Michel Laplante, président des Capitales (à gauche), et le gérant du club, Patrick Scalabrini, ont dressé un bilan évidemment positif de la dernière campagne. Dans les prochaines semaines, l'organisation commencera à planifier les projets du 20e anniversaire des Capitales.

Parcours parfait pour les Capitales, malgré les obstacles

Les odeurs de champagne sont disparues, les gradins sont déserts, les joueurs sont repartis d'où ils viennent, mais un vent positif continue de souffler sur le Stade Canac.
«Ç'a été un parcours parfait, même si plusieurs obstacles se trouvaient devant nous», admet le président Michel Laplante en dressant le bilan de la 19e saison des Capitales de Québec.
Avant de se lancer dans les projets du 20e anniversaire, l'équipe de baseball de la Ligue Can-Am revenait sur la plus récente campagne couronnée par le septième championnat de son histoire. Il y a une semaine, les Capitales devenaient la première formation du circuit à tout balayer sur son passage en séries éliminatoires.
Cette conquête venait couronner une saison où 148 639 spectateurs ont franchi les tourniquets, et ce, malgré plusieurs soirs où le ciel était menaçant.
«Nous avions plusieurs défis, comme l'installation d'une surface synthétique, jouer 23 matchs locaux en 30 jours à compter du 1er juin, et tout cela, sans savoir qu'il y aurait autant de pluie. Si les 25 premiers matchs ont été difficiles à cause de la température, comme partout ailleurs, on a réussi à rattraper par la suite. En fin de saison, on n'avait jamais vu autant de bonnes foules, ce fut l'une de nos plus belles années à ce niveau», notait Laplante, en soulignant la qualité de l'équipe montée par le gérant Patrick Scalabrini, la plus dominante depuis 10 ans à ses yeux.
Jusqu'à l'an dernier, les Capitales occupaient le stade dans 90 % du temps. Avec l'installation de la surface synthétique, la subdivision en trois petits terrains et la présence à venir du dôme, en octobre, ils n'en seront les utilisateurs que dans 12 % des heures disponibles, un signe que les gens s'approprient cet équipement municipal.
Le petit Fenway de l'Est
Laplante se réjouissait aussi de l'intérêt que les Capitales suscitent. La terrasse est de plus en plus populaire avec ses quelque 20 000 visiteurs à la formule des 5 à 7 et l'animation, chaque mardi, des spectacles organisés par la Broche à Foin.
«Les Capitales, ce n'est plus qu'un événement qu'on va voir le vendredi ou le samedi. Il y a aussi du monde pendant les jours de semaine. Le produit est connu, non seulement par les gens de Québec, mais aussi par les touristes. On commence à surnommer le stade comme étant le petit Fenway de l'Est. Les commentaires sur notre terrain sont plus positifs qu'on l'espérait et la surface a relevé le niveau de jeu.»
Au cours des prochaines semaines, les Capitales plancheront sur les projets pour la saison 2018. «Il n'y a pas beaucoup d'équipes professionnelles qui ont célébré leurs 20 ans, à Québec. Il y a des gens qui disaient que le baseball professionnel ne pouvait pas duré plus que cinq ou six ans à Québec, on défie la loi des probabilités. Tout cela est de bon augure.»
Si l'équipe est en santé, elle a aussi besoin du souffle des autres formations de la Ligue Can-Am. «Financièrement, ce n'est pas toujours facile. Nous sommes choyés à Québec de compter sur des propriétaires comme Jean Tremblay, Pierre Tremblay et Marie-Pierre Simard.
«Les Capitales vont bien, il faut aussi travailler au niveau de la Ligue parce qu'on ne peut pas jouer tout seul. Il faut développer des marchés, partager ce qu'on fait de bien, faire preuve de créativité, car il n'y a jamais rien d'acquis», indiquait Laplante, qui s'attend à ce d'autres villes adoptent le concept de terrain synthétique converti en dôme pendant l'hiver. Cela pourrait même inciter certaines villes à se joindre à la Ligue Can-Am dans l'avenir, pense-t-il.
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Un nouveau statut pour les Cubains?
Le championnat remporté par les Capitales n'a pas fait que des heureux. À travers la Ligue Can-Am, certaines équipes commencent à se plaindre de l'avantage que les joueurs cubains procurent à la formation québécoise. Ainsi, la classification de ceux-ci fera l'objet d'un débat dans les prochaines semaines. Présentement, tout Cubain qui s'amène dans la Ligue est considéré comme un joueur de catégorie LS-2, peu importe son âge et son expérience internationale.
«Je vais avoir à débattre sur ce sujet, il pourrait y avoir des changements à ce niveau. Selon nous, leur présence est bonne pour la Ligue, mais l'excellente saison qu'on vient de connaître et la présence de trois Cubains sur l'équipe d'étoiles, ça lève un drapeau. Je vais demander à la Ligue si elle veut niveler par le bas. Je pense que chaque équipe possède ses avantages, autant nous que les clubs basés aux États-Unis», indiquait le président Michel Laplante, tandis que le gérant Patrick Scalabrini se disait curieux de connaître le dénouement de l'histoire. Il ne voudrait pas que ses joueurs cubains deviennent soudainement des vétérans. Il préconise le droit acquis pour ceux-ci et une classification différente pour les nouveaux.