Le physiothérapeute des Capitales de Québec, Jean-François Brochu

Le physio des Capitales sauve une vie

«Sa respiration s'est arrêtée. J'ai repris son pouls et il n'en avait plus. J'ai pris les ciseaux, j'ai coupé son gilet, j'ai sorti les électrodes et quand j'ai branché le défibrillateur, ç'a dit "shock advised". Ça veut dire que son coeur est en arrêt.»
N'ajustez pas votre journal/écran. Ceci n'est pas un épisode de E.R. ou De garde 24/7. C'est le début d'après-midi du 14 juillet pour le physiothérapeute des Capitales de Québec. L'équipe était à Ottawa pour trois matchs contre les Champions. Jean-François Brochu et l'instructeur adjoint Jean-Philippe Roy s'entraînaient au gymnase situé devant l'hôtel.
Fin trentaine, l'air en forme, l'homme tombe du tapis-roulant juste devant Roy. Qui appelle Brochu à la rescousse, le sachant formé pour ce genre de situation. «Je venais de refaire la formation de premier répondant en sports, où ils te montrent à réanimer quelqu'un. Mais tu espères qu'en situation réelle, ton cerveau va continuer à réagir comme il se doit», explique le physio.
Première décharge dans les deux premières minutes, la rapidité s'avère primordiale pour hausser les chances de survie. Puis massage cardiaque manuel pendant de longues minutes, épaulé par les ambulanciers arrivés sur ces entrefaites. Les pompiers prennent ensuite la relève et appliquent d'autres décharges électriques. En quittant le gym, l'homme respire. 
«J'espère ne plus jamais vivre ça, mais au moins, je sais que je suis capable de réagir comme il faut. Si j'ai fait toutes ces formations pour sauver une vie, c'est tant mieux», poursuit celui qui ne connaît que le prénom de la personne.
On lui a confirmé quelques jours après que Christian était en vie, lui donnant nom et numéro de téléphone d'une membre de la famille. Brochu n'a pas encore appelé. Il redoute que l'individu garde des séquelles. Les Capitales jouent à Ottawa du 10 au 13 août. Une rencontre entre les deux hommes sera peut-être organisée, si possible.