Scott Richmond

Un duel à la faveur des Aigles

Le duel de lanceurs entre Garrett Harris et Scott Richmond n’a pas fait de perdant, vendredi au Stade Canac, mais ça n’a pas empêché les Aigles de Trois-Rivières de vaincre les Capitales de Québec 7-1 grâce à une poussée de six points en 11e manche.

Les Aigles (12-14), qui signaient une troisième victoire de suite, ont d’abord profité d’une erreur du releveur Max Kuhns pour briser l’impasse de 1-1 qui durait depuis la fin de la quatrième. Et deux frappeurs plus tard, David Glaude, un joueur originaire de Québec, a frappé un long circuit de deux points au champ droit pour creuser l’avance des Aigles, et ce, au grand plaisir de son fan-club.

«Il y avait plus jeunes que j’ai coaché, ça donne toujours de l’adrénaline d’entendre son nom, et c’est toujours le fun de venir battre les Capitales à Québec. Notre partant a lancé tout un match, c’est vraiment lui notre héros de la soirée», admettait Glaude, qui a brièvement porté l’uniforme des Capitales, en 2017.

Avant cette averse de six points, il avait été impossible pour les deux équipes de battre les partants du jour. Dans le coin rouge, Harris a été étincelant en neuf manches de travail. Dans le coin bleu, le vétéran Richmond a brillé tout autant en sept manches.

«Il a menotté nos gars», disait le gérant des Capitales à propos de Harris.

«Il a été vraiment impressionnant, la qualité de ses tirs était exceptionnelle, je ne pouvais pas blâmer mes frappeurs», admettait celui des Aigles TJ Stanton en parlant de Richmond.

Harris n’a donné que six coups sûrs en neuf manches, égalant au passage sa marque saisonnière de 11 retraits au bâton. Le point qu’il a accordé fut le résultat d’un mauvais lancer en quatrième. Richmond, lui, a donné un point en deuxième manche sur un simple de Joe Deluca, fermant ensuite la porte. L’ancien des ligues majeures a donné quatre coups sûrs, retournant vers l’abri six frappeurs adverses avec le bâton sur l’épaule. 

«On a eu nos chances, j’aurais aimé qu’on en vole une avant l’arrivée des Cubains. La dernière manche nous fait mal paraître, mais il y a eu du positif, notamment la sortie de Richmond», ajoutait Scalabrini, qui venait de voir la victoire filer entre les doigts des siens, en fin de 10e, quand Joe Lytle a été retiré au marbre en essayant de marquer du deuxième but sur un simple, ce qui a mis fin à la manche.

Il allait donc de soi qu’aucun des deux lanceurs n’écope de la défaite. Celle-ci a plutôt été portée au dossier de Kuhns (0-2), qui a donné six points et retiré qu’un seul frappeur. La victoire a été créditée à celui de Cortland Cox (1-2).

«Ce n’est jamais facile de gagner une série à Québec, mais quand tu remportes le premier match, ça peut aider», ajoutait Stanton. 

Le fer dans la plaie

Et comme pour tourner le fer dans la plaie, l’ancien des Capitales Brandon Brosher a produit le cinquième point des Aigles, en 11e, grâce à un double qui poursuivait le calvaire de Kuhns, finalement remplacé par Dany Giroux-Paradis. Il s’agissait d’une quatrième victoire en cinq matchs pour les Aigles contre les Capitales, cette saison.

Les deux équipes se retrouvent, samedi (18h), dans un match où l’attention sera tournée vers les joueurs cubains ayant mis les pieds au Stade Canac, en huitième manche, vendredi. Kevin McNorton (2-3) sera le partant des Aigles et Dustin Molleken (0-0) grimpera sur le monticule pour les Capitales, dont la fiche a glissé à 8-17.

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MÉNAGE DANS LE VESTIAIRE

Le gérant des Capitales a fait un grand ménage dans le vestiaire, vendredi, en libérant des casiers pour la rentrée des trois joueurs cubains. Ainsi, le releveur Marvin Gorgas et le voltigeur J.D. Williams ont été libérés au retour de l’équipe d’Ottawa. Selon Scalabrini, le premier a performé en deçà de son potentiel tandis que le second ne brillait pas par son jeu défensif. Qui plus est, le releveur Lachlan Fontaine sera aussi libéré, samedi, mais il restera dans l’entourage de l’équipe. «Il est le prochain à être retranché, mais il est au courant. On l’adore, on le voit faire partie de notre équipe. Il montre de belles choses, mais il a besoin de prendre de l’expérience», indiquait Scalabrini à propos de celui qui lancera désormais avec Coaticook, dans la Ligue senior du Québec. Il devrait être rappelé au besoin, notamment lors du départ de plusieurs joueurs pour les Jeux panaméricains. Carl Tardif

