Samedi soir à Ottawa, Murilo Gouvea a connu un troisième départ difficile consécutif, accordant neuf points, dont huit mérités, en seulement trois manches de travail. Québec s'est incliné 9-4 face aux Champions.

Les Capitales en tête sur un air de samba

En complétant un balayage de trois matchs contre les Boulders de Rockland, jeudi au Stade Canac, les Capitales de Québec ont rejoint ceux-ci au premier rang de la Ligue Can-Am. Et leur victoire de 3-0 avait des allures de samba brésilienne, gracieuseté de Murilo Gouvea, le deuxième joueur de l'histoire de l'équipe à provenir de ce pays réputé pour... ses joueurs de soccer.
Gouvea (1-1) a brillé pendant sept manches, n'accordant que quatre coups sûrs et deux petites passes gratuites à ceux qui ont longtemps logé en solitaires au sommet du classement. Il a quitté le plancher de danse après avoir enregistré deux retraits au bâton au moment où un rival attendait au deuxième but. Il a signé sa première victoire avec les Capitales, Nolan Becker obtenant son 11e sauvetage.
«Il s'agit de mon meilleur match de la saison, j'avais un bon contrôle, je mélangeais bien mes tirs, je lançais des prises. Je savais qu'on pouvait passer en tête, je suis content d'avoir pu aider l'équipe à le faire», disait celui qui a pleinement mérité son poste dans la rotation.
Originaire de la ville d'Atibaia, le Brésilien de 28 ans lançait dans la Ligue Inter County de l'Ontario jusqu'à la semaine dernière. Il a subi une reconstruction du coude droit en 2013 et jouait au Brésil, l'an passé, où il a participé à un tournoi de l'Amérique du Sud et à celui de qualification de la Classique mondiale. 
«Il a été vraiment impressionnant, il lançait avec intelligence, il savait ce qu'il faisait. Il avait aussi été bon à Ottawa, et personne ne savait trop à quoi s'attendre, mais il a été fantastique depuis son arrivée», avouait le receveur Maxx Tissenbaum.
Le gérant Patrick Scalabrini était ravi de la prestation du grand droitier.
«C'était un gros test pour lui parce qu'il n'affrontait pas la même offensive qu'à Ottawa, il y avait plus de pression et c'était devant nos partisans. On est vraiment content de ce qu'on a vu. S'il lance la balle comme ça comme quatrième partant, on ne sera pas le fun à affronter», admettait le patron du losange.
Une seule manche offensive
À l'attaque, une seule manche a été nécessaire aux Capitales pour renverser les visiteurs. En quatrième, un simple de Maxx Tissenbaum, un ballon-sacrifice de Yordan Manduley et un coup sûr d'Adam Ehrlich ont produit les trois points aux dépens de Markus Solbach (6-3).
Les Capitales et les Boulders sont désormais à égalité en tête avec des fiches identiques de 38-21. Il s'agissait d'une troisième victoire de suite pour Québec, qui l'emportait aussi une cinquième fois d'affilée contre Rockland. Les Capitales, qui ont enlevé sept des 11 matchs entre les deux équipes, cette saison, ont limité les visiteurs à deux points dans cette série de trois matchs.
«Ils voulaient sûrement venir nous en voler une ou deux, mais on a fait notre travail et on les a mis dans les câbles. Avant la série, on blaguait un peu à l'idée de pouvoir les rejoindre en les balayant. On voulait en gagner deux sur trois, car tu ne t'attends pas à balayer l'équipe de première place... La saison est quand même avancée, et malgré les blessures, ça démontre une belle petite profondeur, car on a réussi à gagner de gros matchs, dernièrement, sans le meilleur joueur de la Ligue», disait Scalabrini à propos du passage en tête du classement en dépit de l'absence de Kalian Sams.
Sur le losange
L'entraîneur adjoint Jean-Philippe Roy a raté la série contre les Boulders et il sera aussi absent pour celle contre les Miners, à compter d'aujourd'hui, afin de profiter d'une semaine de vacances en famille... Le deuxième-but Jonathan Malo était de retour à son poste, jeudi, et prêtera main-forte aux Capitales tout le week-end... Comme la veille, Kalian Sams a effectué quelques élans pendant la pratique au bâton. «Il y a du progrès, mais c'est encore sensible. Dans cet état, je ne pourrais pas participer au concours des circuits du match des étoiles», disait celui qui a raté les huit derniers matchs en raison d'une blessure au pouce gauche... Bonne nouvelle, le releveur Jon Fitzsimmons a lancé sans aucun problème à 90 % dans l'enclos, jeudi après-midi. Il le fera à 100 %, dimanche et mercredi, avant qu'il puisse reprendre sa place dans l'alignement... En l'absence de Marcus Knecht, incommodé par un malaise au dos, les Capitales étaient privés de leurs trois voltigeurs réguliers puisque James McOwen est toujours à l'écart... Un comité de releveurs affrontera les Miners de Sussex County, vendredi. Tyler Gillies sera le premier à défiler au monticule...
