Le cousin d’un ex-Expos au cœur de l’attaque des Capitales [VIDÉO]

Quel Andrew Godbold s’alignera avec les Capitales de Québec, cet été? Celui qui a produit six points à l’aide de quatre coups sûrs samedi? Ou celui qui a été retiré quatre fois sur des prises dimanche?

Celui qui a dominé la Ligue Frontier pour les points produits l’an dernier ou celui qui s’est présenté en méforme au début du camp d’entraînement à Québec, au début de la semaine dernière?

«Il y a beaucoup de bons joueurs d’expérience dans cette équipe. Je ferai de mon mieux pour contribuer aux succès de l’équipe. J’ai montré ce que je peux faire [samedi], mais je ne suis pas si spécial», a soutenu Godbold, lundi, au 8e de 10 jours de camp présaison.

Il occupera le rôle de frappeur de choix et peut patrouiller dans le champ gauche. «Je suis surpris d’être au cœur de l’alignement des frappeurs et je vais juste essayer de bien faire mon travail pour qu’on aille chercher une bague de championnat», poursuit-il, en toute humilité.

Le bonhomme de 6’ 3” et 230 lb a été le frappeur le plus productif de la Ligue Frontier l’an dernier en faisant marquer 79 points, en plus de maintenir une moyenne au bâton de ,309. Des statistiques qui ont convaincu le gérant Patrick Scalabrini de lui offrir un contrat.

Le natif de Chicago joue au Canada pour la première fois, mais ne se sent pas dépaysé pour autant. «Il fait froid aussi, à Chicago, alors je me sens comme à la maison», lance-t-il.

Même si la Frontier est reconnue comme un circuit indépendant de calibre inférieur à la Can-Am, soulignons que le meilleur producteur de points chez les Capitales l’an dernier s’est arrêté à 50 et le meneur de la Ligue Can-Am, à 82.

En quatre saisons dans la Frontier, Godbold a cogné 33 circuits, dont 11 l’an passé et 13 en 2016, année où il avait gagné le concours de circuits du Match des étoiles de la Frontier.

Godbold est le cousin d’Andre Thornthon, premier-but et frappeur de choix durant 14 saisons dans les ligues majeures. Surtout avec les Indians de Cleveland, avec qui il a participé aux Matchs des étoiles de 1982 et 1984.

Mais «Thunder» Thornthon a aussi passé la majeure partie de la saison 1976 dans l’uniforme des Expos de Montréal, au parc Jarry. Acquis en mai des Cubs de Chicago contre Steve Renko et Larry Biittner, Thornton a quitté Montréal pour Cleveland l’hiver suivant en retour de Jackie Brown.

«Andre est un bon gars. C’est bien d’avoir un lien familial avec lui, mais je veux essayer de bâtir mon propre héritage. On se parle de temps en temps, mais il est un homme d’affaires très occupé et est aussi très religieux, alors il est beaucoup impliqué dans sa communauté», explique-t-il à propos de l’homme de 69 ans qui habite toujours la région de Cleveland.

Godbold est lui-même le plus âgé d’une fratrie de cinq enfants. «Notre histoire de famille est compliquée», laisse-t-il tomber, avant de souhaiter bonne fête à son frère Zack à la caméra du Soleil.

Ses parents, Donald Godbold et Lisa Thornton, sont médecins. Si sa vie d’athlète professionnel ne lui vaut pas le rôle de mouton noir de la famille, il avoue que «ça place la barre haute. J’étais obligé de finir l’université, ce qui est bien. Mais mes parents m’ont toujours soutenu. Ils ont vécu leur rêve et me supportent dans la poursuite du mien.»

Libération salutaire

Repêché par le baseball majeur en 2014 en 23e ronde, les Dodgers de Los Angeles n’ont mis que 21 matchs et 56 apparitions officielles au bâton pour statuer que Godbold, alors âgé de 22 ans seulement, n’avait pas d’avenir dans leur organisation. Ils l’ont libéré la même année.

«Les Dodgers ont pris leur décision, c’est tout. C’est sans doute la meilleure chose qui me soit arrivée. Ça m’a forcé à devenir meilleur et me voici!» indique celui qui s’estime être «un joueur complet, qui peut attraper, frapper et courir».

Il espère bien sûr retourner dans le baseball affilié. «On y pense tous! Si un joueur vous dit le contraire, c’est qu’il ment. Mais je n’ai que 27 ans et je veux apprendre des vétérans.»

«Je suis ici pour avoir du plaisir chaque jour et gagner. Peut-être que quelqu’un me remarquera et tant mieux si je suis rappelé. Mais sinon, j’aurai eu du plaisir quand même», conclut Godbold.