Les Capitales utiliseront dorénavant un monticule et un cercle des frappeurs synthétiques. La formation québécoise imitera ainsi quelques collèges américains et huit clubs de la Ligue Frontier qui jouent sur un terrain à 100 % synthétique.

Les Capitales n’utiliseront plus un monticule et un cercle des frappeurs en terre

Après avoir pris l’audacieuse décision de faire disparaître le gazon naturel au profit d’une surface artificielle, les Capitales de Québec repousseront encore plus les traditions du baseball, cette saison, en utilisant dorénavant un monticule et un cercle des frappeurs synthétiques.

Il n’y aura donc plus aucune trace de terre à ces deux endroits sur le losange du Stade Canac, une première dans la Ligue Can-Am. Les Capitales imitent ainsi quelques collèges américains et huit clubs de la Ligue Frontier qui jouent sur un terrain à 100 % synthétique.

«Ce n’est pas une décision uniquement économique. La raison d’avoir un monticule et un cercle des frappeurs en synthétique est la même qui fut à l’origine du retrait du gazon naturel, il y a deux ans : ça permettra une augmentation des heures d’utilisation de l’équipement. Il était dans nos plans de le faire au départ, mais on attendait d’avoir plus d’expertise avec le synthétique», explique Michel Laplante, le président des Capitales.

Depuis la présence d’une surface artificielle, le Stade Canac est passé d’une utilisation de 400 à 3400 heures par année. Les nouveaux changements y ajouteront 200 heures.

«Au total, on parle de huit monticules, soit le principal, ceux des enclos des releveurs et d’autres amovibles, de sorte qu’on pourrait tenir des tournois pour les catégories moustique, pee-wee, bantam ou simplement l’enlever pour un autre de balle-molle, etc. Le Stade Canac est peut-être le plateau sportif qui sert le plus au Québec. La seule chose qu’on aimerait, c’est que la Ville de Québec soit plus participative, et pour l’instant, ce sont les Capitales et CBV [Complexe Baseball Victoria] qui s’occupent de tout», ajoutait Laplante, qui met présentement la main à la pâte dans la préparation du terrain.

Selon lui, les joueurs adopteront rapidement la nouvelle surface à ces endroits. Si les frappeurs ont l’habitude de l’utiliser dans leur entraînement à l’intérieur, les lanceurs auront à s’y adapter.

«Selon plusieurs sources, une fois que tu y as goûté, tu ne veux plus lancer sur un monticule en terre. L’important sera de trouver la bonne recette de sable/granules que l’on dépose sur la surface pour que le pied d’atterrissage ne glisse pas. Les clubs de la Ligue Can-Am sont avisés. Les puristes, dont je fais partie, n’aimeront pas sur le coup, mais ils vont voir les bons côtés. Personnellement, j’adore l’odeur du gazon naturel, mais je préfère encore plus un stade utilisé à sa pleine capacité», ajoutait Laplante.

Ouverture d'esprit

Instructeur des lanceurs et partant numéro 1, Karl Gélinas a eu la délicate tâche d’annoncer aux membres de son personnel qu’ils devront oublier le traditionnel monticule de terre. Ils s’en étaient aperçus en notant l’absence d’une butte à 60 pieds du marbre...

«Je dois le vendre aux gars en même temps que l’adopter. La sensation est différente, il faudra juste trouver les bons souliers, car je ne suis pas certain que les crampons de métal feront l’affaire. Je pourrais peut-être jouer avec mes souliers de golf», rigolait le droitier qui a utilisé le nouveau monticule pour la première fois, mardi.

Il apprécie l’ouverture d’esprit des joueurs. «Au début, c’est stressant, mais avec le temps, on va s’habituer», soulignait-il en appréciant le fait qu’il n’y aura plus de glaise sous les souliers des lanceurs lors de matchs disputés sur une pluie fine.

À sa troisième saison à Québec, le partant Arik Sikula a déjà expérimenté le tout à l’Université Marshall, en Virginie de l’Ouest. Et depuis dix ans plus tard, la technologie s’est améliorée.

«J’avais bien aimé, il n’y avait même pas d’ajustement à faire, on ne pouvait pas voir de différence avec le monticule traditionnel. Ça ne m’inquiète pas du tout, et encore moins depuis que notre vétéran Dustin Molleken a dit que ça irait bien et que ça finirait par nous avantager», indiquait l’auteur d’une fiche de 20-7 avec les Capitales en deux saisons.

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SUR LES LOSANGES

Les Capitales sont toujours dans l’attente de l’arrivée des lanceurs Vladimir Garcia (Cuba) et Jaider Rocha (Colombie). Ce dernier pourrait même ne pas être encore en ville au premier match de la saison, le vendredi 17 mai... Patrick Scalabrini et Karl Gélinas, l’instructeur des lanceurs, sont à la recherche d’un autre partant pour remplacer Josh Kimborowicz… Le gérant tente aussi de convaincre un puissant frappeur de se joindre à l’équipe… Mercredi soir, au Stade Canac, les Capitales affrontent l’équipe itinérante des Black Sox, un regroupement de joueurs cherchant à obtenir des essais à travers la Ligue Can-Am. Arik Sikula, Jeff Degano, Dustin Molleken, Matt Marsh, Lachlan Fontaine et Dany Paradis-Giroux défileront au monticule… Le vétéran lanceur Scott Richmond, un ancien des Blue Jays, participera à sa première séance d’entraînement avec l’équipe, mercredi… La Ligue Can-Am a annoncé qu’une formation étoile de la Ligue Empire affronterait les Miners de Sussex County à la place de l’équipe nationale cubaine dans le cadre des séries internationales. Les Cubains joueront toutefois contre les cinq autres clubs, comme prévu…