La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a été «très impressionnée» par la profondeur des contacts établis par l'organisation des Capitales avec les Cubains.

Le baseball pour charmer

Le premier lanceur au monticule, ce soir, pour le match des Capitales contre l'équipe nationale cubaine de baseball sera le premier ministre Philippe Couillard. Le temps d'un lancer protocolaire.
Le ministère des Relations internationales a sauté sur l'occasion lorsque l'organisation des Capitales de Québec l'a informé de la tenue d'une série de matchs avec les joueurs de l'île des Caraïbes. 
Le gouvernement du Québec cherche à approfondir ses liens avec Cuba, particulièrement depuis le rétablissement des ponts diplomatiques entre Washington et La Havane. Il souhaite notamment y ouvrir un bureau. Sa participation financière de 20 000 $ à la tournée de la Ligue Can-Am des meilleurs joueurs cubains s'inscrit dans cette volonté. 
«Ça vient s'ajouter à d'autres actions qu'on mène par rapport à notre relation avec Cuba», indique la ministre Christine St-Pierre au Soleil. «La venue de cette équipe de baseball, lorsque ça nous a été présenté, on s'est dit que le sport, c'est une façon de faire de la diplomatie. Comme la musique, comme les spectacles. C'est une façon de rapprocher les peuples.»
Le match sera télédiffusé à Cuba. Le lancer protocolaire du premier ministre au Stade municipal de Québec sera sur les écrans. Le Québec aura sa bannière «très visible» derrière le marbre du stade. Sans devenir un tournant de la relation, la ministre y voit l'occasion d'un rapprochement supplémentaire. «Ce sont des fans de baseball», souligne la ministre St-Pierre. «Ils vont voir le logo du Québec. Ils vont entendre le mot Québec aussi beaucoup. Ils vont voir qu'on a des bons joueurs. Ce n'est pas une baguette magique qui va faire en sorte qu'on va signer des contrats. Mais on travaille en termes de contact humain. C'est la passion du sport.»
Gros client touristique
Le Québec est le plus gros client touristique canadien pour Cuba, note Mme St-Pierre. La taille semblable des populations rend les relations diplomatiques «plus simples», selon elle. L'expertise du Québec dans certains secteurs, dont le mouvement coopératif, intéresse les Cubains, dit-elle.
La ministre des Relations internationales a été «très impressionnée» par la profondeur des contacts établis par l'organisation des Capitales avec les Cubains. L'occasion de participer à l'événement lui a été présentée sur un plateau d'argent. «Ils ont l'air d'avoir de la famille là-bas, évoque-t-elle. Ils avaient fait le chemin à notre place, sans qu'on le sache. On s'est rencontré. On a offert une participation financière pour avoir une visibilité. Ils ont été très facilitants.»
Mme St-Pierre ne paraît pas très préoccupée par la possibilité que des défections de joueurs nuisent à la relation avec Cuba. «Non, dit-elle. On voit que les joueurs ont espoir avec ces matchs d'avoir accès à la ligue nationale. Ils veulent en faire une vitrine pour entrer dans les ligues majeures. Si j'étais joueur, je ne crois pas que je jouerais cette game-là.»