David Segui (à droite) est certain que les Expos de 1994 auraient remporté facilement la Série Mondiale n’eût été de la grève qui avait mis fin prématurément à la saison. À l’époque, il évoluait pour les Mets de New York.

Les Expos trop forts pour la ligue

L’ancien premier but des Expos de Montréal David Segui est convaincu que l’édition 1994 de la formation montréalaise aurait facilement remporté la Série Mondiale, n’eût été la grève qui a mis fin prématurément à la saison.

«Moi, je n’étais pas là. Je suis arrivé à Montréal après cette saison, mais j’ai joué contre eux pour les Mets de New York et ça n’avait aucun sens. Ils nous bottaient le cul à chaque match!», se souvient en riant l’ex-athlète de 53 ans qui était de passage à Québec jeudi soir pour l’affrontement entre les anciens Expos et les anciens Capitales.

«Cette équipe aurait remporté la Série Mondiale facilement, j’en suis certain», poursuit celui qui se souvient également des sentiments des Montréalais au sujet du conflit de travail qui a fait perdre à leurs «Z’Amours» leur plus belle chance de championnat.

«Je suis arrivé l’année suivante et plusieurs étaient encore amers. Ils disaient qu’ils n’iraient plus nous voir au Stade. Par contre, avec le temps, ça s’est estompé. Montréal est une ville superbe avec un beau centre-ville et les gens sont gentils.»

«Montréal est une ville de baseball et devrait ravoir une équipe. Si Montréal revient un jour dans les majeures avec un stade au bord de l’eau, je propose mes services comme instructeur des frappeurs à titre bénévole!», enchaîne-t-il.

Bons souvenirs

Segui garde un excellent souvenir de l’organisation des Expos. «Je connais Felipe [Alou, entraîneur] depuis que je suis tout petit. Mon père et lui ont été coéquipiers dans les majeures. De plus, les Expos faisaient un bon travail pour identifier les gars avec du potentiel dans l’alignement. Ils les faisaient jouer tous les jours et ils se faisaient remarquer. Le problème était qu’ils étaient souvent échangés quand d’autres équipes constataient leur valeur», raconte-t-il.

La dernière saison de Segui dans les majeures avec les Orioles de Baltimore en 2004 correspond aussi à la dernière des Expos avant leur départ pour Washington. «C’est toujours triste de voir une équipe déménager. Mais j’ai trouvé ça plutôt sympathique cette année quand les Nationals de Washington ont porté l’uniforme des Expos, j’ai aimé qu’ils reconnaissent cet héritage.»

Segui, qui a frappé quelques coups sûrs jeudi dans la victoire de 19 à 12 des anciens Expos, se tient encore près des losanges même s’il a pris sa retraite depuis plusieurs années. «Mes deux fils de 11 et 14 ans jouent au baseball alors je suis leur transport entre le terrain et la maison. Je suis maintenant un papa à temps plein.»

NOTES : Goefrey Tomlinson, Michel Laplante, Patrick Scalabrini, Eddie Lantigua, Olivier Lépine, Jean-Philippe Roy, Stéphane Dionne, TJ Shimizu, Mike Provencher, Josh Colafemina, Brad Purcell, Michel Simard, Yves Martineau, Christian Chénard et Stéphane Dionne représentaient les anciens Capitales... Outre Segui, les anciens Expos étaient représentés par Claude Raymond, Bill «Spaceman» Lee, Brad Wilkerson, Curtis Pride, Marc Griffin, Martin Robitaille, Denis Boucher et Claude Raymond... Maintenant âgé de 82 ans, Claude Raymond couchera ses souvenirs sur papier l’an prochain alors qu’il lancera un livre écrit en collaboration avec Marc Robitaille, qui avait signé avec Jacques Doucet la brique de 1384 pages «Il était une fois les Expos» de même que la biographie de Doucet «Mémoires d’un micro»... Comme dans le bon vieux temps, Eddie Lantigua a frappé un circuit par-dessus la clôture du Stade Canac. Son gérant de l’époque, le propriétaire des Capitales Michel Laplante, en a berné plusieurs en faisant mine d’attraper la balle... Laplante, qui a évolué dans les filiales des Expos, a porté les deux uniformes jeudi. Sa dernière présence dans l’uniforme des Capitales remontait à 2007.

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LES CAPITALES GARDENT LE RÊVE VIVANT

Une grosse manche a permis aux Capitales de Québec de garder leur rêve vivant jeudi soir quand les protégés du gérant Patrick Scalabrini ont eu le dessus 7 à 3 sur les Jackals du New Jersey au Stade Canac.

Comme les Boulders de Rockland ont perdu face aux Aigles de Trois-Rivières, les Caps sont maintenant à 5.5 gains d’une présence en séries de fin de saison.

Ça aurait pu être une belle soirée pour le partant des Jackals, Lars Liguori, qui avait un match sans point ni coup sûr jusqu’en cinquième manche. Une comédie d’erreurs, un amorti bien placé de Conor Panas et quelques coups sûrs ont cependant annihilé tous les espoirs du gaucher de l’Arizona et permis aux Caps de marquer sept points dans une manche interminable.

«Nous n’étions pas inquiets, même quand Liguori n’avait pas encore donné de coup sûr, car il y avait beaucoup de balles frappées d’aplomb. On se doutait qu’on aurait l’opportunité de lui faire mal, mais ils nous ont ouvert une porte, deux portes, trois portes même», a commenté Scalabrini après la partie.

Le partant des Capitales, Austin Chrismon avait lui aussi connu des difficultés en cinquième manche, mais avait tout de même réussi à limiter les dégâts à deux points sur un coup sûr de Jay Gonzalez et un but sur balles à Conrad Gregor alors que les coussins étaient remplis.

Fin angoissante

Scalabrini se serait toutefois bien passé de la fin de match un peu trop angoissante où le releveur Reilly Hovis a rempli les coussins avec des buts sur balles alors qu’il n’y avait qu’un retrait en neuvième manche.

«Pourtant, Hovis lançait bien jusqu’à maintenant, j’ignore ce qui s’est passé ce soir. J’aurais bien aimé ne pas avoir à réchauffer [le releveur numéro un Dustin] Molleken en urgence, mais après Gregor, les deux prochains frappeurs étaient les meneurs de la ligue pour la moyenne au bâton», a poursuivi le gérant.

Hovis a finalement retrouvé ses esprits et retiré Gregor sur trois prises avant de forcer le dangereux Alfredo Marte à frapper dans un optionnel qui a mis fin au match. 

«Nous n’avons pas été opportunistes très souvent cette année, on ne chialera pas si on l’est quelques matchs. On sait que nos chances de faire les séries ne sont pas immenses, mais il faut garder la «vibe» », a conclu Scalabrini.

NOTES : L’ancien releveur des Expos Claude Raymond a été une source d’inspiration pour Scalabrini, qui a raconté une anecdote à son sujet à ses joueurs dans son discours d’avant-match... Deux jeux extrêmement rares au baseball sont survenus à deux frappeurs consécutifs des Jackals en première manche. Tout d’abord, Conrad Gregor a été retiré sur les sentiers après avoir été touché par la balle frappée par son coéquipier Alfredo Marte. Le frappeur suivant, Richard Stock, s’est ensuite vu attribuer le premier but suite à une interférence du receveur Chris Shaw, dont le gant a nui à son élan... Les Capitales rendront visite aux Aigles à Trois-Rivières vendredi, samedi et dimanche. Les lanceurs partants seront Sean Cruz, Arik Sikula et Scott Richmond. Ian Bussières