Le président des Capitales, Michel Laplante, espère que le fiasco de la tournée de la République dominicaine n’élimine pas l’intérêt des autres propriétaires de la Ligue Can-Am de tenir d’autres séries internationales dans le futur.

L'annulation des matchs contre les Dominicains fait jaser

«Si tu veux jouer contre une bonne équipe internationale, tu dois payer pour. Tu as ce pour quoi tu payes, c’est aussi simple que ça!»

Le fiasco dominicain faisait jaser, au Stade Canac de Québec, mardi, au lendemain de l’annulation du volet canadien de la tournée de l’équipe de la République dominicaine à travers la Ligue Can-Am. Le gérant des Aigles de Trois-Rivières, T.J. Stanton, y voyait une équation évidente.

«C’est facile pour moi de dire ça parce que ce n’est pas mon argent, mais si on veut mieux, faut y mettre le montant», résume Stanton. La Ligue a argué un «problème de transport» pour justifier le remplacement de la sélection dominicaine par une formation pêchée dans la Ligue Pecos, un circuit indépendant réservé aux 25 ans et moins, les Stars de Hollywood.

«Un autocar était réservé à New York lundi matin pour leur départ pour Ottawa et ils n’étaient pas là», détaille le président des Capitales, Michel Laplante. «La ligue a contacté les responsables dominicains pour connaître le problème et ils ont répondu : “On aime mieux partir le soir.” Ça ne peut pas marcher! La ligue a tout fait pour les accompagner dans tout ce qu’ils avaient à faire et ç’a été pénible tout le long», confirme Laplante.

Le lundi précédent, les Dominicains n’étaient pas non plus au rendez-vous pris avec leur accord au consulat canadien de New York pour régler leurs visas. Ils s’y sont rendus quelques jours plus tard.

Flop proportionnel sur le terrain. Neuf défaites en neuf, les trois équipes américaines de la Can-Am les ont massacrés au pointage combiné de 136-16. «Ça démontre la préparation et le dynamisme de leur organisation. Il ne faut pas que ça devienne un cirque», constate Laplante.

Des garanties exigées

Le président des Capitales est le premier à souhaiter ces échanges internationaux. Il a été à l’origine du projet avec l’équipe cubaine en 2016 et en 2017, avec qui des difficultés de coordination se sont aussi présentées. Le Japon avait envoyé avec succès une équipe en 2015 et en 2016.

Après une première dominicaine difficile l’an dernier (2-15), les interlocuteurs avaient promis à la Can-Am une amélioration autant du contenant que du contenu. «La fédération nationale devait s’en mêler et ça ne s’est pas fait. Les deux semaines qui viennent de passer ont été un paquet de troubles. J’espère que ça ne ternira pas l’enthousiasme des propriétaires de la Can-Am pour le refaire. Mais le prochain groupe international devra offrir des garanties solides», tranche Laplante.

Il parle de possibilités avec le Venezuela et les Pays-Bas. Le retour du baseball aux Jeux olympiques nuit à la cause, puisque les équipes nationales ne récoltent aucun point de la Fédération internationale de baseball auprès des pros de la Can-Am.

Le receveur des Alouettes de Charlesbourg dans le junior élite Raphaël Ross fera la tournée canadienne avec les Stars de Hollywood, après avoir dépanné le Stockade de Salina samedi soir.

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LANTIGUA AURAIT AIMÉ S'IMPLIQUER

Un appel, voilà ce qu’attendait Eddie Lantigua pour prendre en charge le volet dominicain de la Ligue Can-Am. Mais ce coup de fil de la fédération de son pays natal n’est jamais venu, avec le résultat que l’équipe itinérante ne terminera pas sa tournée au Canada. «Je vais vous en faire une équipe, avais-je dit, l’an passé. Mais on ne me l’a pas demandé, personne n’a cogné à ma porte. Je connais plusieurs lanceurs qui jouent dans la ligue indépendante de mon cousin, en République, on y retrouve même quelques anciens des majeures.»

Lantigua est déçu par la tournure des événements. «Je ne suis pas fier de ce qui arrive, ça ne représente vraiment pas le baseball dominicain. Regardez la Classique mondiale, c’est la République qui l’a emporté en 2013. On ne peut pas utiliser n’importe qui dans une série comme celle de la Ligue Can-Am. Participer, c’est une chose, mais être compétitif, c’en est une autre. Avec de bons contacts, il aurait été possible d’avoir une formation respectable.»  Carl Tardif

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L'AUTRE STOCKADE DE SALINA

À leur premier match et à peine 24 heures après leur réunion en remplacement de dernière minute de l’équipe de la République dominicaine, les Stars de Hollywood ont tenu tête aux Champions (10-18) dans une défaite de 5-4, mardi soir, à Ottawa. Mais en fait, les Stars alignaient les mêmes joueurs et portaient le même uniforme que le Stockade de Salina la semaine dernière, lors de leur tournée contre les équipes canadiennes de la Ligue Can-Am. Le Stockade jouait pourtant bel et bien à Sussex en même temps, avec des séries contre les trois équipes américaines au calendrier des prochains jours.

Ce sont donc d’autres joueurs qui étaient plus près et qui ne disposaient pas nécessairement de passeport qui se sont alignés pour Salina aux États-Unis. Les deux équipes ont été formées à partir de la Ligue Pecos. L’équipe qui ne porte de Salina que le nom a été dépecée 14-1 par les Miners. T.J. Stanton, le gérant de Trois-Rivières, souligne que les clubs américains ont chacun hérité de trois victoires gratuites contre la faible République dominicaine, tandis que les clubs canadiens devront redoubler d’ardeur en affrontant Salina 1 et Salina 2/Hollywood.  Olivier Bossé

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