Auteur de deux circuits, dont un grand chelem, Kalian Sams (à gauche) a été accueilli en héros à son arrivée au marbre par son coéquipier Yordan Manduley, lundi soir, au Stade Canac.

Une dégelée bien québécoise face aux Cubains

Le match a été retardé de quelques minutes en raison de l'arrivée tardive des visiteurs et d'un orage au Stade Canac, mais dès la deuxième manche, il était déjà terminé! À la faveur de deux autres circuits, dont un grand chelem, de Kalian Sams, les Capitales de Québec ont vaincu l'équipe nationale cubaine 10-2, lundi, en ouverture de cette série à saveur internationale.
Le joueur des Pays-Bas a volé le spectacle à tous les Américains, Canadiens et Cubains présents sur le terrain. Le natif de La Haye a encore fait une démonstration de sa puissance en frappant ses 10e et 11e circuits de la saison, et ce, à ses deux premières visites au bâton, produisant cinq points à l'aide de deux élans.
Après avoir réussi une claque en solitaire, en première, Sams a enchaîné avec une longue balle de quatre points dans une deuxième manche de six, pour donner une avance de 7-0 aux siens. Il s'agissait de son troisième match de deux circuits en six jours.
«Chaque fois que j'affronte Cuba, ça me motive et j'essaie d'être à mon meilleur. J'ai connu deux matchs ordinaires, en fin de semaine, parce que j'étais trop ambitieux, car je m'élançais sur de mauvais lancers et je me suis calmé. Mon but est de frapper 30 circuits, cette saison, je suis à la chasse au record [31] d'Eddie Lantigua [en 2005], mais pour ça, [l'entraîneur-adjoint] Jean-Philippe Roy doit continuer à me servir de lanceur d'exercice, c'est mon porte-bonheur», a raconté Sams.
Les Capitales ont réussi 10 coups sûrs contre les lanceurs cubains, également généreux puisqu'ils ont accordé six buts sur balles, dont quatre ont mené à des points. En cinquième, James McOwen a profité de ce manque de précision en vidant les sentiers à l'aide d'un triple de trois points, ce qui portait l'avance québécoise à 10-2.
«Je suis bien heureux de la victoire, mais on va la prendre avec un grain de sel. À leur défense, il n'y a pas d'équipe qui se relève d'une deuxième manche de six points. Ils vont revenir plus fort avec leur as, mardi. J'ai senti moins de nervosité que l'an dernier [contre Cuba], mais il y avait une ambiance qu'on ne retrouve pas avant un match contre Sussex», a résumé le gérant des Capitales Patrick Scalabrini, encore impressionné par les élans de Sams.
Une accolade...
Le partant Keegan Yuhl (2-1) a profité de ce support offensif. Il s'est bien sorti d'impasse après avoir accordé deux points, en cinquième, en forçant les visiteurs à se compromettre dans un double-jeu avec les buts remplis. Le premier-but Yordani Samon a frappé trois de 12 coups sûrs de l'équipe nationale cubaine, pour recevoir une montre en cadeau pendant que Sams avait droit... à une accolade de ses coéquipiers.
Il s'agissait du cinquième match de l'histoire entre les deux formations, les quatre précédents datant d'il y a un an. Les Capitales en ont gagné quatre, jusqu'à présent. La fiche des Cubains est de 3-2 depuis le début de leur présente tournée dans la Ligue Can-Am.
Le lieutement-gouverneur du Québec, J. Michel Doyon, et le maire de Québec Régis Labeaume ont effectué les lancers protocolaires. La série se poursuit mardi (19h) avec un duel opposant Arik Sikula (2-1) à Bladimir Bano (1-0).
Une meilleure équipe que ça!
Les partisans des Capitales n'ont pas vu le vrai visage de l'équipe cubaine, lundi soir, a assuré le gérant de la formation, Roger Machado Morales. «Pas du tout!» a lancé l'entraîneur, même si son équipe a obtenu un respectable total de 12 coups sûrs dans le match. En fin de compte, la deuxième manche a fait toute la différence, a-t-il analysé. Les visiteurs semblaient en voie de s'en tirer pas si mal après avoir rempli les buts avec les trois premiers frappeurs. Mais après deux retraits, Kalian Sams a eu une autre idée...
Demain est un autre jour, et Machado Morales s'attend à ce qu'il en soit aussi un meilleur. «Nous avons bien vu les adversaires aujourd'hui. Nous avons analysé les forces et les faiblesses. Nous allons nous ajuster en conséquence», a commenté le gérant.  Jean-Nicolas Patoine
Joueur de la semaine: Manduley préféré à plusieurs coéquipiers
Il y avait fort à parier que le joueur offensif de la semaine dans la Ligue Can-Am serait un représentant des Capitales. Le sélectionneur avait l'embarras du choix, il a arrêté son choix sur Yordan Manduley.
L'arrêt-court cubain, qui affrontait pour la première fois l'équipe nationale de son pays, lundi, a conservé une moyenne au bâton de ,414 lors des six matchs de la période considérée.
«Je n'ai pas joué beaucoup, l'an passé, et je me suis bien préparé pour cette saison. Je suis surtout très reconnaissant envers les Capitales de me faire confiance après n'avoir joué que deux matchs à Québec, l'été dernier. Je veux redoubler d'ardeur pour leur offrir un bon rendement», a souligné l'avant-champ de 31 ans qui a frappé en lieu sûr dans un 13e match de suite, lundi.
Ses coéquipiers Kalian Sams, Jordan Lennerton et Maxx Tissenbaum auraient mérité le titre autant que lui. Sams a frappé pour ,444 avec six circuits et 14 points produits; Lennerton pour ,400 avec trois longues balles et 12 pp; Tissenbaum pour ,464 avec trois circuits et sept points produits.
Remis de sa blessure au dos, Manduley était revenu au jeu en Serie Nacional et il a participé à la Série des Caraïbes et à la Classique mondiale. «J'étais un peu craintif, l'an dernier, mais les Capitales ont bien pris soin de moi. Lorsqu'ils ont confirmé que je ne pouvais pas guérir rapidement, ils n'ont pas pris le risque de compromettre ma carrière», disait-il via l'interprète de l'équipe Raymond Boisvert.
Manduley se plaît dans l'uniforme des Capitales. Il apprécie la nouvelle surface synthétique, «qui sera bénéfique à tous les bons joueurs défensifs».
Il n'était pas nerveux à l'idée de jouer contre ses compatriotes, lui qui a raté la série cubaine, en 2016. «Ça fait partie du jeu, nous sommes des joueurs professionnels. Que l'adversaire soit l'équipe nationale de Cuba ou une autre équipe, je défends les couleurs des Capitales et je souhaite qu'on l'emporte.»  Carl Tardif