Le président des Capitales de Québec, Michel Laplante, et le commissaire de la Ligue Can-Am, Miles Wolff, assistaient au match de dimanche, opposant les locaux aux Champions d'Ottawa.

Une expansion de la Ligue Can-Am à Cuba?

Le passage de l'équipe nationale cubaine à Québec, cette semaine, ne pique pas autant la curiosité qu'a sa première tournée, l'été dernier. Mais routine ne rime pas pour autant avec immobilisme. Et si la collaboration entre Cuba et la Ligue Can-Am débouchait sur une expansion sur l'île castriste?
Le président des Capitales de Québec, Michel Laplante, était hésitant à l'idée de lever le voile sur le dossier, par respect pour la relation de confiance qu'il a établie avec les autorités cubaines depuis la naissance de l'échange en 2014. Mais questionné par Le Soleil, dimanche, il ne cachait pas que cette possibilité existait bel et bien.
«Chaque année, depuis 2014, on fait un pas de plus dans la collaboration entre les deux parties. Dans le prochain mois, il s'agit d'un sujet qui va revenir sur la table», confirmait l'architecte de ce mariage entre le baseball cubain et indépendant.
À l'origine, le joueur cubain Yuniesky Gurriel a fait tomber une première barrière en venant jouer à Québec. En 2015, ils étaient quatre à porter l'uniforme blanc à rayures bleues. Et l'an passé, en plus des joueurs prêtés aux Capitales, l'équipe nationale cubaine a effectué une première tournée dans les six villes du circuit dans des matchs inclus au classement.
Est-ce que la Ligue Can-Am pourrait maintenant pousser l'audace jusqu'à ajouter une ou deux équipes cubaines dans ses rangs pour une saison entière, et non pas seulement une série en Amérique du Nord, comme c'est encore le cas, cette saison?
«Pourquoi pas? Il y a de l'intérêt de leur part. J'ai lancé une petite semence, il y a déjà plus d'un an, et nous en avons discuté lors de notre dernière rencontre à La Havane. Reste à voir si cela est réalisable», précisait Laplante.
Cette «expansion» aurait des ramifications légales, économiques et administratives. Plusieurs incertitudes seraient soulevées, comme le droit de tous les joueurs d'aller à Cuba, qu'ils soient Canadiens, Américains, Dominicains, Vénézuéliens, Mexicains, comme on en retrouve plusieurs dans la Ligue Can-Am.
«Échange sportif et culturel»
«Il y a un paquet de si, présentement, mais il y en a quand même quelques-uns de moins qu'à l'origine lorsqu'on a eu l'idée de faire venir les Cubains à Québec. Cette année, l'équipe nationale junior de Cuba vient aussi au Québec et les jeunes d'ici en profitent également avec l'échange sportif et culturel que l'on fait là-bas en janvier.»
Une Ligue Can-Am «élargie» à Cuba ressemblerait à quoi? Toutes les provinces cubaines possèdent un stade majeur, mais la présence de La Havane serait incontournable.
«Tant qu'à y aller, ça devrait être pour y jouer huit matchs contre deux équipes. Ces équipes cubaines viendraient aussi chez nous et on pourrait y retourner pour une autre. Pour déterminer le concept, il faut s'asseoir ensemble et voir les concessions que chacun devrait faire.»
Parmi les noeuds du problème, on retrouve l'arrimage entre les calendriers de la «Serie Nacional» et de la Ligue Can-Am et la recherche d'un commanditaire majeur.
Le hasard fait bien les choses puisque les propriétaires des six équipes et le commissaire de la Ligue Can-Am seront à Québec, cette semaine pendant la série cubaine, pour y voir le terrain synthétique du Stade Canac et mieux comprendre le concept du dôme qui le recouvrira, à l'automne.