement appris avec lui. C’était un autre niveau. Au Québec, j’ai eu beaucoup entraîneurs qui m’ont marqué. Un coach que j’ai adoré c’est Jean-François Doré, mon entraîneur dans le pee-wee. Ç’a été des années extraordinaires. On avait remporté les championnats provinciaux à Cap-Rouge et les Championnats canadiens en Colombie-Britannique. C’est un souvenir incroyable.

Q Rêve

R Ma conjointe aime le baseball. Elle m’a toujours suivi et supporté. On parle de temps en temps, elle et moi, de faire une tournée des stades de la côte est américaine. Un bon jour, on va partir et y aller.