Le Monégasque Charles Leclerc, qui a connu du succès partout où il est passé, connaît une saison recrue prometteuse en F1, ce qui lui a valu un siège chez Ferrari.

Charles Leclerc remplacera Räikkönen chez Ferrari

PARIS — Le Monégasque Charles Leclerc sera pilote Ferrari en 2019. Son ascension est fulgurante, mais il garde toujours un œil derrière lui, sur deux personnes qui l’ont forgé.

«Je dois tout à mon père et à Jules [Bianchi]. Je leur dédie chaque course et chaque victoire», a dit le Français de 20 ans, qui remplacera Kimi Räikkönen. Âgé de 38 ans, le Finlandais, champion du monde en 2007, retournera chez Sauber... où il avait débuté en 2001.

Leclerc est né le 16 octobre 1997 à Monte-Carlo d’un père, Hervé, qui a été pilote de Formule 3 et qui est mort en 2017, à l’âge de 54 ans. Il a la course automobile dans le sang.

Le troisième Monégasque à accéder à la F1, après Louis Chiron et Olivier Beretta (9 GP en 1994, dans une Larrousse), a découvert le karting à l’âge de quatre ans sur le circuit du père de Jules, le meilleur ami de son propre père, un jour où il ne voulait pas aller à l’école.

«En rentrant, j’ai dit à mon père que c’était ce que je voulais faire quand je serais plus grand», avait-il raconté en marge des essais de présaison.

Rapidement, Charles se mesure à Jules, de huit ans son aîné. Son «exemple» et son mentor fera ses débuts en F1 en 2013 avant de perdre la vie en 2015, des suites d’un accident survenu au Grand Prix du Japon début octobre 2014.

Leclerc commence la compétition en karting en 2005. «J’ai tout de suite voulu gagner. Je n’appréhendais pas ça comme un match de tennis le dimanche», se souvient-il.

Parcours «quasi parfait»

Leclerc, épaulé par le gérant de Bianchi, Nicolas Todt — le fils de Jean Todt, président de la Fédération internationale de l’automobile et ancien patron de la Scuderia —, passe à la monoplace en 2014 et poursuit son parcours «quasi parfait», selon le directeur de Sauber, Fred Vasseur, avec qui le Monégasque a remporté le titre en GP3 en 2016 au sein de l’équipe ART Grand Prix.

«Charles a eu de bons résultats dans toutes les catégories junior», détaille Vasseur. «Il a gagné de façon hyper brillante le Championnat de F2 l’an dernier [en 2017], et les pilotes qui ont gagné en F2 en étant recrue, il n’y en a pas tant que ça.»

En 2018, pour ses débuts en F1, rien n’altère non plus sa trajectoire parfaite. Il termine sixième dès le quatrième GP de l’année, en Azerbaïdjan, et s’attire les projecteurs, pour ne plus les quitter. Car en 2019, il rejoindra bien Ferrari, où il épaulera l’Allemand Sebastian Vettel, quadruple champion du monde, au sein de l’écurie la plus prestigieuse du paddock.

Le jeune homme, qui se décrit comme «assez émotionnel», devra donc maîtriser ses nerfs. Leclerc assure avoir beaucoup mûri au cours des dernières années «qui ont été très difficiles émotionnellement». «Ça m’a renforcé et, maintenant, je ne suis même pas sûr que ça soit encore un défaut.»

En 2017, Leclerc perd son père, mais s’aligne tout de même, quelques jours plus tard, sur le circuit de Bakou (Azerbaïdjan), où il décroche la pole position et gagne en Formule 2, dans l’antichambre de la F1. «La plus grande réussite de ma carrière», dit-il.

Vasseur, lui, ne croit pas du tout que son émotivité est un défaut. «Il est capable de s’énerver après une séance qui ne s’est pas bien passée. Mais il est capable aussi de repartir dix minutes après en ayant tout oublié. C’est une qualité que peu de pilotes ont.»

«Je suis très honnête avec moi-même. Si je fais un boulot dont je ne suis pas content, je le dis franchement», explique Leclerc. «Et j’analyse le plus possible ce que je fais sur la piste pour essayer de le changer le plus rapidement possible».

«Il est hyper-charismatique malgré son jeune âge», ajoute Vasseur. «Du karting à la F2, Charles a toujours été quelqu’un qui a réussi à tirer l’équipe avec lui. Il faut qu’il garde cette approche-là».

Jusqu’où ira-t-il avec Ferrari? Leclerc, lui, connaît sa destination : «Le rêve ultime est de remporter le Championnat du monde».