L'espoir Moncada à Chicago
Avant le match de jeudi, Yurisbel Gracial frappait pour ,325 avec sept circuits, 41 points produits et neuf buts volés, un sommet chez les Capitales.
Considéré comme étant le meilleur espoir du baseball majeur, le deuxième-but cubain Yoan Moncada a fait ses débuts attendus avec les White Sox de Chicago, mercredi. Le joueur de 22 ans était encore trop jeune lorsque Yordan Manduley et Yurisbel Gracial l'ont croisé en Serie Nacional.
Moncada n'avait que 17 ans lorsqu'il a disputé sa première de deux saisons avec l'équipe de Cienfuegos, où il a maintenu une moyenne de ,277 en 101 matchs. À l'instar de plusieurs joueurs cubains, il s'est enfui pour goûter au baseball professionnel américain et gagner le gros lot...
«Pour jouer en Serie Nacional à seulement 17 ans, il faut être un joueur exceptionnel. Je l'ai affronté à quelques reprises, il était très jeune à l'époque», racontait Manduley, le réputé arrêt-court de Holguin qui s'aligne avec les Capitales depuis trois saisons.
«Je ne m'en souviens pas vraiment», disait son compatriote Yurisbel Gracial, défenseur du coin chaud au Stade Canac qui joue à Matanzas dans son pays.
Manduley identifiait des Omar Linares, Yuliesky Gurriel (le frère de celui ayant joué à Québec) et Jose Abreu, entre autres, comme ayant été des jugadores exceptionnels. Humble, il rappelait timidement avoir fait le saut en Serie Nacional à 19 ans...
Moncada avait obtenu un boni de signature de 31,5 millions $ en mars 2015 de la part des Red Sox de Boston, qui avaient aussi payé le même montant en amende pour avoir dépassé la somme limite permise pour investir sur des espoirs internationaux. Il n'a finalement jamais joué à Boston, puisqu'il a été cédé aux White Sox en retour du lanceur Chris Sale, l'hiver dernier.
Moncada s'attirera les regards des amateurs, mais Manduley et Gracial ont déjà capté l'attention de ceux de Québec par la qualité de leur jeu, tant en offensive qu'en défensive.
«Je suis satisfait de ma saison, mais l'être humain étant ce qu'il est, j'aimerais faire encore mieux. Je prends autant de fierté à bien jouer défensivement que de frapper. Ce qui m'importe le plus, c'est le résultat de l'équipe et la camaraderie qu'on retrouve. Il y a un bel échange sportif et culturel entre les joueurs, on se dit un petit mot en anglais, en français, en espagnol. J'apprécie de jouer avec ces joueurs d'expérience ayant connu du succès, autant à Québec qu'ailleurs», notait Gracial via l'interprète Raymond Boisvert.
Incognito cette saison
Avec le brio de Kalian Sams, Maxx Tissenbaum et Jordan Lennerton, la production de Gracial passe quasiment incognito. Avant le match de jeudi, il frappait pour ,325 avec sept circuits, 41 points produits et neuf buts volés, un sommet chez les Capitales.
«Il a été très bon en 2016, mais cette saison, il est encore plus constant. Il est bon tout le temps, et j'aime rappeler que les Cubains n'ont pas l'habitude de jouer à tous les jours. En plus, c'est un chic type, un vrai professionnel», confiait le gérant Patrick Scalabrini, impressionné par les qualités athlétiques du joueur de 31 ans. Ça expliquait sa présence au champ centre, jeudi, alors que sa position naturelle est au troisième but.
Manduley trouve aussi son coéquipier de fort calibre. «Il a été très bon l'an passé, il est encore très bon cette année. Kalian Sams et lui ont de la force et de la vitesse», soulignait Manduley, qui imputait une partie de ses succès offensifs à son entraîneur personnel... en lançant un clin d'oeil à son ami l'interprète!