Des «divergences d’opinions au sujet de la gestion interne de l’équipe» auraient précipité le départ d’Olivier Caron.

Caron et le R et O divorcent mystérieusement

Olivier Caron n’est plus l’entraîneur-chef du club de volleyball féminin du Rouge et Or. Dans une annonce enveloppée de mystère, le Service des activités sportives de l’Université Laval a promu son adjoint, Justin Boudreault, aux commandes par intérim.

Recevoir un communiqué de presse le vendredi en fin d’après-midi n’augure jamais rien de bon. Encore moins en plein mois de décembre, quand il s’agit de volleyball universitaire, alors que la première moitié de saison est terminée depuis trois semaines et que la session scolaire est aussi sur le point de se conclure.

C’est pourtant ce que le Rouge et Or a fait pour annoncer «la fin de [son] association» avec Caron. Des «divergences d’opinions au sujet de la gestion interne de l’équipe» auraient causé le divorce.

Une décision qui «se discute depuis plusieurs jours» et qui n’a rien de soudaine, reconnaît le directeur adjoint du Service des activités sportives et responsable du programme Rouge et Or, Jean-Noël Corriveau.

Mais c’est tout ce qui transpirera à propos du départ de Caron, les deux parties s’étant entendues pour garder le silence sur les circonstances exactes de ce geste d’éclat. D’un gars qui en était pourtant à sa septième campagne à la tête de l’équipe, une sixième de suite, lui qui a mené ses joueuses à une médaille de bronze canadienne en 2014.

C’est la deuxième fois que Caron quitte le Rouge et Or, après avoir tenu la barre une seule saison, en 1998-1999. Il était de retour depuis l’automne 2013. De cette récente période de cinq saisons et demie, il part avec une fiche de 67-43 en saison régulière, quatre finales et un titre sur la scène québécoise, ainsi que trois participations au Championnat canadien.

Mais les résultats sur le terrain n’ont rien à voir dans cette rupture. Le Rouge et Or féminin montre un dossier de 6-4, posté au troisième rang du classement sur six. Corriveau, qui a dirigé le service des sports du Cégep Limoilou durant 17 ans, confirme que les victoires et défaites ne pèsent jamais lourd dans ce genre de décision.

En cette époque de #MoiAussi, il est aussi important d’ajouter qu’il n’est ici aucunement question d’agression sexuelle ou de quoi que ce soit dans ce domaine.

Champion et papa

En Boudreault, les joueuses du Rouge et Or seront dirigées au moins jusqu’à la fin de la présente campagne par celui qui servait d’adjoint à Caron pour une deuxième année. Il a lui-même été passeur étoile à l’UL de 2009 à 2013, remportant le championnat canadien à sa dernière campagne.

Papa d’un bébé né fin novembre, il occupe depuis quelques années un poste de surintendant, ou coordonnateur des opérations, au Pavillon de l’éducation physique et des sports (PEPS) de l’Université Laval. Boulot aux horaires variables qui l’empêchait d’être à plein dans le volley. Il conserve ce lien d’emploi, mais à temps partiel.

«L’intérim permettra à Justin de voir si le coaching, c’est vraiment ça qu’il veut faire. Parce qu’avec le titre d’entraîneur-chef s’ajoutent des tâches administratives, le recrutement, etc. Ensuite, quand le poste sera officiellement ouvert, il pourra postuler et faire valoir son intérim», explique Corriveau à propos de Boudreault, à qui il n’était pas non plus possible de parler.

Les volleyeuses devaient jouer des matchs amicaux contre les Huskies de l’Université Saint Mary’s les 28 et 29 décembre, à Québec, mais la formation de Halifax s’était décommandée il y a quelques semaines à peine.

Le premier match sous les ordres de Boudreault aura donc lieu le 11 janvier, à l’UQAM. Le calendrier régulier compte 20 rencontres.