Lors du bilan de l'équipe, mardi, le gérant des Capitales Patrick Scalabrini a admis ne pas encore avoir digéré la dramatique fin de saison de son club, battu en finale sur un circuit de trois points après deux retraits en neuvième manche.

Sonnés par la défaite, les Capitales font leur bilan

Encore sous le choc de leur défaite en finale contre les Miners de Sussex County causée par un dramatique circuit de trois points après deux retraits en fin de neuvième manche, les Capitales de Québec regardent déjà vers l’avenir. Plusieurs changements seront effectués à la formation, qui se dit aussi favorable à une refonte des différentes ligues du baseball indépendant.

Jour de bilan de saison, mardi, pour les Capitales. Le bruit du circuit de Martin Figueora résonne encore dans les oreilles du gérant Patrick Scalabrini. Il l’entendra encore un peu, le temps que la douleur s’estompe. Il n’a pas encore eu l’idée de tourner le fer dans sa propre plaie et de visionner à nouveau le coup de bâton en question.

«Quel circuit? Je ne l’ai pas encore regardé. Il s’agissait d’un moment magique pour eux, et sûrement qu’on va en entendre parler longtemps. Mais j’espère que non. C’est sûrement le moment le plus dramatique de ma carrière, ça ne m’était jamais arrivé de finir une saison comme ça», admettait Scalabrini au sujet de l’élan ayant permis aux Miners de remporter le championnat de la Ligue Can-Am, samedi, au New Jersey.

Le gérant des Capitales reconnaît qu’il lui faudra un certain temps pour diriger le tout. Pour l’instant, il essaie d’oublier. Il regarde aussi partir tous les joueurs qui ont probablement porté l’uniforme de l’équipe une dernière fois, comme les Maxx Tissenbaum, Nick Van Stratten, Kalian Sams, Adam Ehrlich et même les Cubains Lazaro Blanco et Yordan Manduley.

«J’adore mes frères cubains, j’aimerais qu’ils reviennent. Mais il y a de l’intérêt pour Blanco au Mexique et en Asie. Les Jeux panaméricains sont aussi un élément qui pourrait peser dans la balance, l’été prochain, mais j’aimerais refaire l’expérience d’aligner de tels joueurs étoiles», disait-il à propos du lanceur et de l’arrêt-court Manduley, champion frappeur de la Ligue Can-Am et magicien défensif.

Changement de noyau

Scalabrini n’a aucune idée de l’identité de ceux qui sauteront sur le terrain en mai 2019. Il laissera la neige tomber et parlera à nouveau de baseball lorsque celle-ci commencera à fondre à l’arrivée du printemps.

«L’an passé, on avait effectué plusieurs changements, mais le noyau restait. La saison prochaine, notre noyau sera indéniablement différent. Mis à part Karl [Gélinas], il devrait y avoir un gros roulement, des pièces importantes ne reviendront pas», admettait-il.

Pour l’heure, il attend de connaître ce que l’avenir réserve à la Ligue Can-Am. En 2019, le circuit Wolff pourrait fort bien ressembler encore à celui qu’il était en 2018. Mais pour 2020, cela pourrait en être autrement.

«J’ai hâte de savoir dans quelle direction on s’en va, notamment au niveau du plafond salarial, qui sera différent selon la Ligue à laquelle on pourrait s’associer. Par exemple, la Ligue Frontier est plus jeune, tandis que dans la Ligue Atlantic, il y a plus de vétérans et la saison est plus longue», ajoutait celui qui se disait prêt à relever le défi d’être confronté à de nouvelles équipes.

Le gérant est déçu, mais il finira par être ravi du rendement de sa troupe au cours de la dernière campagne, même si sa troupe n’a pu répéter le championnat de 2017. «Je suis encore un peu émotif, ça paraît toujours pire que c’est. On va finir par apprécier notre saison.

«Il y a quelques années [2014], on n’avait pas fait les séries, là, on a fini deuxième et on a perdu en finale contre la meilleure équipe malgré de nombreuses blessures», rappelait celui qui adore, au-delà de la victoire et de la défaite, le défi de bâtir un nouvel alignement. Il pourra donc s’amuser à sa guise, l’hiver venu.

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LAPLANTE EN FAVEUR D'UN RAPPROCHEMENT DES LIGUES INDÉPENDANTES

Si des changements à l’alignement pointent à l’horizon chez les Capitales, il y en aura aussi bientôt au niveau de la Ligue Can-Am. L’unification des différentes ligues du baseball indépendant sera au menu de l’assemblée annuelle des propriétaires du circuit Wolff, le 10 octobre.

Les séries internationales seront aussi sur la table, et ce, malgré le désastre du dernier passage de la République dominicaine et de la Ligue Pecos, cet été.

«Ça n’a pas fonctionné comme on l’avait voulu et on ne répétera pas la même erreur trois fois avec la République. La beauté, c’est qu’il y a quelques pays qui ont manifesté de l’intérêt pour jouer à nouveau des séries avec nous», précisait le président des Capitales Michel Laplante lors du bilan de la 20e saison de l’équipe.

Des formations européennes de l’Italie et de l’Allemagne, de même que des ligues asiatiques basées au Japon et en Corée du Sud pourraient faire revivre les belles années de ce volet international ayant connu son apogée avec la venue de Cuba, en 2016 et en 2017. Reste à faire arrimer les différents calendriers.

Mais ce qui l’anime vraiment, c’est le désir des ligues indépendantes de s’unir. Sous quel format?

«Comme vous le savez, on a rencontré les gens de la Ligue Frontier, il y a un mois, et ceux de la Ligue Atlantic et de l’American Association. On cherche vraiment à unir les ligues. Ça ne se fera pas du jour au lendemain, mais l’intention est là, et la solution est de travailler tout le monde ensemble. Ça n’arrivera pas en 2019, mais on s’enligne vers cela prochainement. Est-ce qu’on peut penser 2020? Sûrement. La plupart des proprios pensent la même chose, il faut juste être créatif et arrêter de penser à son ego en premier, car chaque ligue est menacée si on ne fait pas mieux les choses», souligne celui qui rêverait d’une grande finale entre les vainqueurs des différentes ligues.

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SUR LE LOSANGE...

- Inquiétés par les petites foules en début de saison, les Capitales ont finalement attiré 135 000 spectateurs en bout de ligne, dont 75 000 à compter du 4 juillet. «On sent l’appui d’un peu tout le monde, notamment au niveau corporatif», admettait Laplante.

- Le président des Capitales continue de discuter avec certains intervenants sur la construction d’un stade à Montréal, où l’on se dit toujours intrigué par le projet du dôme et du terrain synthétique, à Québec. Au terme de la dernière année, le club professionnel n’aura été l’utilisateur du Stade Canac que dans 15 % du temps.

- Laplante affiche désormais plus d’optimisme sur le retour d’Ottawa qu’il y a un mois avec l’implication éventuelle des gens d’affaires, là-bas, qui seraient sur le point d’acheter 90 % des parts des Champions appartenant à Miles Wolff.

- Le gérant Patrick Scalabrini participera à une randonnée (trekking) au Maroc, en octobre, au profit de la Fondation des Capitales.