Rian Kiniry s’est signalé en attaque pour les Capitales avec trois coups sûrs en quatre présences au marbre, dont un double, et deux points marqués.

Ottawa 2/Québec 7: l’affaire d’une grosse manche

Une grosse septième manche de quatre points a permis aux Capitales de Québec d’enterrer les Champions d’Ottawa jeudi soir dans un gain de 7 à 2 au Stade Canac, leur cinquième seulement cette saison.

Les Caps ont malmené le releveur des Champions, Andrew Cooper, en septième. Un mauvais lancer a d’abord permis à Rian Kiniry de croiser le marbre et un simple d’Alan Mocahbee a ramené Jhalan Jackson à la maison. 

Par la suite, J.D. Williams a marqué à son tour sur un jeu serré au marbre qui a provoqué la colère du receveur des Champions Andy Mocahbee et du gérant Sébastien Boucher. Les deux ont été expulsés et Mocahbee pourrait être suspendu puisqu’il a bousculé l’arbitre au marbre Jonathan Fillion.

David Salgueiro, qui a aussi connu une grosse soirée au bâton avec trois coups sûrs en quatre, a ensuite produit un autre point en frappant la dernière offrande de Cooper au champ gauche.

«On a été hyperagressifs et c’est ce que je voulais. Il fallait essayer de générer des choses étant donné qu’on n’a pas une grosse attaque», a commenté le gérant Patrick Scalabrini, qui semblait plutôt soulagé après la victoire.

Il a aussi vanté son partant Arik Sikula, qui a enfin connu une bonne sortie après quatre départs plutôt ordinaires. «Sik a été bon et on en avait besoin parce que nos releveurs de huitième et neuvième manches n’étaient pas disponibles ce soir», a-t-il dit de celui qui n’a donné que cinq coups sûrs, deux buts sur balles et un point mérité en six manches. 

Le droitier californien a su se sortir de situations difficiles avec des coureurs sur les sentiers en troisième et en cinquième manche avant d’être relevé pare Max Kuhns et Marvin Gorgas.

Dans le vestiaire des Champions, Sébastien Boucher posait un regard réaliste sur la défaite. «Leur partant a été bon et nous, on n’a jamais été capables de capitaliser sur les coureurs qu’on a placés sur les buts.»

Boucher s’attend lui aussi à devoir se passer de son receveur après l’escarmouche de la septième manche. «Mon receveur avait son pied devant le marbre alors c’est simplement impossible que Williams ait touché au marbre avant. Je suis allé pour m’interposer quand j’ai vu que Mocahbee s’était fâché contre l’arbitre. Mais quand il s’est fait jeter dehors, je voulais enlever un peu de pression sur ses épaules, alors j’ai dit à l’arbitre qu’il allait devoir m’expulser moi aussi», a poursuivi Boucher, sourire en coin.

Les Caps avaient débuté le match en force. Deux longs doubles de Chris Shaw et Jhalan Jackson leur ont permis d’inscrire leurs deux premiers points au tableau en première manche. J.D. Williams a ensuite poussé Kiniry au marbre avec un optionnel. 

Jiandido Tromp avait répliqué avec un coup de circuit en solo en troisième manche pour inscrire les Champions au pointage avant d’inscrire le deuxième point des siens sur un optionnel en huitième.

NOTES : Les Capitales prennent la route de Sussex County où ils affronteront les Miners, champions de l’an dernier et meneurs au classement général, pendant que les Champions d’Ottawa se mesureront aux Aigles à Trois-Rivières... Blessé à l’ischio-jambier, Jhalan Jackson sera un cas incertain pour le match de vendredi, mais Scalabrini ne croit pas que la blessure soit sérieuse et ne s’attend donc pas à une absence prolongée...

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RIAN KINIRY: DU BÉTON AU DIAMANT

Utilisé comme voltigeur et au champ intérieur, le nouveau venu des Capitales Rian Kiniry aimerait bien voir les siens retrouver le chemin de la victoire, mais il garde quand même le sourire. Après tout, il a réussi son retour sur le diamant après trois années «sabbatiques» à travailler dans l’entreprise de béton de son père.

«J’ai tout arrêté de 2014 à 2017. Quand mon fils est né, j’ai pris ma retraite du baseball», racontait le joueur de 32 ans avant le match de jeudi soir. «J’ai travaillé avec mon père pendant trois ans, c’est un bon travail, mais c’est dur!», poursuit-il.

La piqûre du baseball est revenue l’an dernier. «J’ai vu comment J.D. Martinez s’était amélioré en modifiant son élan et je me suis dit que je pourrais peut-être apporter quelques modifications moi aussi», explique-t-il.

Ce sont les Admirals de Vallejo, dans l’Association pacifique, qui ont donné une nouvelle chance à cet ancien produit de l’organisation des Angels d’Anaheim. Vingt et un circuits et vingt buts volés plus tard, le natif de Fort Lauderdale avait de nouveau fait ses preuves. Les ajustements «mécaniques» à son élan avaient rapporté.

Cette année, il a débuté avec les Blue Crabs de Southern Maryland dans la Ligue atlantique avec des résultats un peu moins convaincants. «On m’a dit que les Capitales avaient besoin d’un coup de main alors j’ai décidé de tenter ma chance. Quand j’ai une occasion de pouvoir jouer au baseball, j’y vais», explique celui qui aime bien son expérience dans la capitale jusqu’à maintenant. Il faut dire qu’il connaît bien les Québécois pour en avoir rencontré plusieurs qui se rendaient en vacances dans son patelin...

Avec Mike Trout

Cependant, même s’il a évolué dans l’organisation des Angels, il n’y a jamais côtoyé le partant des Caps Karl Gélinas, qui avait quitté le réseau de filiales d’Anaheim l’année avant l’arrivée du Floridien.

«Par contre, j’ai joué quelques années avec Mike Trout au niveau A fort. C’était tout un joueur. Déjà, on pouvait voir qu’il avait un talent assez spécial», poursuit-il à propos de l’excellent voltigeur des Angels.

En 2011, l’année où Trout atteignait les ligues majeures, Kiniry connaissait aussi la saison de sa vie. Après avoir débuté l’année au niveau A fort, il a grimpé les échelons un à un jusqu’au niveau AAA où il a montré une excellente moyenne au bâton de .302.

«Je ne sais pas si j’aurais pu être rappelé dans les majeures cette année-là. On raconte qu’il faut parfois être au bon endroit au bon moment», poursuit-il.

L’année suivante, Kiniry a choisi le mauvais moment pour avoir une mauvaise saison. «Je suis retourné dans le AA et j’ai eu un mauvais début de saison au bâton et on m’a libéré. Que veux-tu, c’est comme ça!»

Le baseball indépendant, plus précisément la Ligue atlantique et l’Association américaine, lui a permis de garder son rêve vivant avant sa première «retraite» et encore aujourd’hui avec son premier séjour dans la Ligue Can-Am.

«Il y a des gars qui retournent dans le baseball affilié partout dans le baseball indépendant alors je me dis pourquoi pas? À 32 ans, je pense que c’est encore possible!», conclut-il. Ian Bussières