Zack Tremblay et Ely Boucher sont préposés au bâton lors des matchs des Capitales. Évoluant dans l’ombre, ils s’activent pour permettre au jeu de reprendre le plus rapidement possible et ont le plaisir de côtoyer des professionnels du baseball.

Profession: préposé aux bâtons

Ils ne sont pas aussi visibles que les autres joueurs des Capitales. Ils ne font pas les manchettes à cause de leurs exploits au monticule ou au bâton. À vrai dire, sur le terrain, leur rôle n’est ni offensif ni défensif. Disons qu’ils sont davantage des joueurs de soutien. Dans les gradins, notre regard n’est pas porté vers eux, mais pourtant leur travail est indispensable au bon déroulement de la rencontre.

Ils sont au nombre de quatre par match à exercer la «profession» de préposé aux bâtons pour les Capitales de Québec lors des matchs de l’équipe à domicile.

Ceux qu’on appelle communément les batboys arrivent au Stade Canac entre 30 minutes et une heure avant le début du match. Une fois vêtus de leur chemise, de leur casque et de leurs souliers, ils sautent sur le terrain juste à temps pour être présentés à la foule par les animateurs. Puis, dès le premier lancer, les préposés se mettent au travail.

L’arbitre au marbre demande de nouvelles balles. Le bâton du joueur qui vient de frapper un coup sûr traîne au sol. Une fausse balle doit être ramassée. Les batboys s’activent pour permettre au jeu de reprendre le plus rapidement possible.

Parmi la vingtaine de préposés, âgés entre 8 et 11 ans, on compte Zack Tremblay et Ely Boucher. Zack, 9 ans, est considéré comme un vétéran avec ses quatre années de service sous le casque. Ely, 9 ans lui aussi, a l’étiquette de recrue, lui qui en est à sa première saison.

Pas d’affichage

Les deux ont décroché leur poste de façon similaire. Le père de Zack est un ami du gérant des Capitales, Patrick Scalabrini, tandis que la famille d’Ely est proche des Laplante, dont Michel est le président de l’équipe.

«Quand j’étais petit, j’allais souvent voir les matchs des Capitales, puis j’aimais ça voir les batboys qui ramassaient les bâtons», raconte le jeune vétéran. «Un moment donné, je lui ai demandé [à Scalabrini] si je pouvais les aider en étant batboy et puis j’ai commencé.»

Charles Demers, qui s’occupe des opérations baseball au sein de l’administration du club québécois, explique qu’«il n’y a pas d’affichage de poste. Les gens m’envoient un courriel me mentionnant leur intérêt pour pouvoir être batboy et après, en fonction du nombre de places disponibles et le retour, j’envoie un message pour dire qu’ils ont été sélectionnés.»

Pas besoin d’affichage pour que la fonction soit populaire. Il n’y a qu’à laisser le bouche-à-oreille faire son œuvre.

«Les petits gars qui jouent dans l’équipe de baseball à Zack, quand ils viennent aux Capitales et ils voient que Zack est là, ils veulent tous savoir comment faire pour faire ça. Ça se jase entre tous les petits jeunes qui jouent au baseball» donne en exemple la mère de celui-ci.

Les candidats n’ont pas besoin d’y jouer pour avoir une chance de porter le maillot des Capitales, comme Ely. Le préposé recrue aimerait bien cependant pratiquer ce sport. «Peut-être l’année prochaine», avance maman.

Les nouveaux préposés ne sont pas laissés à eux-mêmes lorsqu’ils arrivent pour leur premier quart de travail. L’organisation a créé le «Grand livre des batboys», dont ces derniers doivent prendre connaissance.

«On essaie de jumeler des vétérans avec des recrues, pour qu’ils puissent montrer un petit peu c’est quoi la tâche», ajoute le responsable. «Les coachs servent, au début de l’année, d’entraîneurs pour les batboys. Ils disent les moments d’aller chercher le bâton, d’aller porter des balles.»

L’horaire mensuel est fait en fonction des disponibilités des jeunes. Chacun peut être appelé entre quatre et six fois par mois, pour un total d’une vingtaine de parties dans la saison.

Grand amateur de ce sport, Zack apprécie qu’il puisse «apprendre des choses et ça me permet de voir les matchs». Pour Ely, c’est la proximité avec les pros qu’il aime particulièrement. «C’est rare que tu touches aux balles des vrais joueurs.»

Les qualités recherchées

Plusieurs caractéristiques sont recherchées chez un bon préposé aux bâtons. 

«Il est toujours prêt, on n’a pas besoin de lui rappeler ses tâches», affirme M. Demers. «Un bon batboy, c’est un jeune qui est alerte, qui est capable de comprendre par lui-même quand aller chercher la balle, quand ne pas y aller, c’est quoi le danger, est-ce que le jeu est fini. On voit vraiment la différence quand les jeunes ça fait deux ans, trois ans qui le font, ils deviennent très bons.»

Évidemment, ce n’est pas une paie sous forme monétaire qui est versée aux batboys, mais leur travail «donne accès à deux billets pour le match pour ses parents, des rabais à la boutique souvenir et aux concessions», précise Charles Demers. «Juste le fait d’être dans l’abri des Capitales et de côtoyer leurs idoles et de pouvoir échanger avec eux, ça c’est leur paie.»