Kalian Sams (à droite) a été la bougie d'allumage des Capitales, mercredi, lui qui a produit cinq points grâce à quatre coups sûrs, dont deux circuits. Au monticule, Brett Lee a été solide, et les Capitales ne sont maintenant qu'à une victoire du championnat de Ligue Can-Am.

Les Capitales à une victoire du championnat

Une victoire, voilà tout ce qu'il manque aux Capitales de Québec pour savourer le septième championnat de leur histoire.
En l'emportant 7-2 face aux Boulders de Rockland, mercredi au Palisades Credit Union Park, ils rentrent à la maison avec une avance de 2-0 dans la finale 3 de 5 de la Ligue Can-Am de baseball indépendant. Kalian Sams a mené la charge avec cinq points produits, quatre coups sûrs, dont deux circuits. Pour sa part, le partant Brett Lee a complètement muselé l'attaque adverse dans une brillante sortie de six coups sûrs et 12 retraits au bâton en 8,2 manches.
La table est donc mise pour le plat du jour, jeudi, à 19h au Stade Canac. Le vétéran Karl Gélinas sera le partant, contre le coriace gaucher Richard Salazar. Le champagne doit sûrement se retrouver bien au frais, quelque part en ville! Si les Capitales devaient s'incliner, jeudi, ils auraient encore deux chances de remporter le trophée Arthur E. Ford.
«Je vais être très honnête, je n'avais même pas pensé à l'idée qu'on pourrait revenir 2-0. Il faut lever notre chapeau aux boys depuis deux jours. On a dit que ça nous prenait un héros à chaque match, ce fut au tour de Sams et Lee», soulignait le gérant Patrick Scalabrini.
L'histoire récente de la Ligue Can-Am lui rappelle toutefois que rien n'est impossible au baseball. Les Boulders avaient pris une avance de 2-0 en finale, l'an passé, avant de perdre trois fois chez eux contre Ottawa.
«On n'a pas le type d'équipe pour prendre les choses à la légère, mais ça mérite quand même d'être dit, et on va s'assurer de ne pas célébrer trop vite. La bonne nouvelle, c'est qu'on revient avec Karl, qui a vu neiger», ajoutait le patron du losange québécois.
Scalabrini se disait émerveillé par la puissance de Sams, qui a sorti la balle du stade à son second coup de semonce, et impressionné par la qualité du départ de Lee. «Sa performance n'a aucun sens, surtout dans un endroit où il est difficile à lancer. Avec Karl, il est notre meilleur lanceur depuis un mois. Dans le cas de Kalian, il n'a aucun rapport dans notre ligue lorsqu'il est en feu», ajoutait-il.
Relever son jeu
Les Capitales ont inscrit quatre points en quatrième, dont deux sur le premier circuit de Sams. Il a remis ça en cinquième avec un simple pour boucler le tout avec son coup de canon, en huitième. Le voltigeur a aussi brillé en défensive avec un catch en plongeant, en sixième.
«J'ai fait ma part, mais Lee a été très bon, il a donné le ton. On ne pouvait pas espérer un meilleur scénario, on revient à la maison pour l'emporter, bien qu'ils ne sont jamais battus d'avance. Je savais que mon circuit avait été frappé d'aplomb, mais j'ignorais que la balle était sortie du stade», notait Sams.
Pendant ce temps, Lee avait beaucoup d'étoffe, lui qui a cédé un point sur le circuit de Mike Montville en cinquième et un mauvais lancer en fin de neuvième.
«C'est vraiment le fun, il y avait tellement d'énergie dans l'abri. On ne peut pas demander mieux. Comme dans le dernier mois, j'avais une approche plus agressive, j'attaquais. En séries, il faut relever son jeu, on l'a tous fait», admettait le gaucher.
Vous aurez compris, les Boulders n'ont pas l'intention de lancer la serviette, même s'ils venaient de jouer leur dernier match sur le terrain.
«On s'est fait remonter 0-2 chez nous par Ottawa, l'an passé, alors on sait qu'il est possible de le faire. On doit être nous-mêmes, et on va se battre», indiquait le gérant Jamie Keefe, en soulignant le brio de Lee avant de suivre l'autocar des Capitales vers Québec.

Retour à Québec

Les deux équipes quittaient le Palisades Credit Union Park à destination de Québec après le match de mercredi. Les Capitales ont prévu tenir une séance d'entraînement en fin d'après-midi, jeudi, même si leur retour en ville devait avoir lieu vers 8h. Le gérant Patrick Scalabrini se réjouissait à l'idée de s'amener au Stade Canac jusqu'à la conclusion de la finale. «Autant ce n'est pas facile pour nous de jouer à Rockland, autant ce ne l'est pas plus pour les Boulders de le faire chez nous, devant nos partisans qui sont bruyants et qui font claquer les bancs. Jouer à la maison, ça nous crinque, il y a une montée d'adrénaline, on en donne toujours un peu plus. Si on voulait tellement l'avantage du terrain, c'était pour avoir la chance de gagner un championnat devant nos fans, comme on l'a déjà quatre fois», racontait le gérant, qui prévoit une foule plus nombreuse qu'à Rockland, où ça ne se ruait pas aux tourniquets.  

