Critique à l’endroit de certains joueurs, le gérant Patrick Scalabrini a aussi eu de bons mots pour les recrues Joe Lytle et Alan Mocahbee, qui ont chacun produit un point ans la défaite de mardi.

Match moins long, mais même résultat pour les Capitales

Autre défaite pour les Capitales de Québec mardi soir, celle-ci écourtée à cinq manches par la pluie du New Jersey. Une erreur du voltigeur Andrew Godbold a coûté deux points dans un revers de 3-2 face aux Jackals.

Erreur non comptabilisée au sommaire, puisque Godbold n’a même pas touché à cette frappe de Jay Gonzalez passée par dessus sa tête au champ gauche, en troisième manche.

«Ç’a coûté le match», a constaté le gérant Patrick Scalabrini, au téléphone, déçu d’avoir vu un match aussi serré arrêté même si la météo le commandait. «Godbold a fait une erreur de jugement. Ce qui devait être un retrait de routine s’est transformé en manche de deux points, dont le point gagnant», a poursuivi celui qui cumule quelques griefs à l’endroit de Godbold.

Car au lieu de se retrouver avec deux retraits et les sentiers déserts, le lanceur partant pour Québec Scott Richmond devait plutôt composer avec un coureur au troisième, Gonzalez ayant été crédité d’un triple.

Richmond a ensuite accordé des simples à trois des quatre frappeurs suivants, assez pour permettre aux Jackals de reprendre l’avance et attendre l’averse qui menaçait depuis le début de la soirée.

Comme anticipé, une forte pluie s’est ensuite abattue sur le stade Yogi Berra de Little Falls, en cours de sixième, tonnerre et éclairs en prime. Après une quarantaine de minutes de pause, l’arbitre Matt Criss n’a pu que mettre un terme au match et décerner la victoire aux locaux, qui engrangeaient une cinquième victoire consécutive après avoir balayé Trois-Rivières sur quatre matchs, Jersey montrant une fiche de 9-3. L’inverse des Capitales, à 3-9, qui n’ont gagné qu’une fois à leurs cinq récentes sorties.

Les recrues continuent

Ancien des majeures avec les Blue Jays de Toronto, Richmond (1-1, mpm 6,00) a encaissé la défaite, sa première dans la Ligue Can-Am. Il a accordé trois points sur huit coups sûrs en cinq manches.

L’erreur de Godbold «change toute la performance de Richmond», indique le patron. «Scott a eu de la misère à s’adapter au monticule au début du match, mais il était sur une séquence où tout allait bien depuis quelques manches. Dommage qu’il ait manqué de temps.»


« Godbold a fait une erreur de jugement. Ce qui devait être un retrait de routine s’est transformé en manche de deux points, dont le point gagnant »
Patrick Scalabrini

Dans la défaite, les recrues Joe Lytle et Alan Mocahbee ont poursuivi leur bon travail en produisant chacun un point. Lytle a amorcé le match en force avec un double comme deuxième frappeur, claque qui faisait marquer Kody Ruedisili, une autre recrue.

Le receveur Chris Shaw était de retour au jeu après une semaine complète de repos pour soigner une blessure à l’épaule. Il s’est accroupi derrière le marbre et a donné congé au nouveau venu Corey Bass.

Scalabrini a modifié son alignement de frappeurs en inversant ou presque les positions de Ruedisili (2 en 3, moy ,357) et du rapide David Salgueiro (1 en 2, moy ,205), plaçant Ruedisili premier et Salgueiro neuvième.

«On aime ce que chacun apporte et ils ont tous les deux connu un bon match. Avec Lytle, ils sont nos meilleurs joueurs en ce moment. On doit les féliciter pour ça, mais aussi pointer d’autres joueurs pour leurs insuccès actuels», souligne Scalabrini, qui ne peut pas encore se permettre d’avoir la mèche courte, lui qui est toujours en attente de renfort au bâton.

Outre les Cubains qui n’arriveront pas avant une autre semaine ou plus, le gros cogneur Jhalan Jackson, récemment libéré du AA des Yankees de New York, se montre moins pressé de se joindre au groupe et n’est maintenant attendu que vendredi.

Mercredi, Matt Marsh (0-2, 6,30) prendra la balle pour Québec, toujours chez les Jackals.

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JOUER AU POSTE DE RECEVEUR POUR CONTRER LE TDA

Corey Bass pourrait jouer à n’importe quelle position. Mais le poste de receveur est le seul qui l’empêche de tomber dans la lune. «Tu finis par t’ennuyer, là-bas!» lance en riant le nouveau joueur des Capitales de Québec.

Bass s’est autodiagnostiqué un trouble du déficit de l’attention (TDA) au fil de ses années dans le baseball, depuis 2013 chez les professionnels. Rien d’officiel ou de médical. Mais son remède consiste à s’accroupir derrière le marbre pour prendre part à chaque lancer de son équipe, pour être impliqué dans chaque jeu en défensive. C’est la seule place où il a joué.

Par-dessus tout, l’athlète de 28 ans adore se salir! Malheureusement pour lui, la surface synthétique du stade de Québec ne lui permet pas de noircir son uniforme.

«J’ai joué durant deux ans dans la Ligue Frontier, où tous les terrains sont en synthétiques. Ces temps-ci, c’est parfait. Mais en plein été, par contre, c’est pas mal plus chaud», note-t-il.

Bass a laissé une excellente impression à son premier match, dimanche. L’artilleur partant et instructeur des lanceurs Karl Gélinas a trouvé qu’il offrait une très bonne cible.

«Je n’ai jamais vu un receveur poser autant de questions aux lanceurs avant un match, pour savoir où ils veulent le gant et comment se placer», souligne le gérant Patrick Scalabrini, à propos de sa récente acquisition.

Bass est là surtout pour sa défensive. Il vient d’être libéré de la Ligue Atlantique, par le Revolution d’York, avec qui il n’avait disputé que six matchs. «C’est mieux ainsi, parce que je voulais jouer. C’est plaisant d’arrive quelque part où on te veut, ça va faire une bonne différence», affirme celui qui revient d’une année sabbatique et qui montre une moyenne au bâton de ,239 en carrière professionnelle.

Repêché en 20e ronde par les Phillies de Philadelphie en 2013, le receveur de 5’ 9’’ et 200 lb a réalisé une deuxième percée dans le baseball affilié au début de 2017, dans l’organisation des Marlins de la Floride, après une excellente campagne de 42 points produits et 11 circuits dans la Frontier.

Celui qui est justement originaire de la Floride, plus précisément Orlando, espère qu’il aura bientôt un troisième appel. «Je ne suis pas contre l’idée d’aller jouer outre-mer non plus. C’est ma première fois au Canada et j’adore ça! Mais c’est bizarre, parce que tout le monde parle français...» rigole-t-il. Le père de Corey s’appelle Kevin Bass, mais n’est pas l’ancien voltigeur de droite des Astros de Houston.