En octobre, Jonathan de Marte a fait partie d’un groupe de 10 joueurs américains juifs à faire alya et a obtenu la double citoyenneté.

Jonathan de Marte: lancer pour Yahvé

Jonathan de Marte n’aurait «jamais pensé jouer ailleurs qu’aux États-Unis», admet-il. Mais voilà que le releveur débarque à Québec avec les Capitales et s’alignera bientôt au sein de l’équipe nationale d’Israël dans le but de participer aux Jeux olympiques.

Originaire de White Plains, dans l’État de New York, l’athlète de tout juste 26 ans a été élevé dans la confession juive de sa mère. Ses grands-parents lui ont parlé abondamment des exploits de Sandy Koufax, sans contredit le baseballeur juif le plus célèbre. Il a aussi eu ses idoles plus contemporaines, comme Jason Marquis, Shawn Green et Ike Davis.

Mais quand il a vu, à la surprise générale, Israël atteindre la deuxième ronde de la Classique mondiale de baseball en 2017, battant au passage des puissances comme Cuba, la Corée, Taipei et les Pays-Bas, une flamme s’est allumée.

Il a ainsi mis les pieds en Israël bien avant de venir pour la première fois au Canada, cette semaine. En octobre, de Marte faisait partie d’un groupe de 10 joueurs américains juifs à faire alya et obtenir la double citoyenneté.

«J’espère pouvoir les aider à ses qualifier pour les Jeux olympiques», a-t-il expliqué mardi matin, dans le couloir du stade Canac, pendant que la pluie chambardait le plan d’entraînement de la formation indépendante de Québec.

Jamais repêché par le baseball majeur, c’est donc sa religion qui pourrait le mener au pinacle sportif. «Au début, pour moi, c’était plus un projet sportif, reconnaît-il. Mais depuis que je suis allé là-bas, le plus bel endroit que j’ai vu de ma vie, je sens davantage l’obligation de bien représenter le pays.»

«Je sens plus une connexion culturelle et religieuse. Je me sens plus impliqué, comme j’aurais dû l’être avant. J’ai vu dans quelles conditions les gens vivent, dans la peur et ne sachant jamais ce qui peut se produire devant chez eux», affirme celui qui avoue avoir effectué beaucoup de rattrapage géopolitique au cours des derniers mois.

Volonté de vive en Israël

De Marte et neuf autres joueurs ont obtenu la citoyenneté sans passer par le processus régulier obligeant d’habiter au moins six mois en Israël. Mais la volonté d’aller un jour vivre de façon permanente au pays de ses croyances s’avère plus présente que jamais, dit-il.

«Tout ce qui peut aider de façon positive à représenter le pays nous fera sentir bien et je suis content de pouvoir faire ça. Je n’avais jamais pensé pouvoir être un athlète olympique! Je me considère tellement chanceux d’être parmi les joueurs sélectionnés que je vais tout faire pour les aider.»


« Depuis que je suis allé là-bas [en Israël], le plus bel endroit que j’ai vu de ma vie, je sens davantage l’obligation de bien représenter le pays »
Jonathan de Marte

La formation nationale est composée de joueurs originaires des États-Unis et de joueurs locaux nés et formés en Israël. De Marte et ses coéquipiers se réuniront du 1er au 6 juillet, dans un tournoi en Bulgarie, première étape de qualifications en vue du retour du baseball aux Olympiques, l’an prochain, au Japon. Seulement six clubs participeront aux JO.

L’équipe d’Israël est aussi déjà préqualifiée pour la Classique mondiale de baseball de 2021, à la suite de ses succès de 2017.

L’artilleur droitier s’amène à Québec après quelques mauvaises sorties dans la Ligue Atlantique. Première libération dans sa carrière. Mais la déception n’a pas duré longtemps, le gérant des Capitales Patrick Scalabrini sollicitant ses services dans la demi-heure suivante.

Il a passé la majeure partie des deux dernières campagnes dans la Ligue Frontier, où il était le closer des CornBelters de Normal, l’été dernier. Il y était coéquipier d’Andrew Godbold, aussi nouveau venu chez les Capitales. L’ancien lanceur des Capitales Miles Moeller est l’un de ses très bons amis.

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LAVENDER RETRANCHÉ, GORGAS ENGAGÉ

Avec l’heure de tombée fixée à mardi pour remettre son alignement de début de saison aux autorités de la Ligue Can-Am, le gérant des Capitales Patrick Scalabrini n’a retranché qu’un seul joueur au neuvième jour du camp d’entraînement. L’avant-champ Josh Lavender n’aura pas de chemisier de Québec à son nom pour le match d’ouverture de vendredi soir, à Trois-Rivières.

Le releveur Marvin Gorgas en aura un, lui qui doit arriver à Québec mercredi. Le droitier natif de Chicago a seulement 23 ans, mais en est déjà à sa cinquième campagne dans les rangs professionnels. Il a été repêché en 13e ronde par les Mariners de Seattle à sa sortie de l’école secondaire, en 1994. Gorgas a lancé une manche de deux points mérités dimanche, dans la Ligue Frontier (River City), avant d’être acquis par Québec.

Lavender ne sera pas le seul à faire ses bagages dans les prochains jours. Mais pour l’instant, Scalabrini est toujours en attente de l’arrivée de cinq joueurs-clés. C’est-à-dire les Cubains Yordan Manduley, Stayler Hernandez et Vladimir Garcia, le Colombien Jaider Rocha et le Floridien Brett Lee. Les quatre Latins sont retardés par des problèmes de visa, tandis que Lee tarde à se pointer pour des raisons familiales.

Garcia, Rocha et Lee sont des artilleurs, tandis que l’arrêt-court Manduley et le joueur de premier coussin Hernandez forment la moitié de l’avant-champ, en plus d’assurer une bonne production offensive. Manduley a maintenu la meilleure moyenne au bâton de la Ligue Can-Am, l’an passé, avec ,337. Il s’agit d’un retour à Québec pour Lee aussi.

À mesure que de ces joueurs se présenteront à Scalabrini, d’autres devront céder leur casier dans le vestiaire. La Can-Am permet cette année un 23e joueur dans l’alignement, au lieu de 22 par le passé. Les Capitales vont aussi garder un lanceur comme Jeff Degano dans l’entourage de l’équipe sans qu’il soit dans l’alignement officiel, le temps, espèrent-ils, qu’il retrouve le marbre.