Dans chaque vestiaire où il se pointe, le joueur de champ intérieur Mattingly Romanin ne peut éviter les questions sur l’incident dont il a été la «vedette» il y a cinq ans. En effet, l’Ontarien peut se vanter d’être possiblement le seul joueur de l’histoire du baseball à avoir reçu un parachutiste sur la tête.

Mattingly Romanin, vedette du Web

Mattingly Romanin peut se vanter d’au moins une chose : il est sans doute le seul joueur de baseball de l’histoire atteint par… un parachutiste.

L’incident est vieux de cinq ans, mais il suit l’athlète ontarien depuis lors. «Tu es le premier à m’en parler ici, je suis surpris que ça ait pris autant de temps», a rigolé le joueur de 25 ans, lundi, après l’entraînement ensoleillé des Capitales, au Stade Canac.

En 2013, Romanin se réchauffait pour une rencontre de ses Caveman de Hannibal, au Missouri, lorsqu’un parachutiste participant au spectacle d’avant-match lui est carrément tombé dessus depuis le ciel, derrière le deuxième but.

«Les organisateurs nous avaient dit de ne pas bouger, que même si les parachutistes donnaient l’impression de nous frapper, ils nous passeraient par-dessus la tête, ou quelque chose du genre. Alors je suis resté planté là. Mais à un moment donné, je me suis dit : “Ça va faire mal!” Alors j’ai essayé d’amortir le choc autant que possible», a raconté Romanin, prenant une partie du blâme pour l’accident.

Cocasse à première vue malgré la violence du contact, la scène a pris une tournure dramatique lorsque Romanin a mis du temps à se relever. Il y est finalement parvenu, a joué le match… mais s’est réveillé le lendemain avec des symptômes de commotion cérébrale. Il n’a pas enfilé l’uniforme du reste de la saison : plus d’un mois de jeu perdu.

Entre-temps, il est devenu malgré lui une petite sensation du Web. Près de deux millions de personnes ont vu la vidéo de l’incident sur YouTube. Romanin a aussi multiplié les entrevues avec les médias, et pas juste avec les locaux. Sports Illustrated et l’Associated Press se sont intéressés à cette histoire rocambolesque.

Il aurait préféré recevoir cette attention pour ses exploits au baseball, mais Romanin se réjouit aujourd’hui de cette expérience. «Ça m’a fait connaître. Quand j’arrive dans un nouveau vestiaire, c’est quelque chose que je peux mentionner pour faire rire les gars. “Oui, c’était moi!” Je dois l’accepter. C’est amusant.»

En l’honneur de Don

Son nom l’indique : Mattingly Romanin est né d’un père amateur de baseball. Amateur des Yankees, en particulier. Car oui, il a été nommé en l’honneur de Don Mattingly, ancien joueur-vedette des Bombardiers du Bronx, désormais gérant des Marlins de Miami.

«Mon père [Mal] m’a toujours dit qu’il était supposé s’appeler Mickey, d’après Mickey Mantle. Comme ça n’est pas arrivé pour lui, il s’est assuré que j’obtienne quelque chose de similaire», a souri Romanin, dont le nom de famille est d’origine italienne.

Aîné de quatre enfants, il n’a pas vu ses deux frères et sa sœur subir le même destin nominal. «Ma mère a dit [à mon père] : t’as choisi le premier nom, je vais m’occuper des autres!» a-t-il blagué.

Choix de 39e ronde des Blues Jays de Toronto en 2015, le natif de Burlington a été remercié par la formation du baseball majeur en mars. Son ami Andrew Tinnish, ancien joueur des Capitales maintenant adjoint au directeur général chez les Jays, l’a aidé pour la suite des choses. Et voilà Romanin à Québec.

En trois saisons dans le baseball affilié, il a conservé une moyenne au bâton de ,193. Il est toutefois reconnu pour sa polyvalence en défensive, lui qui peut jouer à peu près partout.

Il fait partie d’un petit groupe de joueurs de position en lutte pour garder une place avec les Capitales. Ceux pour qui chaque instant compte, comme la rencontre hors-concours de mardi soir, face aux Brewers de Sainte-Thérèse, une formation de baseball senior.

«Le travail n’est jamais terminé. On se bat pour son travail tous les jours. Mais il ne faut pas y penser de cette façon. Je dois juste jouer mon match et laisser cette décision à Pat [Scalabrini]. Je vais juste m’arranger pour la rendre difficile.»

Si l’on se fie au gérant Scalabrini, Romanin et ses collègues ont peu à craindre à court terme. L’absence temporaire de Maxx Tissenbaum et de Stephen Gaylor laisse des places ouvertes. Pour l’instant.