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GÉLINAS ET JACKSON ABSENTS

Les noms de Karl Gélinas et Jhalan Jackson seront inscrits sur la liste des blessés au cours des prochaines heures. Le lanceur souffre d’une blessure à un mollet après avoir reçu un coup en flèche, cette semaine, à Ottawa. Gélinas pourrait reprendre sa place dans la rotation la semaine prochaine. Pour ce qui est de Jackson, qui n’a disputé que deux matchs depuis son arrivée, sa blessure à l’ischio-jambier est plus sérieuse que le premier diagnostic. Il ratera au moins deux semaines. «Il est un gros morceau, on croit en lui. L’objectif, c’est de profiter de son retour en même temps de T.J. White pour donner un coup. On veut avoir l’équipe A après les Jeux panaméricains [début août] et arriver dans les séries en santé et sur une lancée. Mine de rien, on n’est qu’à quatre matchs d’une place dans les séries et de la troisième position», indiquait Scalabrini avant le match de vendredi. Carl Tardif

Les Cubains Yordan Manduley, Vladimir Garcia et Stayler Hernandez sont arrivés au Stade Canac en huitième manche du match, vendredi.

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LES CUBAINS EN VILLE

Après plusieurs semaines d’attente et d’incertitude, Yordan Manduley, Stayler Hernandez et Vladimir Garcia ont finalement mis les pieds au Stade Canac, vendredi, où ils feront leurs débuts dans l’uniforme des Capitales, samedi, contre les Aigles de Trois-Rivières.

Les trois joueurs cubains, dont l’arrivée au pays a été retardée par la difficulté à obtenir leur visa canadien, ont fait escale à Toronto avant d’atterrir à Québec, en milieu de soirée.

«Dès qu’ils seront dans l’alignement, on aura une bien meilleure équipe. Nous sommes soulagés qu’ils soient enfin avec nous, mais cela dit, nous avons quand même réussi à tourner le coin avec nos récents changements, notamment à l’avant-champ. Je ne savais pas qu’il était encore légal de réussir de double-jeux dans cette ligue», indiquait le gérant Patrick Scalabrini en lien avec les problèmes défensifs de sa troupe depuis le début de la saison.

Champion frappeur de la Ligue Can-Am, en 2018, membre de l’équipe d’étoiles et joueur par excellence du mois d’août dans le circuit, Manduley reprendra sa position à l’arrêt-court. Le gérant songeait à utiliser Michael Baca au troisième but et Brendan Fischer au deuxième.

Hernandez, lui, peut à la fois jouer au premier but ou comme voltigeur de droite «car il possède un canon comme bras», illustrait Scalabrini. Pour ce qui est de Garcia, il est d’abord releveur, mais peut aussi agir comme partant occasionnel.

Pendant que les trois joueurs des Capitales se pointaient en ville, leurs compatriotes de l’équipe nationale cubaine disputaient un premier match à Ottawa. Même si le dossier était complexe, tout s’est réglé juste à temps.

«Je ne sais pas si les Cubains nous font vendre plus de billets, mais c’est le fun de les recevoir, on sent qu’il y a de l’intérêt. Le baseball cubain est festif, ça nous permet de mettre de la couleur avec des «cocktails» spéciaux, avec de la musique latine», expliquait le président des Capitales Michel Laplante.

Signe que la série contre les Cubains est particulière, le premier ministre du Québec, François Legault, doit effectuer le lancer protocolaire, mercredi. La veille, ce sera la soirée de la Ville de Québec.

Deux millions

«Les Cubains sont motivés à faire mieux qu’en 2017, où ils avaient conservé une fiche de 5-16. À Cuba, c’est gros ce qu’ils font ici. Les matchs étaient regardés par 2 millions de personnes sur Internet. Plus de cinq millions ont vu les matchs dans l’Amérique latine, parce qu’ils avaient vendu les droits à divers pays. Ils avaient été bousculés à leur retour au pays, et la série avec la Ligue Can-Am a mené à une réflexion sur la façon de mieux performer. J’ai hâte de voir le résultat, cette année, parce qu’il s’agit de leur équipe pour les Jeux panaméricains et les Jeux olympiques», disait Laplante, tout en essuyant les tables de la terrasse avant le match.

Laplante a eu peur que le projet tombe à l’eau en raison des complications pour l’obtention des papiers pour rentrer au Canada. Si les Cubains n’avaient pas été en mesure de les avoir à temps pour s’amener, une équipe d’étoiles d’une ligue indépendante inférieure à la Ligue Can-Am aurait été appelée en renfort, mais la saveur internationale n’aurait pas été la même.

«La journée où ce sera trop compliqué, on fera autre chose. Il faut que ce soit financière réalisable, que l’équipe soit assez forte et que ça fonctionne avec les autorités canadiennes, américaines et cubaines. Je sais que les dirigeants de l’équipe nationale sont motivés», ajoutait le président des Capitales.