Le gérant des Capitales, Patrick Scalabrini, redoute le moment où il devra annoncer à certains joueurs qu’ils seront retranchés de la formation.

Scalabrini plus «froid» lorsqu'il retranche des joueurs

Devant l’ingrate tâche d’annoncer à des joueurs la fin de leur séjour chez les Capitales, Patrick Scalabrini a adopté un truc, avec le temps. «Maintenant, je suis volontairement beaucoup plus froid quand je le fais», admet le gérant.

Depuis le début de son règne, en 2010, l’homme de baseball a vécu certaines «discussions plates» au moment d’apprendre la mauvaise nouvelle aux athlètes en trop. Son empathie, a-t-il remarqué, n’aidait pas du tout. «Ça amène plein de questions, ils ne comprennent pas, pis là ça décolle et ça ne vire pas en une belle conversation», explique-t-il.

Le fait d’adopter une attitude plus intransigeante a diminué ce problème, particulièrement avec un joueur qui ne fournit pas des performances dignes de la Ligue Can-Am. «C’est comme tirer sur un pansement», illustre le gérant.

Ce qui peut être un brin douloureux, malgré tout. Si la méthode de Scalabrini s’est peaufinée, ça ne fait pas pour autant de ces moments pénibles une partie de plaisir.

L’instructeur sera d’ailleurs plus doux avec un joueur coupé en raison de circonstances atténuantes. Parfois, certains sont mis de côté par l’arrivée d’un athlète plus expérimenté, par exemple. Lorsque le timing joue un plus grand rôle que les performances, l’empathie reprend parfois le dessus, constate-t-il.

La chimie considérée

Ce processus de sélection prend une grande place dans la tête du gérant, pendant le camp d’entraînement. «J’y pense beaucoup, surtout plus ça se rapproche. C’est con, mais t’espères quasiment que la décision se prenne par elle-même avec leurs performances», lance Scalabrini, signe qu’elle peut devenir un vrai casse-tête — et un moment crève-cœur — si tout le monde joue bien.

Pour la campagne à venir, la journée de mardi s’avère «un gros test», selon Scalabrini. Les Capitales disputeront en soirée leur dernier match présaison, 48 heures seulement avant le début de la vraie danse. Pour le moment, la lutte se fait surtout au monticule.

«Mes gars qui sont un peu borderline devraient tous lancer demain», dit d’ailleurs l’entraîneur-chef. On peut présumer que les Québécois Marc-Antoine Bérubé et Christopher Sauvé font partie de ce groupe.

Les heureux élus seront choisis pour leurs aptitudes au baseball, mais aussi pour leur chimie avec le reste du groupe, reconnaît Scalabrini. «C’est très gros. Surtout pour les derniers postes. Pour les postes les plus importants, c’est moins un facteur. Mais le dernier joueur choisi doit être quelqu’un d’apprécié dans la chambre, quelqu’un qui va aider dans le social, qui va bien représenter l’organisation», explique l’ancien joueur d’avant-champ.

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«CARESSE-LA»

C’est donnant-donnant, chez les Capitales. Le traducteur Raymond Boisvert a l’habitude de proposer des petits cours informels de français aux Cubains de l’équipe. Avec des résultats mitigés, admet-il lui-même. Lundi, il était l’élève à son tour lorsque l’arrêt-court Yordan Manduley lui frappait des petits roulants, tout en lui expliquant comment bien capter la balle : en ramenant délicatement son gant vers le corps, de bas en haut. «Caresse-la, caresse-la», répétait le pince-sans-rire cubain, jugeant le jeu de main du policier à la retraite un peu trop brusque.