Sur le losange

Même s'il lance le troisième match, jeudi, Karl Gélinas n'a pas été retourné à Québec afin de profiter d'une bonne nuit de sommeil à la veille de son départ. «On a besoin de lui comme entraîneur des lanceurs», disait Scalabrini... La sortie de Lazaro Blanco était sa deuxième moins bonne de la saison, mardi. «Je l'ai changé parce que je pensais à la victoire, et non pas pour l'épargner. Nous allons faire nos devoirs et on espère ne pas se rendre là, mais il serait sûrement notre partant dans un éventuel cinquième match», admettait le gérant... Appelé à comparer son alignement actuel à ceux des années de championnat en 2010, 2011, 2012 et 2013, Patrick Scalabrini a joué la carte de l'humilité : «Je ne peux pas les comparer tant qu'on n'a pas gagné», notait-il avec justesse... L'entraîneur-adjoint Jean-Philippe Roy a franchi la barre des 20 000 balles lancées dans les exercices au bâton, cette saison. «Comme les joueurs, il faut trouver le moyen de jouer malgré les petites blessures», disait-il en riant... Le vétéran Richard Salazar sera le partant des Boulders, jeudi, à Québec.  

«Ça aurait pu être bien pire»

À la suite de la violente collision qui lui a causé cinq fractures au visage, le voltigeur des Boulders de Rockland, Jon Smith, a dû se faire installer quatre plaques dans le visage pour solidifier ses os.
Défiguré à la suite d'une violente collision à l'entre-champ lors d'un match contre les Capitales, le 11 juillet, le voltigeur Jon Smith a récemment effectué un retour au jeu que plusieurs estimaient impossible à réaliser dans la condition où il se trouvait après le choc.
«Je ne dirais pas que mon retour tient du miracle, mais je dois admettre que j'ai été vraiment chanceux. Ça aurait pu être bien pire», avouait le joueur des Boulders, rencontré au vestiaire de la formation.
Smith tentait alors de capter un ballon, mais sa course a croisé celle du l'arrêt-court Mike Fransoso et les deux joueurs n'ont pu s'éviter. Fransoso a subi une commotion cérébrale, tandis que Smith est sorti de là avec cinq fractures au visage.
«Je me souviens de tout parce que je n'ai pas perdu conscience. J'ai vu la reprise une seule fois, ç'a été assez. Ça n'a pas été facile à vivre, mais j'ai eu la chance de tomber sur un très bon chirurgien qui s'est bien occupé de moi. On m'avait dit que ça prendrait six semaines pour revenir, j'en ai eu besoin de sept», racontait l'ancien voltigeur des Aigles de Trois-Rivières.
Quatre plaques
Le médecin a installé quatre plaques pour solidifier les os dans son visage. «Pendant le premier mois, c'était douloureux, mais ça ne l'est plus. Il y a des raideurs, ici et là, mais rien de comparable, ni pour m'empêcher de jouer.»
Smith n'est pas un joueur qui connaît les demi-mesures. Sur un terrain, il se démène pour tout capter, ce qui lui cause parfois des problèmes.
«En 2014, à Trois-Rivières, j'ai fait une course folle pour capter une balle à la clôture et je me suis brisé la cheville. L'autre jour, ce n'était même pas ma balle. Je suis un joueur très agressif, mais peut-être devrais-je modifier ma façon de jouer. D'un autre côté, c'est ce qui m'a amené ici.»
À 28 ans, Smith veut prendre quelque temps pour réfléchir à son avenir. Il en est à sa septième saison dans le baseball indépendant. Il en a joué trois à Trois-Rivières. Il était en voie de connaître sa meilleure saison, cet été, avant de se blesser.
«J'ai commencé en force, ce qui ne m'était jamais arrivé avant. J'avais travaillé fort l'hiver dernier, mais je ne pouvais pas prévoir ce qui allait arriver. Tout le monde ici rêve de retourner dans le baseball affilié, même dans les majeures. Est-ce réaliste? Je vais voir, présentement, oui, j'aimerais poursuivre ma carrière», admet le joueur originaire de Buffalo, qui n'était pas de l'alignement partant pour le deuxième match, mercredi, contre le gaucher Brett Lee.
La camaraderie entre les joueurs des Boulders a aussi aidé Smith. À sa première présence lors de son retour au New Jersey, le 31 août, il a eu droit à une ovation de la part des amateurs... et des joueurs. Il s'agit de sa deuxième finale dans la Ligue Can-Am, mais il n'était que sur le banc des Aigles lorsqu'ils ont gagné le championnat en 2015 parce qu'il venait d'être libéré afin de passer sous le bistouri.
«L'année la plus plaisante de ma carrière, c'était en 2013 à Trois-Rivières. J'aimais beaucoup "Pete" Laforest comme gérant, il y avait beaucoup d'ambiance en ville pour l'équipe», se souvient celui qui rêve d'un championnat à son deuxième passage à Rockland puisqu'il a aussi joué là en 2012.