En plus de bien faire défensivement contre les Aigles, le premier-but des Capitales Jordan Lennerton a frappé un circuit de trois points.

Québec complète le coup de balai

Les Capitales ont le vent dans les voiles! La troupe de Patrick Scalabrini a défait les Aigles de Trois-Rivières 5-2 pour balayer la dernière série de la saison entre les deux équipes, au Stade Canac, jeudi. Du coup, Québec a confirmé sa présence en séries.
Arik Sikula (12-3) a connu une autre solide sortie. Intraitable, il n'a accordé que deux points, six coups sûrs et un but sur balles en sept manches. Il a de plus retiré cinq frappeurs sur des prises, signant sa 10e victoire consécutive.
«C'est incroyable! J'ai commencé à parler de cette séquence à quelques personnes à partir de la septième victoire. Ça me motivait encore plus, ça me donnait encore plus d'adrénaline, de concentration. Et j'en ai parlé à Michel [Laplante, le président des Capitales] avant le match. Il m'a dit qu'il avait gagné neuf matchs en ligne lorsqu'il jouait, mais que sa séquence s'était terminée avec la fin de la saison. Je me suis dit que je devais battre Michel!»
Tout le long de la soirée, l'Américain a pu travailler à l'aise, alors que l'attaque québécoise lui offrait un coussin de trois points dès la première manche, gracieuseté de Jordan Lennerton, dont le circuit (12e) a permis à Philippe Craig-St-Louis et Yurisbel Gracial de croiser le marbre.
«Ç'a aidé, indéniablement. Avec une avance, tu lances mieux, t'es plus agressif, parce que tu sais que tu as un petit jeu...» a laissé entendre Scalabrini.
Sams rejoint Fuenmayor
En cinquième, Gracial (9e) et Kalian Sams ont ajouté deux points à l'avance des locaux grâce à de longues frappes en solo. Avec ce 23e circuit de la saison, Sams a d'ailleurs rejoint Balbino Fuenmayor au troisième rang de l'histoire des Capitales. Seuls Pierre-Luc Laforest (24 en 2009) et Eddie Lantigua (31 en 2005) les devancent.
La soirée presque parfaite de Sikula s'est compliquée en sixième et septième manches, lorsque des simples productifs de Javier Herrera et de Chris Torres ont permis aux Aigles de réduire la marque 5-2. Avant le match, Sikula n'avait pourtant accordé qu'un seul point en 21 manches et un tiers face aux Aigles, cette saison!
Ce fut l'occasion de voir la nouvelle acquisition des Capitales, le releveur Matt Marksberry, à l'oeuvre pour la première fois, dans l'uniforme québécois, en huitième. Il n'aura toutefois fait que passer sur le monticule, affrontant quatre frappeurs et accordant un coup sûr et deux buts sur balles, en un tiers de manche.
«On se doutait que ça allait être tough. On s'était dit qu'on ne jugerait pas les deux ou trois premières sorties. C'est un projet à moyen terme. Il était nerveux, excité. Ça faisait un an qu'il n'avait pas lancé dans un match. On va le relancer dans l'action, dans peut-être deux jours», a expliqué Scalabrini.
Stanton déçu de ses lanceurs partants
Du côté des Aigles, le gérant T.J. Stanton déplorait que ses partants aient labouré en début de match tout le long de la série. «À quasiment chaque match de cette série, nos lanceurs partants ont mal commencé le match, ont perdu le momentum, et les lanceurs partants des Capitales ont fait l'inverse.
«C'était un match des séries, mais en même temps, on ne peut pas donner une aussi bonne première manche à une équipe offensive comme les Capitales. C'est trop. Le positif, c'est que nos lanceurs de relève font bien, mais chaque soir, il a fallu revenir de l'arrière», a constaté Stanton.
NOTES : Les Capitales ont joué à guichets fermés jeudi, devant la plus grosse foule de la saison, soit 4317 amateurs... Brett Lee (3-3, 4,06) affrontera Steve Borkowski (8-7, 4,22) lors du premier match de la série contre les Champions d'Ottawa, vendredi au Stade Canac.
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Sikula vers une saison record?
Au rythme où le lanceur Arik Sikula enfile les victoires depuis le début de la saison, le Californien de 28 ans pourrait, avec ses trois départs restants d'ici la fin de la saison, égaler le record de ligue de 15 gains établi par Brian Rodaway avec Atlantic City, en 2007, puis égalé par Jeff Duda, avec les Capitales, en 2012.
Il s'agit d'une saison inespérée pour le droitier de 6' et de 200 livres, auteur d'un 10e gain consécutif jeudi, qui n'a pas connu de relâchement depuis qu'il a trouvé son erre d'aller contre les Aigles de Trois-Rivières, le 28 juin.
S'il remporte ses trois derniers départs de la saison, Arik Sikula terminerait la saison avec 15 départs, un record de la Can-Am, à égalité avec Brian Rodaway (2007) et Jeff Duda (2012).
«Je ne m'attendais pas du tout à ça de lui. Si la saison se terminait aujourd'hui, il serait sans contredit de lanceur de l'année dans la ligue. J'espérais qu'il soit une belle surprise, parce qu'il a été très bon dans les mineures comme closer. Il n'a jamais été partant et il n'a jamais été bon dans les niveaux supérieurs, soit le AA et plus. Il y avait donc deux petits points d'interrogation, mais je me disais que c'était au maudit beau gamble qui pourrait être très bon», a raconté Patrick Scalabrini.
Le gérant des Capitales ne cache pas être admiratif du bras et de l'attitude de l'ancien choix au repêchage des Blue Jays de Toronto (36e ronde, 2011). «C'est un vrai malade, un vrai compétiteur. Il veut tellement! C'est aussi un gars qui pense baseball. Il a un très très bon QI de baseball. Pour toutes ces raisons, je savais qu'il allait probablement être bon, mais pas si bon que ça.» Il se rappelle d'ailleurs les débuts plus chancelants de Sikula, qui devait faire la transition entre le rôle de stoppeur à celui de partant, à son arrivée avec les Capitales. «Ç'a lui a quand même pris un petit moment au début de l'année pour s'ajuster comme il faut à son rôle de partant. Il essayait trop d'aller chercher le retrait sur trois prises, il faisait trop de lancers et il n'allait pas aussi profondément dans ses matchs.»