Arrivé à Québec depuis dimanche, l’Australien Ryan Searle dit déjà se sentir en famille avec ses nouveaux coéquipiers des Capitales.

Ryan Searle, le pince-sans-rire australien

L’entraînement vient de finir. Un quidam s’approche de l’abri des joueurs et glisse timidement deux photos et un crayon vers Ryan Searle, à travers le filet. Le gros lanceur examine celui qui pose dans l’uniforme des Cubs, relève la tête et jette, insulté : «C’est même pas moi.»

Puis éclate de rire! Et barbouille son nom au Sharpie bleu sur le papier glacé, avec grand plaisir. Quelques instants plus tard, quand le journaliste lui demande quel genre de lanceur il est, l’Australien de 28 ans rétorque : «Un droitier.» Pas de doute, le nouvel artilleur partant des Capitales de Québec n’est pas à prendre trop au sérieux.

Sauf quand il montera sur le monticule. Parce que même s’il n’a plus sa forme d’antan — c’est peut-être pour ça qu’il ne s’est pas reconnu sur les photos... —, le colosse de 6’ et de 250 livres lance une tonne de prises. Il affiche une moyenne en carrière de presque un retrait au bâton par manche (0,86).

En 10 ans dans le baseball professionnel, Searle a atteint le niveau AAA des Cubs pour deux matchs, en 2012, mais il a surtout fait le tour du monde. Australie, États-Unis, Canada, Japon, Corée, Taïwan, Venezuela, Panama : certains endroits où il s’est établi quelques mois et d’autres visités avec l’équipe nationale australienne.

Il s’est pointé à Québec dimanche après 33 heures d’avion et d’aéroport de Brisbane, à Melbourne, à Los Angeles, à Montréal, à Québec. Difficile de le croire ensuite quand il dit ne pas aimer voyager, pince-sans-rire.

«Dès mon arrivée ici, je me suis senti en famille!» a-t-il affirmé, mercredi, au terme de la troisième journée du camp présaison des Capitales, au Stade Canac.

«Tout est plus relaxe, les gens sont plus joyeux, c’est la meilleure atmosphère où j’ai joué», assure-t-il. «Bien sûr, ça ne fait que trois jours que je suis arrivé. On verra après une série de défaites. Mais j’ai déjà joué dans le baseball indépendant [en 2014, à Grand Prairie] et tout le monde était toujours prêt à partir [pour l’affilié]. Ici, tout le monde est content d’être ici.»

À Québec sans hésiter

Doté d’une «protection supplémentaire», comme il le dit lui-même, Searle n’a pas peur du froid qui, jusqu’à maintenant, épargne les Capitales en préparation pour cette 20e saison. Même que de voir de la neige au réveil, «en montagne», à Stoneham, le ravit.

«J’avais d’autres offres. Mais pour moi, il n’y avait pas d’autres options que Québec», ajoute celui qui s’est laissé convaincre par Maxx Tissenbaum et James McOwen, joueurs des Capitales qu’il avait déjà côtoyés, ainsi que par un cousin de Kalian Sams qui a été son cochambreur dans l’affilié.

Il a ensuite joué en partie l’entremetteur entre les Capitales et Josh Vitters pour que cet ancien troisième--but des majeures, avec qui il a fait équipe dans le système des Cubs, atterrisse aussi à Québec.

Depuis trois ans, Searle évoluait presque exclusivement dans la ligue d’hiver australienne. Avec les Bandits de Brisbane, qui ont remporté en février d’un troisième championnat de suite. Trois ans où il occupait un poste de releveur de fins de match, anomalie dans sa carrière de partant. «Je n’ai pas gagné ces championnats à moi seul, mais trois en trois, ce n’est peut-être pas un hasard», laisse-t-il tomber, sourire en coin.

Il a quand même songé à la retraite, cet hiver. Assis dans son bureau. À faire du neuf à cinq en logistique de transport de machinerie. «Ça m’a redonné le goût de jouer au baseball. Ç’a rallumé la flamme», conclut notre homme, qui gère aussi le groupe Facebook des anciens du baseball indépendant. D’ancien, il est maintenant redevenu actuel.

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PREMIERS LANCERS POUR BÉRUBÉ ET SAUVÉ

Marc-Antoine Bérubé, natif de Trois-Pistoles, a déjà gagné un championnat à Québec, avec les Diamants de la LBJEQ en 2014.

Pas de surprise dans le fait que Karl Gélinas ait été le plus précis et Andrew Elliott, le plus puissant dans ses tirs, mercredi, lors de la troisième journée d’entraînement des Capitales. Puisqu’il manque encore la moitié du monticule au Stade Canac, les lanceurs ont dû s’exécuter à partir d’une rampe en bois couverte de tapis gazon.

Ce qui n’a pas empêché les deux jeunes lanceurs québécois, Marc-Antoine Bérubé et Christopher Sauvé, de s’exécuter pour la première fois devant les yeux du gérant Patrick Scalabrini et de son instructeur des lanceurs et as partant, Karl Gélinas. «Je me répète, mais on ne fait pas l’équipe aujourd’hui. Il est encore tôt. Mais ils ont bien paru, considérant que c’était leur première sortie sur un faux monticule», a analysé Scalabrini.

«Je suis un peu déçu, j’ai laissé quelques balles trop hautes. Mais je suis toujours trop critique envers moi-même», a de son côté commenté Bérubé, après avoir renoué avec des connaissances au sein du programme baseball-études de Québec.

Le natif de Trois-Pistoles, maintenant âgé de 25 ans, a joint les Canonniers il y a quelques années et a gagné un championnat junior élite avec les Diamants de Québec, en 2014, avant d’être repêché par les A’s d’Oakland (28e ronde) en 2015. «J’avais quand même une bonne étoffe, j’ai lancé des prises, je ne me suis pas fait détruire. J’ai confiance en mon talent pour jouer ici, mais je dois travailler ma constance et ne pas prendre de jour off ou même de lancer off», indique le droitier de 6’2” et de 180 livres.

Quant à Sauvé, 22 ans seulement, il s’agissait de ses premiers duels contre des frappeurs depuis son opération au coude de type Tommy John. Le gaucher originaire de Mascouche semblait soulagé d’avoir franchi cette première étape.

Scalabrini ne procédera aux coupes qu’après le troisième et dernier match préparatoire de mardi. L’ouverture de la saison a lieu le jeudi 17 mai.