Lindsey Vonn a chevauché une porte en déséquilibre lors du super-G des championnats du monde, mardi, et sa course a alors pris fin. Elle­ s’est rapidement relevée après la chute et elle a descendu la piste par elle-même après avoir reçu des soins de la part du personnel médical.

Championnats du monde: Lindsey Vonn victime d’une autre chute

ARE, Suède — L’une des constantes de la carrière de Lindsey Vonn est la façon dont elle a rebondi après des accidents majeurs.

Il n’est donc peut-être pas surprenant que la skieuse la plus titrée de tous les temps participe à sa dernière course avant de prendre sa retraite à la suite d’une nouvelle chute dans les filets de sécurité.

Vonn a chevauché une porte en déséquilibre lors du super-G des championnats du monde, mardi, et sa course a alors pris fin.

«J’ai l’impression d’avoir été frappée par un semi-remorque, a déclaré Vonn en riant. Mes genoux sont dans le même état qu’avant la course, alors ça va. J’ai eu le souffle coupé, j’ai mal aux côtes, à la nuque. Mais tout sera parfait dimanche.»

Vonn s’est rapidement relevée après la chute et elle a descendu la piste par elle-même après avoir reçu des soins de la part du personnel médical. Ensuite, elle s’est assise et a répondu aux questions des journalistes lors d’une conférence de presse d’une demi-heure.

Vonn, âgée de 34 ans, meneuse de tous les temps pour les victoires en Coupe du monde chez les dames, a annoncé la semaine dernière qu’elle prendrait sa retraite après avoir disputé le super-G et la descente aux championnats du monde.

«Ne me comptez pas pour battu, a affirmé Vonn. J’ai encore une chance. Peut-être que je réussirai un miracle, peut-être pas ... Je vais faire de mon mieux. Ma chute ne signifie pas que je ne peux pas me reprendre.»

La longue histoire d’accidents de Vonn comprend d’épouvantables chutes aux Jeux olympiques de Turin en 2006 et aux mondiaux en 2013. Ses jambes sont si mal en point qu’elle sera opérée pour une septième fois peu après son départ à la retraite — pour réparer son ligament du genou gauche déchiré à l’entraînement en novembre.

«J’ai besoin d’une reconstruction complète. Espérons que ce sera ma dernière intervention chirurgicale», a déclaré Vonn.

La retraite, une question de temps

Vonn envisageait de prendre sa retraite en décembre prochain, mais a devancé sa dernière course après avoir réalisé le mois dernier à l’issue d’un super-G en Italie que ses genoux ne pouvaient tout simplement plus tenir le coup. Elle a discuté des risques à long terme pour sa santé avec ses médecins.

«C’est foutu. Je le sais depuis trois ans maintenant, a déclaré Vonn. Ce n’est qu’une question de temps. L’analogie qu’on m’a faite c’est qu’il ne me reste qu’un certain nombre de pas. Et je sais que j’ai dépassé la limite. Je sais que je souffrirai toute ma vie, mais je ne la changerais pas ... Je n’ai plus ni cartilage ni ménisque, j’ai des tiges, des plaques et des vis. Mais tout va bien entre les deux oreilles, c’est tout ce qui compte.»

Vonn a rapidement compris pourquoi elle avait chuté. Quand elle a chevauché la porte, le panneau fixé entre les deux poteaux s’est détaché et s’est collé à ses bottes. Quand elle a chuté, elle a glissé tête première, utilisant ses mains pour ne pas frapper la neige, puis s’est immobilisée dans les filets.

«J’avais la bonne ligne en abordant le virage, mais ce n’était pas vraiment lisse et je pense qu’un de mes skis s’est accroché et m’a envoyé dans le panneau, a-t-elle expliqué.

«J’ai immédiatement pensé, “Oh merde, pourquoi suis-je encore dans les filets? Pourquoi suis-je ici? Je suis trop vieille pour tout ça.”»

Vonn portait un dispositif de coussin gonflable de sécurité sous sa combinaison de course, qui s’est gonflée lorsqu’elle a chuté et qui a atténué le choc lorsqu’elle a touché le filet de sécurité.

Sur un parcours très technique, de nombreuses autres concurrentes ont été incapables de compléter l’épreuve. Sa coéquipière américaine, Laurenne Ross, a également chuté et des 43 partantes, 14 n’ont pas terminé.

***

Le podium du super-G des championnats du monde de ski alpin était composé de Sofia Goggia (à gauche), médaillée d’argent, Mikaela Shiffrin (au centre), médaillée d’or, et de Corinne Suter, médaillée de bronze.

SHIFFRIN SACRÉE CHAMPIONNE

Le sourire de satisfaction sur le visage de Mikaela Shiffrin a rapidement fait place à un regard d’inquiétude pour sa coéquipière américaine Lindsey Vonn.

Quelques secondes après que Shiffrin eut complété sa performance victorieuse au super-G des championnats du monde de ski alpin, Vonn a été victime d’une vilaine chute.

«Croisons-nous les doigts et souhaitons-lui bonne chance. C’était moche comme chute, a précisé Shiffrin lors d’une entrevue en s’adressant à la foule au bas de la piste. Elle est entrée solidement dans les filets. Espérons qu’elle va bien.»

Pour Shiffrin, double championne olympique qui n’est pas très loin derrière Vonn sur la liste des victoires de tous les temps, il s’agissait de sa première médaille majeure aux mondiaux dans une épreuve de vitesse.

Imbattable

Shiffrin a été imbattable en super-G toute la saison, remportant les trois épreuves de la Coupe du monde dans lesquels elle était inscrite et en tête du classement de la discipline.

Néanmoins, cette victoire n’a pas été sans complications : Shiffrin a dévié de la ligne de course dans la partie inférieure du parcours, a agité les bras en l’air pour ralentir et a franchi de peine et de misère la porte suivante, en touchant le côté.

Elle a terminé avec 0,02 seconde d’avance sur l’Italienne Sofia Goggia, championne olympique de descente. La Suissesse Corinne Suter a terminé troisième avec un retard de 0,05 seconde sur un parcours raccourci à cause des vents violents.

Valérie Grenier, de Mont-Tremblant, a signé la meilleure performance dans la camp canadien avec une 19e place, à 1,78 seconde de Shiffrin. Marie-Michèle Gagnon, de Lac-Etchemin, a fini à la 21e position.