Le président des Capitales, Michel Laplante, a souligné que la lenteur des athlètes d'aujourd'hui causait des maux de tête aux différentes ligues.

La Ligue Can-Am veut accélérer ses matchs

La Ligue Can-Am prendra les grands moyens pour réduire la durée de ses matchs, la saison prochaine. Et le chronomètre risque fort d’être mis à profit.

Les dirigeants du circuit de baseball indépendant sont ressortis d’un sommet de deux jours tenu à Montréal, cette semaine, avec l’intention d’imposer des règles strictes aux joueurs. Car de l’aveu même de Michel Laplante, le statu quo est impensable.

«Assurément, on le fait. C’est impossible qu’on ne fasse pas quelque chose. Toutes les ligues sont tannées. Je dirais que tous les sports sont tannés de la lenteur des athlètes d’aujourd’hui», commente le président des Capitales de Québec.

Parmi les solutions envisagées, l’imposition d’une limite de 20 secondes entre les lancers. Un artilleur fautif pourrait voir une balle additionnée au compte du frappeur. Si ce dernier prend trop de temps, une prise lui serait ajoutée.

Les pauses entre les manches se limiteraient aussi à 90 secondes; les visites au monticule d’un instructeur, à 30 secondes. Laplante a soulevé jeudi la possibilité d’afficher le décompte au tableau indicateur, comme la NBA le fait pour le temps restant avant l’obligation d’effectuer un lancer.

Il s’agit pour l’instant de propositions, d’où l’utilisation du conditionnel. Des fils restent à attacher, des détails à préciser. Les gérants n’ont pas encore été consultés. Les joueurs non plus, d’ailleurs, mais la Can-Am peut se permettre d’imposer ses règles, ses athlètes n’étant pas syndiqués, contrairement à ceux du baseball majeur.

Laplante et compagnie comptent toutefois s’assurer d’obtenir le soutien du plus grand nombre. «Si l’athlète ne l’accepte pas et qu’à cause de ça ton produit est contesté, t’es pas mieux non plus», soutient l’ancien lanceur.

Au dire de Laplante, ces changements sont nécessaires, car certains joueurs profitent des largesses du système. «Le lanceur d’aujourd’hui qui pense que c’est tout à fait normal de faire le tour du monticule deux fois avant d’effectuer son lancer; le frappeur convaincu que c’est normal de sortir de la boîte entre chaque lancer. [L’athlète] a oublié une chose : que c’est un professionnel, qu’il y a des gens qui le regardent et qu’il n’est pas seul dans la place», analyse Laplante.

Les Dominicains et le Stockade

La réunion des gouverneurs a permis de confirmer la venue d’une équipe de la République dominicaine, comme l’an dernier. On la promet toutefois plus talentueuse. En 2017, la formation présentait peu de joueurs de calibre, plusieurs athlètes ciblés ayant eu des problèmes de visas.

Le Ligue Can-Am a annoncé jeudi que la deuxième équipe itinérante sera le Stockade de Salina (Kansas), ancienne formation de la Ligue Peco ayant joué dans l’Association américaine l’an dernier.

Après deux ans de visite, la formation cubaine ne fera donc pas de tournée, cet été. «Je vais passer un plus beau printemps», a lancé Laplante, plus sérieux que blagueur. «Amener les Cubains ici, c’était compliqué. Une fois qu’ils étaient ici, c’était compliqué. De prendre un break, ça va me faire du bien. […] On verra pour l’an prochain.»

Les bonzes de la Can-Am sont aussi motivés par l’idée d’une expansion à Montréal. Le projet existe depuis longtemps, mais il est plus vivant que jamais, assure Laplante. «Le problème n’est pas de trouver le privé ou de trouver le bon maire. C’est de trouver le bon terrain», explique-t-il.

Les Capitales disputeront le premier match à domicile de leur 20e saison le 17 mai, au Stade Canac, 10 jours après l’ouverture du camp d’entraînement.