Grâce à un lancer de l’arrêt-court Yordan Manduley, le receveur Chris Shaw a pu retirer Junichiro Kiski.

Shikoku 3/Québec 4: la bonne séquence se poursuit

Les Capitales de Québec ont poursuivi leur bonne séquence vendredi en l’emportant 4 à 3 dans leur premier match contre l’équipe de l’île japonaise du Shikoku, un duel serré qui a gardé les spectateurs du stade Canac en haleine jusqu’à la toute fin.

Le partant Arik Sikula a bien travaillé, limitant les visiteurs à trois points en six manches, mais ce sont les releveurs Jack Charleston et Jonathan De Marte qui ont protégé la mince avance des Capitales dans les trois dernières manches.

«Ce sont nos deux meilleurs. Charleston a été efficace avec sa rapide en sixième manche. On a donné un bon spectacle, les gars ont du fun et on est beaucoup meilleurs qu’on ne l’était en début d’année», a commenté le gérant Patrick Scalabrini après le match.

La partie mettait en scène deux visions du baseball : les Capitales se sont donné une priorité de trois points dès la première manche grâce à un coup sûr d’un point de Tyson Gillies suivi d’un circuit de deux points de Jhalan Jackson. Les Japonais ont eu besoin de six manches pour égaler la marque à force de travail, de simples, de coups sûrs à l’avant-champ et de buts volés. L’arrêt-court Junichiro Kishi et le deuxième but Hayato Hirama se sont signalés avec respectivement deux et trois coups sûrs.

Et c’est encore avec la longue balle que les Capitales ont repris les devants en sixième manche quand le receveur Chris Shaw a propulsé une offrande du partant Takumi Hagiwara par-dessus la clôture du champ centre. 

La pluie s’est ensuite remise de la partie et le match a été retardé pendant près d’une heure. Les 3328 spectateurs, un record cette saison, n’ont cependant pas été en reste puisqu’ils ont eu droit à une compétition de danse amicale improvisée entre les joueurs des Caps et les sympathiques Nippons.

Notes : Sitôt libéré par les Capitales, le receveur Joe Lytle s’est trouvé du boulot avec les SaltDogs de Lincoln dans l’Association Américaine de baseball indépendant. Il a obtenu un coup sûr à son premier match avec sa nouvelle équipe, une défaite face aux Railroaders de Cleburne... C’est le 6 juillet, lors de la suite du match contre les Miners de Sussex County débuté jeudi soir, que le gérant des Caps Patrick Scalabrini purgera le reste de sa suspension d’un match. Il était donc de retour dans l’abri des siens vendredi soir après moins d’une manche à l’écart pour ses frasques de mercredi soir... C’est le droitier Nate Antone qui débutera le match de samedi soir, le deuxième contre l’équipe de l’île de Shikoku. Dany Paradis-Giroux devait être le partant des Capitales, mais il s’est blessé au dos à l’entraînement. Son cas sera évalué au jour le jour... De Marte a quitté les Capitales après la partie de vendredi puisqu’il s’envolera pour Blagoevgrad, en Bulgarie, où il participera jusqu’au 7 juillet au tournoi de qualification olympique avec l’équipe nationale israélienne. Israël se mesurera alors à la Serbie, la Bulgarie, la Grèce, l’Irlande et la Russie pour l’une des dernières places disponibles pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020... Selon le Ottawa Citizen, la Ville d’Ottawa aurait mis fin au bail des Champions d’Ottawa pour le Parc Raymond Chabot Grant Thornton en raison d’arrérages de 418 942 $ de la part de l’équipe de la Ligue Can-Am. Celle-ci pourra cependant continuer d’évoluer dans son domicile en payant 128,25 $ l’heure, 48,35 $ pour l’éclairage et 760 $ par match pour les services municipaux...

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UN GÉRANT AUTEUR DE DEUX MATCHS SANS POINT NI COUP SÛR

Le nom de Tetsu Yofu, gérant de l’équipe de l’île japonaise de Shikoku, ne vous dit probablement pas grand-chose. Celui qui vient de fêter ses 46 ans a pourtant déjà lancé deux matchs sans point ni coup sûr et frappé à la porte des majeures dans une autre vie.

«J’ai le même âge que [l’ex-partant des Dodgers de Los Angeles] Kazuhisa Ishii et qu’Ichiro Suzuki!», a déclaré Yofu en entrevue avec Le Soleil, citant les noms de deux légendes du baseball japonais. «J’ai affronté Ichiro dans les ligues mineures. C’était particulier puisque ce gars-là est comme un dieu chez nous», poursuit-il.

De son côté, Yofu a eu un parcours un peu particulier. Il a débuté sa carrière professionnelle à Taiwan, où il a aidé les Brother Elephants de Taipei à remporter le championnat en 2001. «J’ai même été nommé le joueur le plus utile du championnat!», affirme-t-il fièrement. Et pour cause, il avait obtenu la victoire ou la victoire préservée dans chacun des quatre gains des siens en plus de maintenir une microscopique moyenne de points mérités de 0.83.

Ses exploits lui ont valu d’être signé par l’une des bonnes équipes professionnelles japonaises, les Daiei Hawks de Fukuoka, mais il a végété dans les ligues mineures et n’a jamais été rappelé par le grand club.

Ensuite, ce sont les White Sox de Chicago qui ont été tentés par le droitier nippon, qu’ils ont signé durant la même période que ses compatriotes Shingo Takatsu et Tadahito Iguchi, qui ont atteint les ligues majeures.

Yofu, pour sa part, a évolué aux niveaux AA et AAA en 2003, 2004 et 2005. «Tu sais, j’ai lancé deux matchs sans point ni coup sûr, un de neuf manches et un autre dans un match écourté à sept manches», ajoute-t-il.

Son joyau du 4 août 2004 était d’ailleurs le premier match sans point ni coup sûr des Knights de Charlotte, la filiale AAA des White Sox, contre les Bulls de Durham qui avaient dans leur alignement le receveur québécois Pierre-Luc Laforest. Il avait effectué 140 lancers, dont 90 pour des prises, retirant 10 Bulls au bâton.

«J’ai participé à plusieurs camps d’entraînement des White Sox et je crois que j’aurais pu jouer dans les ligues majeures. Par contre, en 2005, les White Sox ont remporté la Série Mondiale et ils avaient une bonne équipe alors je crois qu’il n’y avait pas vraiment de place pour moi», poursuit-il. 

Les White Sox avaient libéré Yofu après qu’il ait été testé positif, comme dix autres joueurs des mineures, pour des stéroïdes anabolisants. Il a terminé sa carrière à Taiwan avant de devenir gérant. «La Ligue de l’île de Shikoku est une très bonne ligue. Depuis que je suis là-bas, soit plus de 10 ans, il y a plus de 140 joueurs qui ont vu leurs contrats être achetés par des équipes de la Nippon Professional Baseball [la plus forte organisation japonaise].»

Ayant goûté au baseball nord-américain, Yofu a cependant amené une touche spéciale dans le monde assez régimenté du baseball asiatique. «Dans notre ligue, on ne joue que trois matchs par semaine et on s’entraîne beaucoup, un peu trop même... Au Japon, la plupart des gérants sont très autoritaires, mais pas moi. J’essaie d’être cool avec les gars et de les laisser jouer», conclut-il. Ian Bussières