En 2014, Marianne St-Gelais et Charles Hamelin s’étaient encore embrassés longuement, après une victoire de ce dernier au 1500 mètres.

C’est fini entre Marianne St-Gelais et Charles Hamelin

L’histoire d’amour entre la Félicinoise Marianne St-Gelais et Charles Hamelin est terminée. Les deux patineurs courte piste en ont fait l’annonce dans un bref communiqué commun émis jeudi après-midi.

« C’est avec une boule d’émotions au ventre que nous annonçons que nous avons récemment mis un terme à notre relation amoureuse. Après avoir partagé 10 ans de nos vies ensemble et vécu de grands moments personnels et sportifs, nous restons en très bons termes », ont-ils laissé savoir dans une déclaration publiée simultanément sur leurs comptes Facebook respectifs. 

« Bien que cette décision puisse surprendre et paraître subite, soyez assurés qu’elle a été bien réfléchie, et prise d’un commun accord. Cette décision demeure chargée d’émotions pour nous et nos proches », ont-ils confié.

Cette annonce a de quoi surprendre. Avant les plus récents Jeux olympiques, à Peyongchang, ils avaient confirmé qu’ils étaient tous les deux à leur dernier tour de piste et qu’ils songeaient fonder une famille. 

Depuis dix ans

La patineuse de vitesse originaire de Saint-Félicien de 28 ans était en couple avec Charles Hamelin, âgé de 33 ans, depuis 10 ans. Un baiser échangé après une victoire de Charles Hamelin aux Jeux de Vancouver, en 2010, avait fait le tour du monde. Depuis, ils formaient l’un des couples les plus en vue dans le milieu sportif. La nouvelle de leur séparation a donc déclenché un tsunami de réactions sur les réseaux sociaux, étant la nouvelle la plus consultée de la journée. 

Les patineurs n’accorderont aucune entrevue sur ce sujet, eux qui se préparent pour les Championnats du monde sur courte piste, qui se dérouleront la semaine prochaine à Montréal.

« Vous avez toujours été respectueux de notre couple et nous sommes convaincus que vous respecterez notre intimité dans le contexte actuel, et nous vous en remercions », ont-ils indiqué. 

Jeux difficiles

Marianne Saint-Gelais est revenue de Peyongchang les mains vides, étant pénalisée au 500 et au 1000 mètres et prenant le 11e rang au 1000 mètres. Charles Hamelin a également été blanchi sur le plan individuel, mais a remporté le bronze au relais, sa cinquième médaille olympique en carrière.

Le psy sportif, un incontournable pour l'athlète

Pour le psychologue et entraîneur à l’UQAC Étienne Hébert, le psychologue sportif est aussi important pour l’athlète que les entraîneurs sur le terrain pour l’aspect technique et tactique.

« Ça ne fait pas si longtemps que les psys sont reconnus comme en mesure d’aider réellement les athlètes. Des psychologues qui accompagnent des athlètes aux Jeux olympiques, ça fait seulement depuis 1988. C’est hier », met-il en contexte. 

En guise de suivi de la séparation de Marianne St-Gelais et de Charles Hamelin, Le Quotidien a voulu en savoir plus sur l’importance du psychologue sportif, dont Fabien Abejean, de l’équipe nationale de patinage courte piste. Les deux patineurs ont annoncé la mauvaise nouvelle en pleine préparation de la dernière compétition de leur carrière respective, les Championnats du monde, la semaine prochaine à Montréal.

Deux volets 

D’entrée de jeu, Étienne Hébert rappelle les deux volets de la psychologie sportive, soit la préparation mentale (routine, visualisation, définir des objectifs clairs ainsi que la gestion du stress) et les différents problèmes mentaux (anxiété, dépression, compulsion ou encore des problèmes relationnels ou des conflits avec des membres de l’équipe). « Jusqu’à présent, ce sont deux portions du travail de psychologue qu’on a tenues séparées l’une de l’autre. On ne les mélangeait pas trop », expose Étienne Hébert.

« On ne peut pas se faire croire que si ça ne va pas bien dans ta vie, tu es disposé à bien faire une compétition et que tu vas être capable de tout bloquer pour faire ta routine comme d’habitude. Ce n’est pas vrai. Si tu as un gros conflit dans ta vie, ça va avoir une influence sur ta préparation à la compétition également, insiste-t-il. J’imagine difficilement l’un aller sans l’autre et j’imagine que plus ça va aller, plus ça va être intégré. »

Importance

Étienne Hébert est retourné à la consultation depuis environ deux ans. Auparavant, il avait notamment travaillé avec les Saguenéens de la Ligue de hockey junior majeur du Québec lors de la saison 2011-2012. Il est donc bien placé pour témoigner de l’importance d’un psychologue, tant pour les sports individuels que collectifs. « Quand tu donnes une place aux athlètes pour s’exprimer, ça fait comme dénouer l’aspect préparation mentale », estime-t-il. 

« Souvent, ce que j’explique aux athlètes, quand c’est difficile à l’extérieur du sport, tu fais augmenter la pression et les demandes extérieures au sport. Ce ne sont pas des silos, ce sont des vases communicants. Tu as bien beau te mettre dedans, tout ce qu’il y a derrière est encore là. C’est important de faire la distinction entre les deux moments, sans nier le fait que ça va bien ou mal à l’extérieur », laisse-t-il tomber.

« Tu ne peux pas faire comme si de rien n’était, ce n’est pas vrai. Ça n’a pas de bon sens. Tu places l’athlète dans une position absolument impossible. Tu dois faire complètement abstraction que tu as de la peine ou tu es en colère et que tu dois y aller pareil. C’est plutôt de dire que tu as de la peine, de la colère ou ça ne va pas, on va y aller pareil, mais on va faire ce qu’on peut avec ce qu’il y a là. C’est un changement de perspective », illustre Étienne Hébert, mentionnant que les moments plus difficiles peuvent permettre à l’athlète de se rappeler les raisons pour lesquelles il y met autant d’énergie. « Ça peut devenir une espèce de refuge, si on veut », expose-t-il, ajoutant sentir encore une certaine forme de résistance, malgré le chemin parcouru des dernières années. Une telle démarche demande de l’ouverture et de l’humilité, à son avis. 

« J’espère que ça va devenir de plus en plus important. Les athlètes de très haut niveau, ils ont toute une gestion des émotions à faire ainsi qu’une préparation mentale. S’ils ne le font pas, ça peut bien aller un petit bout, mais quand ils se retrouvent mal pris avec leurs problèmes, tu tombes de haut. C’est toujours mieux d’être accompagné », d’exprimer Étienne Hébert, évoquant également l’importance pour les professionnels de bien préparer avec l’athlète son après-carrière. 

Dans l’esprit d’Étienne Hébert, enseignant en psychologie à l’UQAC, les psychologues sportifs prendront de plus en plus de place auprès des athlètes.