À Melbourne, Caroline Garcia débutera sa route contre Carina Witthoeft et ne risque pas de croiser une des 25 premières joueuses mondiales avant les huitièmes de finale.

Caroline Garcia, la carte cachée à Melbourne?

PARIS — Après une année achevée en trombe, Caroline Garcia rêve de se faire connaître davantage en 2018 avec, pourquoi pas, un premier trophée majeur lors des Internationaux d’Australie, qui débuteront dimanche soir à Melbourne. Si son dos la laisse tranquille, la meilleure joueuse française a des raisons d’espérer.

Présentation de ses forces et faiblesses avant le début du premier tournoi du Grand Chelem de l’année.

L’expérience du Masters

En un mois, de fin septembre à fin octobre, la Lyonnaise de 24 ans a franchi plusieurs caps : premier «grand» titre remporté, à Pékin, l’équivalent d’un Masters 1000 chez les hommes, entrée dans le top 10 mondial et, cerise sur le gâteau, une qualification directe pour le championnat de fin de saison, ce qui n’était plus arrivé à une Française depuis Amélie Mauresmo en 2006. Durant l’automne, Garcia s’est aussi prouvé à elle-même qu’elle était capable d’enchaîner les performances contre des joueuses de haut niveau, comme l’Ukrainienne Elina Svitolina (no 4), la première raquette mondiale Simona Halep en finale à Pékin et la Danoise Caroline Wozniacki (no 2 mondiale), lauréate du Masters de fin d’année, qu’elle avait battue en phase de groupes. À Singapour, Garcia avait rendu les armes en demi-finales à l’issue d’une bataille en trois sets contre l’expérimentée Venus Williams, 37 ans et cinquième joueuse mondiale. En misant sur la confiance acquise en Asie, la Lyonnaise peut briller sur les courts australiens.

Un tirage plutôt clément

Son classement — 8e au monde — lui permet désormais d’éviter les grosses pointures lors des premiers tours des tournois majeurs. À Melbourne, elle débutera sa route contre l’Allemande Carina Witthoeft (48e) et ne risque pas de croiser une des 25 premières joueuses mondiales avant les huitièmes de finale. À ce stade, Garcia pourrait retrouver l’Américaine Madison Keys (18e), finaliste des plus récents Internationaux des États-Unis ou — hypothèse beaucoup moins crédible — sa compatriote Kristina Mladenovic, qui n’a plus gagné un match depuis le mois de juillet. Le niveau risque de monter d’un cran en quarts de finale où planent les ombres de l’Espagnole Garbiñe Muguruza (3e mondiale) et de l’ex-numéro 1, l’Allemande Angelique Kerber, qui se classe maintenant 22e. Mais Muguruza, championne en titre de Wimbledon, a été gênée dans sa préparation par une blessure à une cuisse, tandis que Kerber sort d’une saison 2017 morose.

Un mental à consolider

Fin 2017, Garcia a fait plusieurs fois preuve de nerfs d’acier dans les moments délicats. N’a-t-elle pas sauvé une balle de match à Pékin contre Svitolina en quart de finale? Ou battu de nouveau l’Ukrainienne ainsi que Wozniacki à Singapour après avoir perdu la première manche? À elle de confirmer ces progrès en Grand Chelem, où elle n’a atteint les quarts de finale qu’une seule fois — c’était à Roland-Garros, en juin dernier. Mais elle devra se passer des conseils de son père et entraîneur, Louis-Paul, en Australie, où le coaching n’est pas autorisé comme dans les trois autres tournois du Grand Chelem. Les interventions du paternel avaient été utiles lors du Masters de fin de saison, où il avait su trouver les mots pour remobiliser sa fille, en larmes après la perte du premier set contre Svitolina.

Dos mineur

«J’ai toujours des problèmes au dos», a déploré la Française à Brisbane, contrainte à l’abandon dès son premier match de la saison, alors qu’elle était à égalité à un set face à sa compatriote Alizé Cornet. Depuis, elle a privilégié la récupération et les entraînements. Ses pépins physiques récents font donc planer le doute sur sa forme physique globale. C’est d’ailleurs un problème lombaire (inflammation du nerf sciatique) qui l’avait déjà éloignée des courts pendant un mois, d’avril à mai.