C’est à l’ombre du PEPS, de l’autre côté du fleuve, avec les Faucons du Cégep Lévis-Lauzon, en tant que coordonnateur de la ligne à l’attaque, que l’ex-Rouge et Or Carl Gourgues poursuit sa route dans le monde du football.

Carl Gourgues: le football dans la peau

Il y a maintenant plus d’un quart de siècle que le football fait partie de la vie de Carl Gourgues. Et il y a fort à parier qu’il en sera ainsi pendant plusieurs années encore.

«Jamais je n’ai pensé écarter le football de ma vie», confie l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or. «Si je le faisais, je trouverais le temps long. Le football, c’est ma passion. Ça fait 28 ans que je suis impliqué comme joueur ou comme coach et jamais je ne me suis dit : “Il me semble que cet automne, je prendrais ça off”. J’ai tellement appris au football et il m’a tellement donné que c’est en dedans de moi, il faut que je redonne et que je partage mon expérience.»

Gourgues l’avoue sans détour: sa vie tourne autour du football. Si, au départ, il a décidé de faire carrière chez Postes Canada plutôt que de trouver un travail dans son champ d’études universitaires en administration, c’est parce que l’emploi de postier qu’il convoitait lui apportait une meilleure qualité de vie. Il lui permettait de s’occuper de sa famille, mais aussi de s’impliquer dans le coaching. «Mes journées commencent tôt et elles se terminent tôt. Je suis donc disponible en fin d’après-midi pour coacher. Je peux donc vivre à plein ma passion pour le football.»

Après avoir joué son football collégial avec les Diablos du Cégep de Trois-Rivières, c’est du côté de l’Université du Rhode Island, où il avait eu une bourse, que Gourgues est allé faire carrière au niveau universitaire. Mais après une saison, il a décidé de revenir au Québec.

«Même si c’était une belle expérience et que j’étais partant, j’étais un peu malheureux. Pour moi, le football, c’était un sport d’équipe où je jouais avec mes chums. C’est dans ce contexte que j’avais du plaisir. Et au Rhode Island, il me manquait quelque chose. J’avais un peu perdu le goût de jouer.»

Recruté par plusieurs équipes, dont les Stingers de Concordia où évoluait son bon ami Jean-Michel Paquette, Gourgues a finalement décidé de poursuivre sa carrière avec le Rouge et Or. Tout de suite, il s’est imposé. Il a gagné le trophée J.P. Metras (joueur de ligne par excellence au pays) à sa première saison. En 2003, il a été repêché en troisième ronde par les Lions de la Colombie-Britannique (24e au total) et a gagné une Coupe Vanier. Il a aussi été le premier joueur du Rouge et Or à être invité au prestigieux East-West Shrine Bowl.

Le joueur de ligne offensive a passé trois ans dans la LCF. Avec les Lions en 2004, il a pris part à la finale de la Coupe Grey. Il a ensuite évolué pendant une campagne avec les Tiger-Cats. «J’ai vraiment apprécié mon passage dans la LCF. J’ai eu la chance de jouer pour de bonnes organisations. Ce fut une belle expérience de vie et je suis devenu bilingue. Je vais toujours me rappeler ma fébrilité à mon premier camp d’entrainement. Et en 2004, j’ai vécu une année de rêve. Je n’ai aucun regret. Je suis entièrement satisfait de ce que j’ai fait.

«Mais malgré tout, je dirais que mes plus belles années au football sont celles que j’ai passées avec le Rouge et Or. Il y avait moins de pression, on avait une belle chimie et une belle famille. J’en ai savouré chaque moment. Je ne suis jamais allé à la pratique à reculons. J’ai toujours eu le même plaisir à mettre mes crampons, mes épaulettes et mon casque.»

Défi stimulant

Entraîneur adjoint avec les Corsaires de Pointe-Lévy à son arrivée dans la région, Gourgues est ensuite devenu entraîneur-chef. La saison dernière, il s’est joint aux Faucons du Cégep Lévis-Lauzon en tant que coordonnateur de la ligue à l’attaque, un travail sur lequel il se concentrera cette saison. C’est un défi qui l’enthousiasme au plus haut point.

