Scott Richmond a grimpé sur le monticule dans plus d’une dizaine de pays, avec l’équipe nationale canadienne ou des formations professionnelles locales. L’hiver dernier, il a même joué à Auckland, en Nouvelle-Zélande, terre natale de ses ancêtres paternels.

Voir le monde grâce au baseball

Fils d’un chiro néo-zélandais et d’une prof canadienne, Scott Richmond n’avait rien pour faire un joueur de baseball et tout pour devenir grand voyageur. Mais le baseball a fait du lanceur de bientôt 40 ans le grand voyageur qu’il est, en plus de l’amener jusqu’à la destination tant rêvée, les ligues majeures.

Comme le tour du globe terrestre, le cercle se boucle pour Richmond avec sa venue chez les Capitales de Québec. Le natif de Vancouver a amorcé sa carrière professionnelle dans le baseball indépendant, à Edmonton. Le voilà en fin de parcours de retour dans son pays au sein d’un circuit non affilié, la Ligue Can-Am.

«C’est un peu comme ma tournée d’adieu!» s’est esclaffé le sympathique bonhomme, mercredi après-midi, dans un recoin du vestiaire des Capitales au stade du parc Victoria. «Ça fait du bien de revenir à la maison», avoue celui qui a joué en Italie l’an dernier et à Taïwan, les deux années précédentes.

Il a grimpé sur le monticule dans plus d’une dizaine de pays, avec l’équipe nationale canadienne ou des formations professionnelles locales. L’hiver dernier, il a même joué à Auckland, en Nouvelle-Zélande, terre natale de ses ancêtres paternels.

«La blague avec ma femme, c’est qu’au point où j’en suis rendu dans ma carrière, je n’ai plus le droit de jouer dans un endroit où l’anglais est la première langue», laisse tomber ce père des trois fillettes, des jumelles de six ans et demi et une troisième de quatre ans.

Toujours à Gilbert, en Arizona, où la famille habite près de Phoenix, les quatre filles viendront le rejoindre pour tout le mois de juin. Mais les jumelles doivent d’abord finir l’école, où elles perfectionnent leur apprentissage du mandarin débuté à Taïwan. L’une des deux, la plus extravertie, a aussi commencé à jouer au baseball.

S’il réfléchit à son après-carrière, Richmond n’a toutefois pas encore effectué son dernier lancer. Le partant droitier de 6’ 5” et 220 lb s’aligne cet été avec les Capitales, avec un intermède d’une semaine ou deux pour les Jeux panaméricains, au Pérou. Puis en novembre le tournoi Premier 12 en Corée du Sud avec l’équipe canadienne avec comme objectif ultime de participer aux Jeux olympiques de 2020, au Japon.

Hallyday et compagnie

Richmond a joué pour trois universités dans trois États aux États-Unis, mais n’a jamais été repêché. La faute au 11 septembre 2001, après quoi les visas pour joueurs canadiens se faisaient très rares.

Il s’est donc rabattu sur Edmonton et la Ligue Northern, d’où les Blue Jays de Toronto ont accepté de lui offrir un essai après trois ans, au printemps 2008. Le 30 juillet de cette année-là, il se retrouve sur le monticule du Rogers Centre de Toronto. Il avait 27 ans et 11 mois.


« C’est un peu comme ma tournée d’adieu! Ça fait du bien de revenir à la maison »
Scott Richmond

Richmond passera quatre saisons et demie avec les Jays, lançant 169 manches pour 29 départs, une fiche combinée de 9-14 et une moyenne de 5,27 points mérités. À côtoyer les Lind, Lawrie, Bautista et Encarnacion, mais surtout des lanceurs de renoms, dont un certain Roy Halladay.

«Étant un lanceur partant droitier comme lui, c’était un rêve de côtoyer Halladay. J’essayais de lui poser des questions, mais en même temps, je ne voulais pas le déranger. Il était vers la fin de sa carrière et se concentrait à être fantastique quand il lançait, ce qu’il réussissait très bien.

«À mes débuts chez les Jays, les vétérans me regardaient du coin de l’œil en se demandant si je resterais. Je n’étais même pas au camp présaison avec eux! Mais j’ai appris comment être un professionnel. Savoir quand avoir du plaisir et quand travailler dur, quand parler et quand me taire, savoir quoi faire pour être à mon meilleur le plus souvent possible», affirme-t-il, attestant que la clé du succès réside dans la constance.

Affronter les Alex Rodriguez et autres Derek Jeter rend plus modeste, mais ce sont les premiers frappeurs gauchers et rapides qui lui donnaient le plus de fil à retordre. Comme Carl Crawford, avec Tampa puis Boston, qui lui a appris à la dure comment bien retenir un coureur au premier coussin.

S’il doit sa longue carrière au travail acharné, une part de chance a aussi joué. Et pour être certain que sa bonne étoile continue de le suivre, il porte depuis son passage en Asie le numéro 44. Comme en mandarin le chiffre quatre est un quasi homophone du mot mort ou mourir, personne ne le porte, encore doublé. Richmond l’a donc fait sien et défie ainsi le temps, alors qu’il entrera fin août dans sa... quatrième dizaine.

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PLUS DE BÂTON QUE PRÉVU

Les Capitales ne devraient pas démontrer de grande puissance au bâton cette saison, ils ont surpris en gagnant 7-4 leur premier match présaison, mercredi soir, grâce entre autres à trois circuits dans la même manche. Contre une équipe sans domicile formée de jeunes joueurs américains à la recherche d’un contrat, T.J. White, Alan Mocahbee et Brandon Brosher ont claqué des longues balles solos en quatrième. Dans la soirée, Mocahbee a frappé trois coups sûrs et Melvin Rodriguez a produit deux points.

Mais l’histoire du jour appartient au lanceur Jeff Degano (1 ml, 2 cs, 1 pm), qui a affronté avec succès des frappeurs pour la première fois en... trois ans! Sont aussi passés sur la butte : le partant Arik Sikula (2 ml, 1 cs, 4 rb), un Matt Marsh dominant (2 ml, 1 cs, 3 rb), Dustin Molleken (1 ml), Lachlan Fontaine (2 ml, 2 cs, 1 bb, 1 rb) et Dany Paradis-Giroux (1 ml, 1 cs, 1 bb, 1 rb). L’arrêt-court adverse Brandon Fischer s’est signalé en cognant quatre balles en lieu sûr, dont un double, et volant deux buts. Le gérant Patrick Scalabrini le gardera à l’œil, lesdits Black Sox jouant à Ottawa jeudi.