Julian Alaphilippe a mis fin, lundi, à la plus longue disette du cyclisme français qui attendait un maillot jaune depuis cinq ans.

Champagne pour Alaphilippe!

EPERNAY — Victoire et maillot jaune : Julian Alaphilippe a lancé une offensive de grand style dans les côteaux de Champagne pour faire coup double dans la troisième étape du Tour, lundi, à Epernay.

Pour la première journée en France, le numéro un mondial a tout fait pour toucher le cœur du public. Il a mis fin à la plus longue disette pour le cyclisme français qui attendait un nouveau maillot jaune depuis cinq ans (Tony Gallopin en 2014).

«Le public me le rend bien, merci à tous», a dit le coureur français le plus populaire depuis qu’il a enflammé le Tour 2018 en gagnant deux étapes, l’une dans les Alpes, l’autre dans les Pyrénées, et le maillot à pois du meilleur grimpeur en supplément.

C’est dans la sévère côte de Mutigny, un «mur» encadré par les vignobles ensoleillés de Champagne, que le puncheur de l’équipe Deceuninck a pris le risque d’attaquer à 16 kilomètres de la ligne.

«J’ai senti que ça n’allait pas trop mal dans les jambes, sur la dernière côte difficile. Mais je ne pensais pas m’isoler aussi loin de l’arrivée, ce n’était pas prévu», a reconnu «Alaf».

Quelques larmes d’émotion

Lancé sur le toboggan menant à Epernay, le vainqueur du dernier Milan-Sanremo a «tout donné» de son propre aveu : «Dans le final, je ne pensais pas trop au maillot jaune, j’essayais de garder 30-40 secondes d’avance pour la côte d’arrivée.»

Sur la ligne, l’écart a atteint 26 secondes par rapport à l’Australien Michael Matthews, le plus rapide du premier peloton. Dans ce groupe, une cassure entre les deux chefs de file de l’équipe Ineos, le Colombien Egan Bernal et le Gallois Geraint Thomas, a permis au premier (et à Thibaut Pinot, vigilant) de prendre cinq secondes à leurs rivaux du classement général.

Très ému, Alaphilippe a versé quelques larmes quand il a appris sa prise de pouvoir. «J’ai tellement rêvé de ce scénario», a-t-il réagi. «Je savais que j’étais attendu, j’ai répondu. C’est un moment de ma carrière que je ne vais pas oublier, ce sera l’un des plus beaux moments.»

Dans cette étape menée à grand train sur les 215 kilomètres, l’échappée du jour, lancée très tôt avant le passage de la frontière franco-belge, a réuni quatre Français (Yoann Offredo, Anthony Delaplace, Paul Ourselin, Stéphane Rossetto) et un Belge (Tim Wellens).

Wellens est sorti du groupe à l’entrée des 50 derniers kilomètres. Il a été repris seulement au sommet de la côte de Mutigny, qu’il a franchie en tête juste devant Alaphilippe, avant de s’arrêter pour crevaison. Il a gagné au passage le maillot à pois du meilleur grimpeur.

Le premier porteur du maillot jaune, le Néerlandais Mike Teunissen, a lâché prise dans le sévère mur de Mutigny, une côte de 900 mètres à 12,2 % de pente. Il a franchi la ligne avec près de cinq minutes de retard.

Terrain favorable

Mardi, les sprinteurs retrouvent un terrain favorable entre Reims et Nancy. Le parcours, long de 213,5 kilomètres, traverse la Champagne et la Lorraine jusqu’à une ligne droite finale de 1400 mètres, avec une courbe aux 280 mètres.

«Aujourd’hui, c’était trop dur pour nous. Alaphilippe était trop fort», a estimé le Belge Wout Van Aert, toujours deuxième au classement général, mais désormais pointé à 20 secondes du nouveau maillot jaune.

«Demain [mardi], on va chercher la victoire d’étape avec Dylan [Groenewegen]. Il se sent mieux après sa chute», a annoncé Van Aert.

Alaphilippe, lui, devrait avoir le temps de savourer quelques jours son bonheur. «Je vais faire le maximum pour garder le maillot jaune. Les Vosges s’annoncent difficiles, je risque de couiner dans La Planche des Belles Filles [jeudi].»

Rien ne dit toutefois que le préféré du public français soit condamné à céder son beau maillot aussi vite. «S’il le garde jeudi, ça veut dire qu’il pourra jouer autre chose dans les années à venir», estime le directeur du Tour, Christian Prudhomme.

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LES CHOSES RENTRENT DANS L'ORDRE CHEZ ASTANA

Les choses commencent à rentrer dans l’ordre pour Hugo Houle et Astana au troisième jour de l’édition 2019 du Tour de France.

Blessé à une arcade sourcilière et à un genou à la suite d’une chute survenue en fin d’étape samedi, le meneur de la formation du Québécois a pris du mieux, lundi, sur les 215 kilomètres disputés entre Binche et Épernay. «Sa forme est bonne et nous sommes rassurés. Il n’a pas eu de complications et c’est bon pour la suite, à mon avis», a analysé Hugo Houle à propos de son leader Jakob Fuglsang, qui a terminé dans le deuxième groupe à franchir l’arrivée, à cinq secondes sur le premier groupe. «Il y a eu une cassure et il s’est fait un petit peu avoir là-dessus, mais ce n’est rien de grave», a ajouté l’athlète de Sainte-Perpétue.

C’est le Français Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) qui a profité de ce final taillé sur mesure pour s’imposer en solo avec une avance de 26 secondes sur le premier groupe et du même coup, enfiler le maillot jaune. Même à la troisième étape, la nervosité se fait encore sentir dans le peloton, a confirmé Houle (+ 8 min 35 s), 84e du jour. «Ça va prendre encore quelques jours avant que ça se calme. Le final était nerveux avec plusieurs montées et descentes. Nous sommes restés aux avant-postes pour éviter les chutes. C’est une super performance de Julian Alaphilippe!» a conclu le Québécois, 85e au général.  Sportcom