Malgré la défaite, Antoine Coulombe s'est bien défendu devant le filet des Cataractes.

Cataractes: l’art de bousiller une avance

SHAWINIGAN — Plus une série de défaites s’allonge, plus elle est difficile à stopper. Les Cataractes croyaient bien pouvoir stopper l’hémorragie vendredi soir face au Drakkar de Baie-Comeau. Mais Martin Bernard et ses hommes avaient un autre plan en tête, orchestrant une poussée de trois buts en fin de match pour l’emporter 4-3 devant 2800 fans médusés.

Tant que les Shawiniganais ont évité le cachot, les choses allaient bien. À la surprise générale, ils s’étaient forgé une avance de 3-1 en troisième, grâce à du jeu défensif hermétique et quelques bonnes poussées offensives. Mais le train a déraillé en milieu de troisième quand ils ont écopé de trois pénalités d’affilée. Le meilleur jeu de puissance de la ligue contre l’un des pires désavantages numériques de l’histoire de la ligue, voilà qui faisait un peu peur. Le duo Nathan Legaré-Ivan Chekhovic en a profité pour mettre son empreinte sur ce match. Trois buts en moins de quatre minutes et hop, les deux points à l’enjeu tant convoités par l’équipe locale dans sa course pour une place en séries qui s’envolaient en fumée… «C’est une défaite inacceptable», analysait la recrue de 16 ans Charles Beaudoin, le meilleur des siens avec une production d’un but et une passe. «On a gagné la première, gagné la deuxième. On l’a échappé en troisième. C’est très difficile à accepter, mais au moins, on sait qu’on s’en va dans la bonne direction.»

Son pilote Daniel Renaud était pas mal sur la même longueur d’onde, lui qui venait de voir son équipe perdre un 11e match de suite. «Ce match est la meilleure définition de ce qui nous arrive depuis Noël. Encore une fois, on laisse des points sur la table. Ce n’est pas vrai qu’on méritait de sortir d’ici les mains vides. On méritait au moins un point, sinon deux. Les dieux du hockey n’étaient pas de notre bord ce soir», analysait Renaud, pas prêt à taxer sa troupe d’indiscipline en troisième. «Les gars qui ont écopé de ces pénalités n’étaient pas mal intentionnés. Cette défaite est un peu inexplicable, surtout que nous avons bien géré la troisième période en n’accordant que six tirs.»

Avec la victoire de Sea Dogs vendredi, les Cataractes n’ont plus qu’un seul point de priorité sur les Sea Dogs, au 16e et dernier rang donnant accès aux séries. «Les Sea Dogs ont fait leur travail. La marge de manœuvre est très mince, c’est vrai. Mais si on joue nos quatre derniers matchs de la même façon que ce soir, on va mettre en banque les points nécessaires pour assurer notre présence en séries», martelait Renaud. 

Outre Beaudoin, Valentin Nussbaumer et Gabriel Belley-Pelletier ont aussi marqué pour les Cataractes, qui ont testé Alex D’Orio à 22 reprises. D’Orio a eu son mot à dire dans la remontée tardive du Drakkar, il a stoppé Xavier Cormier en échappée lors d’un désavantage numérique alors que son équipe était toujours coincée deux buts derrière les locaux. «On n’a pas joué un grand match. On a dû être en recul de deux buts pour se mettre en marche. Notre jeu de puissance a fait le travail, c’est le meilleur de la ligue alors nous sommes confiants quand nous avons la chance de le déployer. Faut quand même donner du crédit aux Cataractes, ils ont travaillé très fort.»

Les deux équipes se retrouvent à nouveau au Centre Gervais Auto samedi à 16 h. Renaud espère que Mikaël Robidoux sera en mesure de faire un retour au jeu. Il faut s’attendre à voir Justin Blanchette affronter ses anciens coéquipiers, même si Antoine Coulombe a livré une bonne performance entre les poteaux vendredi soir.