Malgré sa feuille de route intéressante — il a connu trois saisons de 14 victoires dans les majeures — Mat Latos désire aborder le baseball de la Ligue Can-Am avec humilité.

Mat Latos veut retrouver le plaisir de lancer

Comme tous les joueurs ayant déjà connu beaucoup de succès dans les ligues majeures, il aimerait se réveiller et avoir 24 ans à nouveau. Coiffé de la casquette des Jackals du New Jersey, le lanceur Mat Latos comprend que cela n’est pas possible et il s’amène dans le baseball indépendant avec le désir de retrouver le plaisir de jouer.

Il est plutôt rare qu’un joueur avec sa feuille de route se retrouve dans la Ligue Can-Am. Habituellement, les vétérans sans contrat des majeures optent pour la visibilité de la Ligue Atlantique.

«Peu importe l’endroit, le baseball reste le baseball. Ce que je voulais, c’était de jouer, de lancer, d’avoir du plaisir à nouveau. Mon agent m’a mis en relation avec [le gérant] Brooks [Carey]. Ici, je suis au bas de l’échelle, cela dit sans manquer de respect à personne, mais j’ai l’occasion de repartir à neuf et de redevenir humble face à mon sport», confiait-il avant le match de vendredi contre les Capitales.

Latos a connu trois saisons de 14 victoires (2010, 2012 et 2013) à San Diego et Cincinnati. Les Reds avaient payé le gros prix pour ses services, cédant des joueurs toujours actifs comme Yonder Alonso, Yasmani Grandal, Brad Boxberger et Edinson Volquez pour ses services.

«Ces dernières saisons, j’ai réalisé que je jouais plus pour un boulot et non pas pour m’amuser. Il n’y a rien de plus plaisant que de jouer lorsqu’on performe comme je le faisais dans mes bonnes années, mais les dernières ont été plus difficiles sur plusieurs plans.»

Son but ultime est de retourner dans le baseball affilié, mais avant tout, ses attentes sont simples : grimper sur le monticule, lancer de son mieux, afficher une bonne attitude.

«J’ai eu quelques discussions cet hiver, mais ça n’a pas fonctionné. J’ai perdu 20 livres, j’étais en bonne condition physique, je ne pouvais pas faire plus. On verra où ça me mènera. J’ai lancé huit-neuf ans dans les majeures, j’ai plus de 1000 manches à mon crédit, je suis fier de que ce j’ai accompli. Mais pour l’instant, je ne peux pas avoir d’attente, je n’ai pas lancé une saison complète depuis un bout de temps.»

Une blessure au genou avant le début de la saison 2014 a hypothéqué la suite de sa carrière. Il a aussi joué à Miami, Los Angeles (Dodgers et Angels), Chicago (White Sox), Washington et Toronto, son dernier arrêt dans les majeures en 2017.

«Pour un lanceur, il n’y a rien de plus important que les jambes. J’aimais courir sur le terrain, mais je ne pouvais plus le faire. Et je détestais faire du vélo stationnaire et de l’elliptique. J’étais têtu, ça m’a nui, et maintenant, je me connais mieux, je sais ce que je dois faire.»

Fan de Martin

Le droitier de 30 ans, un pan de mur de 6’6”, effectuera son premier départ, mardi, à Ottawa. Son dernier match remonte au 2 mai 2017 contre les Yankees avec les Blue Jays. Il avait donné sept points sur 10 coups sûrs en quatre manches.

Lors de son bref passage à Toronto, il a apprécié la compagnie de Russell Martin, mais n’a pas connu Josué Peley, l’ex-receveur des Capitales. «Je n’avais pas besoin d’interprète… Par contre, j’essayais d’obtenir l’attention de Russell Martin en lui criant des mots en français. J’ai joué avec plusieurs bons gars dans ma carrière, il fait partie du top», disait-il à propos du joueur des Blue Jays.

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