Brad Antchak, qui a retiré Alexi Colon sur ce roulant en cinquième manche, s'est surtout illustré avec son bâton, vendredi soir, alors qu'il a produit cinq des six points des Capitales face aux Aigles de Trois-Rivières.

La soirée de Brad Antchak

Brad Antchak constitue la grande surprise de ce début de saison chez les Capitales. Vendredi soir, à Québec, la recrue a produit cinq points dans une victoire de 6-2 sur les Aigles de Trois-Rivières.

Simple d’un point en deuxième manche, simple de deux points en sixième et apothéose en huitième avec son premier circuit dans les rangs professionnels, bons pour deux points de plus. «Il était temps! C’est un soulagement», a indiqué le héros du jour, sous l’éclairage des feux d’artifice d’après-match du vendredi au Stade Canac.

Dire qu’Antchak, le plus jeune joueur chez les Capitales à 22 ans pas encore et demi, ne devrait même pas jouer pour les Capitales. Le gérant Patrick Salabrini ne le voulait pas! Le numéro 12 mène maintenant l’équipe avec 12 points produits.

«Il doit sa seule présence ici à sa persistance. Quand il m’a appelé ce printemps, je lui ai dit que je n’avais pas de place pour lui. Or, il est venu au camp présaison quand même à ses frais et voilà où on est rendu! En plus, il a une attitude incroyable et est prêt à tout faire», a indiqué Scalabrini, qui le plaçait déjà au sommet de la hiérarchie de ses recrues avant cette rencontre explosive.

Un peu comme le Québécois Philippe Craig-St-Louis l’an dernier, l’avant-champ de la Colombie-Britannique s’impose comme un joueur de première année indispensable dans le camp des champions en titre.

Lee «efficacement erratique»

Dans l’autre vestiaire, le gérant des Aigles admettait que ses lanceurs n’avaient pas fait leurs devoirs dans le dossier d’Antchak. T.J. Stanton soulignait aussi que quatre des six points de Québec ont été inscrits après deux retraits. «On n’a pas été capable de finir nos manches», a-t-il résumé.

Quant à la performance du lanceur partant des Capitales, Brett Lee a été «efficacement erratique», a analysé Stanton, avec justesse. «Ç’a été difficile pour nos frappeurs d’avoir le même lancer deux fois dans la même présence au bâton, Lee lançait partout. Les gars ont perdu leur concentration et se sont mis à s’élancer sur des balles trop  basses. On doit suivre le plan de match.»

À son deuxième départ de l’année, Lee n’a donné qu’un coup sûr et un point mérité en cinq manches où il a retiré sept frappeurs sur des prises. «T.J. a parfaitement raison pour les premières manches», a admis son ami et vis-à-vis Scalabrini.

«On pensait à le retourner dans l’enclos! Mais dans ses deux dernières manches, Lee est devenu juste efficace. Et à la fin, il était proche du Lee de l’an passé. Il a la meilleure étoffe de l’équipe, mais il manque de constance. Pas certain qu’il a eu la préparation nécessaire cet hiver, mais on reste patient parce qu’on sait que quand ça va cliquer, il ne sera pas plaisant à affronter», indique l’instructeur-chef des Capitales.

La victoire est allée à Mark Vasquez (1-0), qui a accordé un circuit à Taylor Brennan sur son tout premier tir, en sixième, pour faire 2-2. Brennan domine la Ligue Can-Am avec déjà huit bombes au compteur. 

Kalian Sams a produit l’autre point des vainqueurs, lui qui avait expédié la balle à la piste d’avertissement avec deux coureurs sur les sentiers et deux retraits, juste avant la claque de Brennan.

Tyler Garkow (1-1) est le lanceur perdant, tandis que le releveur de Québec Sean Donatello a rempli les coussins en huitième, mais s’en est sorti sans casse. Nolan Becker a fermé les livres en neuvième. Les spectateurs étaient au nombre de 1961 pour assister à ce match retardé d’une demi-heure par la pluie.

Karl Gélinas (2-1, mpm 1,50) et Ethan Elias (1-1, 1,50) s’affrontent sur la butte samedi (18h).

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Après une difficile saison de 39-61 l'an dernier, T.J. Stanton a choisi de changer le visage de la formation pour miser sur des joueurs qui ont une meilleure attitude.

DES AIGLES À L'IMAGE DE STANTON

«On frappe en tabarn**!» lance tout de go T.J. Stanton, en français, dans sa première discussion de la saison avec les journalistes de Québec. Le Floridien d’origine qui a été lanceur et instructeur chez les Capitales démontre sans problème qu’il est parfaitement intégré à la culture québécoise. Il est ici depuis 2011.

Mais il prouve aussi que les Aigles de Trois-Rivières, dont il est le gérant pour une deuxième saison — il avait aussi fait les trois dernières semaines de 2016 —, seront vraiment à surveiller, cette année. Ils se sont pointés à Québec avec une fiche de 8-5.

«J’ai changé complètement l’équipe pour la mettre à mon image», affirme Stanton. «Ce qui peut être parfois dangereux, parce qu’il n’y a personne là-dedans qui met les freins. Tous mes gars ont une attitude de gagnants, une fierté, ils n’acceptent pas la défaite. Pas une attitude de mercenaire comme plusieurs l’an passé, où en plus chaque journée était une catastrophe.»

Comme joueur, Stanton a lui-même toujours eu cette approche de fonceur, de bulldog toujours prêt à mordre. Son rôle comme gérant est toutefois maintenant de tirer la bride à ses chevaux sauvages au moment opportun, appliquer les freins pour éviter les dérapages.

Il dit n’avoir d’ailleurs eu que la position de lanceur et non l’approche individualiste qui s’y rapporte souvent. Voilà pourquoi maintenant il a composé un alignement de gros frappeurs. «Pour mes lanceurs, je cherche surtout la constance. Et en gros, je leur dis : “Ne fucke pas la game! Nos gars vont frapper et essaient juste de ne pas être dans leur chemin.”»

Vendredi, les Aigles n’avaient pas deux de leurs meilleurs frappeurs en Alberth Martinez, Vénézuélien qui arrivera bientôt, et Javier Herrera, suspendu un match pour avoir lancé un protecteur de tibia à un officiel, jeudi. Stanton se questionnait toutefois sur l’absence de suspension à l’endroit de David Rollins de Sussex, qui a tiré sa slush sur le terrain vers l’officiel.