Classé au neuvième rang des espoirs des Jays, Cavan Biggio a répondu aux attentes jusqu’ici cette saison, avec une moyenne au bâton de ,351 à ses 25 premiers matchs avec les Bisons de Buffalo, le club AAA de la formation torontoise.

Cavan Biggio, un autre espoir au nom connu avec les Jays?

BUFFALO, N.Y. — Cavan Biggio sait qu’il est probablement le prochain espoir des Blue Jays à faire le saut du AAA aux Majeures. Il s’affaire donc à montrer à la haute direction qu’il a sa place à Toronto.

Biggio, classé au neuvième rang des espoirs des Jays, a répondu aux attentes jusqu’ici cette saison, avec une moyenne au bâton de ,351 à ses 25 premiers matchs avec les Bisons de Buffalo, l’équipe de calibre AAA de la formation torontoise.

«Je vous mentirais si je vous disais que je n’y pense pas, a déclaré le baseballeur de 24 ans cette semaine. Nous sommes dans le AAA ici. De joueur dans le deuxième plus haut calibre au monde est super, mais ne vous méprenez pas : nous voulons tous jouer dans les Majeures.»

Biggio est le troisième espoir de premier plan des Jays dont le père a connu une brillante carrière dans la MLB. Comme Vladimir Guerrero fils, le père de Biggio, Craig, a été admis au Temple de la Renommée. L’arrêt-court Bo Bichette, dont le père Dante a évolué 14 ans dans les Majeures, est l’autre.

Guerrero a effectué ses premiers pas dans la MLB vendredi dernier, tandis que Bichette soigne présentement une fracture à la main. Cela donne la pole à Biggio pour le prochain rappel dans les grandes ligues. Mais il tente de ne pas penser qu’à cela.

«Je vois bien que c’est dans l’air, mais si je pense trop, ça ne pourra qu’avoir un effet négatif sur mon jeu, a expliqué Biggio. Tout ce que j’essaie, c’est de m’améliorer’tous les jours. [...] Si je fais ça, ils devront prendre une décision tôt ou tard.»

Biggio attribue ses succès au niveau AAA à la façon dont il est en mesure de «ralentir la cadence.» Depuis deux ans, il se concentre à ralentir ses mouvements avant d’entreprendre son élan et les résultats sont probants.

«Un peu comme Barry Bonds ou Gary Sheffield, je balançais [wiggle] beaucoup mon bâton. Ça devenait hors de contrôle et inconstant. Alors j’ai décidé de changer cela et de ralentir les choses, afin de voir la balle plus longtemps et me concentrer uniquement sur le lancer. Je bouge encore un peu, mais c’est beaucoup moins prononcé.»

Bien que Biggio ne puisse pas dire où il a appris à être patient au marbre, il assure que ce n’est pas de son père qu’il tient cela. Ce dernier a d’ailleurs récolté près de 600 retraits au bâton de plus que de buts sur balles au cours de sa carrière de 20 ans.

«Il n’était pas patient, dit Biggio avec le sourire. Il me compare toujours à son ami Jeff Bagwell, qui acceptait de recevoir des buts sur balles et volait des buts. Je pense qu’à force de regarder tant de matchs, j’ai développé cette approche passive agressive pour attendre mon lancer.»

Polyvalent en défensive

Autant son coup de bâton fait sourciller, la polyvalence de Biggio en défense constitue un avantage pour lui. Il peut jouer aux premier, deuxième et troisième buts. Il a aussi passé toute la saison 2018 de la Ligue d’automne de l’Arizona au champ extérieur. Il a d’ailleurs amorcé un premier match au champ droit au niveau AAA cette semaine.

«C’est en regardant mon père, admet Biggio. Il est passé de receveur à deuxième-but, à voltigeur de centre, puis de gauche avant de revenir au deuxième coussin. Il m’a toujours dit que la meilleure place sur le terrain est sur le terrain et que la meilleure position du rôle offensif est d’être au sein du rôle. J’ai toujours eu cette mentalité, cette approche.»

À l’Université Notre-Dame, il s’était même porté volontaire pour jouer derrière le marbre quand les deux receveurs des Fighting Irish se sont blessés.

«Ça démontre à quel point il aime jouer, a indiqué son entraîneur à l’époque, Mik Aoki. Je ne sais pas s’il a joué comme receveur une manche dans sa vie et nous n’avions pas du tout l’intention de l’utiliser comme receveur, mais il était prêt à le faire. Il voulait jouer, point.»

Aoki, qui a aussi dirigé le frère aîné de Cavan, Conor — sa sœur cadette Quinn en est à sa première saison au sein de l’équipe de softball de Notre-Dame — a dit qu’il était prêt à faire le voyage vers Toronto ou toute autre ville d’Amérique si son ancien joueur est rappelé. Il croit d’ailleurs qu’il est mûr.

«Il l’a démontré au niveau AA, où les équipes envoient habituellement leurs meilleurs espoirs. Puis il est en train de le prouver contre des joueurs qui ont l’expérience des Majeures au niveau AAA. Je pense qu’il sera un petit peu nerveux, mais je sais aussi qu’il surmonterait rapidement cette nervosité.»