«Les gars que je dirige ont choisi d’être là. Ils savent que de jouer en première division, c’est du sérieux. Pour eux, ce n’est pas un sacrifice d’être sur le terrain à tous les jours. Ils veulent s’améliorer et progresser. Je peux focuser sur les détails. C’est vraiment très motivant. Surtout que j’ai l’appui de mes entraîneurs et que j’ai carte blanche.»

À la tête d’une brigade jeune, mais talentueuse et prometteuse, Gourgues voit au sein de son groupe plusieurs beaux «projets». Et en plus de donner aux Faucons la meilleure ligne offensive au Québec, il espère pouvoir ouvrir à ses hommes les portes de la Ligue universitaire. Une chose est sûre, le Rouge et Or pourra compter sur un allier de taille pour les orienter vers son programme, Gourgues ayant toujours un lien très fort avec l’UL.

«Je suis vraiment fier de cette organisation-là, de ce qu’elle a fait et de ce qu’elle a bâti. C’est un modèle pour le football à travers le pays. J’aimerais vraiment que mes jeunes vivent ce que j’ai vécu avec le Rouge et Or. L’UL, c’est juste de l’autre côté du fleuve. Mon but, c’est d’en envoyer le plus possible jouer là bas.»

À moyen terme, Gourgues pourrait-il ambitionner de retourner au sein de son ancienne famille? «Je ne me ferme pas de portes nulle part. Présentement, j’ai trois jeunes enfants. Je suis bien avec les Faucons. Et tout s’agence bien pour moi. Mais peut-être que quand mes enfants auront vieilli, je vais vouloir pousser la machine un peu plus loin.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q    Personnalité marquante

R    Dans la Ligue canadienne, Dan Dorazio, le coach de la ligne offensive. Je me base beaucoup sur ses enseignements dans ma façon de coacher. Carl Brennan aussi a une belle influence sur moi. Et Samuel Gendreau, le coordonnateur offensif aux Faucons. Je coache avec lui depuis plus que neuf ans et je trouve inspirant la façon dont il travaille.

Q    Performance marquante

R    En 2003, le match contre St. Mary’s en saison régulière. En 2002, on s’était fait exploser quand on était allé à Halifax. On avait le couteau dans les dents pour ce match-là et on était sorti vraiment fort. Ç’a été comme notre erre d’aller. Après ça, on a été imbattables.

Q    Fait marquant

R    La Coupe Vanier 2003. À ce moment-là, on entendait beaucoup parler de la première Coupe Vanier (1999). Je pense qu’on avait hâte de gagner la deuxième pour pouvoir dire : «Crime, nous autres aussi, on en a gagné une».

Q    Idoles de jeunesse

R    Pierre Vercheval, comme moi, un ancien des Diablos. Il a joué dans notre cour avec les Alouettes. Et comme c’était un ami à Glen (Constantin), on l’a vu souvent dans l’entourage du Rouge et Or. On évoluait à la même position. Ce n’était pas le plus grand de la ligne offensive, mais c’était le plus fort physiquement. Il me ressemblait beaucoup. Je pouvais m’identifier à lui.

Q    Ce dont tu t’ennuies le plus

R    L’esprit de boys, l’esprit de gang. C’est un peu ça qui m’a drivé tout au long de ma carrière. Avoir du fun au football, c’est vraiment gagner une équipe avec ses chums. Et tout le travail et la préparation que l’on fait en gang pendant les pratiques.

Q    Rêve

R    Présentement mon focus est sur les Faucons. On n’a jamais gagné de Bol d’Or en division 1. C’est l’objectif commun dans le groupe d’entraîneurs et on travaille fort auprès des jeunes pour leur transmettre cet objectif là. 

Q    Dans 20 ans...

R    Ça ne me surprendrait pas si je coacherais encore ici. Je ne sais pas si je serai ici à Lévis mais je me verrais aussi de l’autre côté du fleuve avec le Rouge et Or. Mais vu que le football c’est ma passion, ça serait surprenant que dans 20 ans je sois bien loin du football.