Charles Bronfman (deuxième à partir de la droite) a été intronisé au Temple de la renommée du baseball québécois, samedi. On peut voir aussi sur la photo, de gauche à droite, Denis Lévesque, Daniel Levasseur (représentant son frère), Stephen et Sam Bronfman, fils et petit-fils de l'ancien propriétaire des Expos.

Charles Bronfman, nostalgique et fier

Présent au Stade Canac, samedi soir, pour son intronisation au Temple de la renommée du baseball québécois, l'ancien propriétaire des Expos Charles Bronfman s'est rappelé avec nostalgie l'époque de Nos Amours. «C'était une grande romance que le Québec a eue avec les Expos. Malheureusement, cela a dû être interrompu.»
Père fondateur des Expos, en 1969, Charles Bronfman a possédé l'équipe jusqu'en 1990. Accompagné de son fils Stephen et son petit-fils Sam, l'homme d'affaires a été intronisé, en marge de l'affrontement Capitales-Miners, en début de soirée, samedi. 
«La semaine passée, c'était Tim Raines dans un autre temple, maintenant, c'est nous», a lancé l'octogénaire avec un sourire au sujet de la cohorte 2017 du Temple de la renommée du baseball québécois, complétée par le journaliste Ian MacDonald, l'arbitre Denis Levasseur, et le bâtisseur à Baseball Québec Denis Lévesque. 
Charles Bronfman, qui est également au Temple de la renommée du baseball canadien, a tenu à partager la distinction avec les équipes de gestion et direction qui l'ont entouré durant ses 21 ans avec les Expos. «C'était un travail d'équipe. Tu n'obtiens pas de succès uniquement parce que tu l'espères et que quelqu'un te donne une franchise. Mais nous avions une très bonne idée que les Montréalais allaient affluer vers le stade.»
Il s'est rappelé avec nostalgie le premier match de l'histoire des Expos. «C'était à New York, en avril 1969. Durant l'hymne national, nous avions des larmes plein les yeux.»
Stade olympique : «un désastre»
Le parc Jarry, où les Expos ont joué jusqu'à 1976, «était un endroit magnifique où l'on a eu beaucoup de plaisir», c'est souvenu l'ex--propriétaire, étant beaucoup moins flatteur au sujet du Stade olympique. «La vie est devenue sérieuse quand, malheureusement, on a eu à partir au Stade olympique. Ça a éventuellement été un désastre.»
En marchant à travers le Stade Canac, passant de joueur en joueur des Capitales en leur demandant leur nom, M. Bronfman ne pouvait s'empêcher de constater que l'héritage des Expos est encore bien vivant, malgré leur déménagement à Washington, à l'issue de la saison 2004. 
«Je pense que les Capitales sont un legs de la présence des Expos au Québec. Les Blue Jays ne seraient pas non plus dans les Ligues majeures, n'eût été les Expos», a pointé le milliardaire. 
Également présent, son fils Stephen, qui pilote le groupe d'actionnaires montréalais tentant de ramener les Expos à Montréal, a affirmé que le dossier continuait d'avancer. «Tout bouge dans la bonne direction. On a une équipe de gens passionnés, à Montréal, et le maire Coderre est très impliqué. Le dossier n'est pas entre nos mains présentement, mais on est là et l'on est prêt. Espérons qu'un jour ça va se réaliser.»
À 86 ans, Charles Bronfman n'est toutefois pas tenté de s'impliquer dans ce nouveau projet avec son fils. «Ce serait magnifique si les Expos reviennent, mais je suis trop vieux pour m'en faire avec ça. Il ne fait toutefois aucun doute que les gens aiment encore le baseball au Québec. Sinon il n'y aurait pas encore tant de gilets et de casquettes des Expos qui se vendent dans la province.»