Ébranlé par les récents référendums en Europe et au Canada, le CIO a décidé que les prochaines candidatures devront être soumises à un référendum local avant de pouvoir participer au processus d’octroi des Jeux olympiques.

Changements radicaux dans le processus d’octroi des Jeux olympiques

LAUSANNE — Des Jeux olympiques qui seront présentés dans plusieurs villes, ou encore plusieurs pays. Des candidatures qui seront régulièrement sollicitées. Des villes qui pourraient être recommandées, sans adversaire.

Des changements radicaux dans le processus de sélection d’une candidature pour l’obtention des Jeux olympiques ont été présentés mercredi. Ces démarches ont été entreprises par le Comité international olympique (CIO) dans l’espoir d’éviter les manchettes négatives, de se mettre à dos les contribuables à la suite d’échecs référendaires — comme ce fut le cas à Calgary l’automne dernier — et les dépenses excessives pour construire des éléphants blancs.

Ébranlé par les récents référendums en Europe et au Canada, le CIO a décidé que les prochaines candidatures devront être soumises à un référendum local avant de pouvoir participer au processus d’octroi des Jeux olympiques.

«Nous ne pouvons, comme je l’ai déjà mentionné, continuer d’être éclaboussés de la sorte», a déclaré le membre du CIO John Coates, en rappelant que des réformes avaient déjà été mises à l’essai dans le processus d’octroi des Jeux olympiques d’hiver de 2026.

Lundi, la candidature de Milan-Cortina d’Ampezzo, dans le nord de l’Italie, a vaincu celle de Stockholm-Äre, laquelle comprenait un partenariat entre la Suède et la Lettonie pour l’utilisation de sa piste de bobsleigh. Toutefois, pendant le processus d’octroi, les appuis des gouvernements municipaux et nationaux ont été mis à rude épreuve.

Les éventuelles villes qui souhaitent présenter leur candidature pour l’obtention des Jeux olympiques devront inclure dans leur projet des installations qui existent déjà ou qui seront temporaires, et seront encouragées à éviter les projets de construction faramineux.

Une nouvelle campagne promotionnelle plus flexible, avec de nouveaux échéanciers, entraînera également l’abolition d’un règlement qui stipule que la ville candidate doit être choisie sept ans avant la tenue des Jeux olympiques d’été ou d’hiver.

Ce règlement a déjà été contourné en 2017, lorsque la ville de Los Angeles a été sélectionnée 11 ans avant la présentation des Jeux olympiques d’été de 2028.

Peut-être pas d’élection

Le nouveau processus d’octroi entraînera la création de nouveaux comités olympiques — un pour les Jeux d’été, l’autre pour ceux d’hiver —, qui seront responsables de recommander une candidature ou plus pour une élection.

Cette décision s’inscrit dans la volonté du président du CIO Thomas Bach d’éviter de faire «trop de perdants» — une phrase qui avait été dite pour la première fois lors du processus d’octroi des Jeux de 2024, au cours duquel deux villes ont été récompensées. Paris a reçu ceux de 2024, et Los Angeles ceux de 2028.

Ces nouveaux comités pourront «discuter de manière ininterrompue» avec des comités organisateurs potentiels, ou même entamer des discussions de leur propre chef avec des villes intéressantes aux yeux du CIO. Ces nouveaux comités relèveront directement du comité exécutif — sur lequel siège Bach — , qui aura la responsabilité de sélectionner ses membres.

Coates a ajouté que l’objectif de ce processus est de «développer un réseau continu» de candidatures, qui ira même au-delà du processus d’octroi des prochains Jeux olympiques.

La nouvelle philosophie du CIO dans le processus d’octroi des JO survient à la suite de l’élection de Bach en septembre 2013, et après que la Russie ait dépensé 51 milliards $ pour la construction d’installations et d’infrastructures en vue des Jeux olympiques de Sotchi en 2014.